« Fermeture » des IFSI : redéploiement des étudiants en soins infirmiers et cours en ligne

Il n'y a plus d'étudiants en soins infirmiers dans les Ifsi. Ceux qui étaient déjà en stage les poursuivent, dans le même service ou ailleurs, et ceux qui devaient aller en cours les suivront à distance... ou viendront prêter main forte aux équipes sur le terrain. Les IFSI s'organisent, au jour le jour.

« Fermeture » des IFSI : redéploiement des étudiants en soins infirmiers et cours en ligneLes instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi), en tant qu'établissements d'enseignement supérieur, ont l'interdiction d'accueillir les étudiants depuis ce lundi, conformément à l'arrêté paru dans le Journal officiel exceptionnel du 16 mars.

Il ne s'agit pas à proprement parler d'une « fermeture » mais d'une interruption de l'accueil des étudiants, précise Félix Ledoux, président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi). D'ailleurs, « les formateurs sont dans les Ifsi pour trouver des solutions palliatives, faire en sorte qu'un maximum de cours soient disponibles en ligne » et assurer la continuité pédagogique des formations, insiste Martine Sommelette, présidente du Comité d'entente des formations infirmières et cadre (Cefiec).

Pour Florence Girard, présidente de l'Association nationale des directeurs d'écoles paramédicales, « les Ifsi et tous les instituts paramédicaux sont globalement prêts à le faire. Il y a une mobilisation générale pour garantir la formation des étudiants » et maintenir le calendrier de la diplomation. Pas question donc que les étudiants concernés soient pénalisés par une « formation bradée», insiste Félix Ledoux.


En plus des cours théoriques, le suivi pédagogique et les guidances de mémoire, par exemple, pourront être réalisées à distance. En revanche, les mises en situation et les travaux pratiques ne pourront avoir lieu et le Service sanitaire des deuxièmes années est supprimé. Les examens prévus durant la période du confinement sont reportés.

Continuité pédagogique maximale

La mesure de « fermeture » des instituts, que certains n'ont d'ailleurs appliquée que ce mardi 17, selon Félix Ledoux, impacte différemment les étudiants qui étaient en stage à cette période - quasiment tous les étudiants de troisième année et une partie des premières et deuxièmes années - et ceux qui ne l'étaient pas et auraient dû fréquenter les salles de cours.

D'après le président de la Fnesi, un petit nombre de stagiaires ont dû quitter leur terrain de stage comme une crèche fermée, un Ehpad limitant les interactions des résidents avec des personnes extérieures ou encore des services hospitaliers, peu nombreux selon Martine Sommelette, qui ont considéré qu'ils ne pouvaient plus encadrer leurs stagiaires correctement.

Tous les autres restent en stage, ajoute-t-elle. Dans les services, la présence des étudiants, qui connaissent le fonctionnement et les patients, constitue un renfort apprécié en ces temps de crise.

Les instructions que les ARS ont envoyées aux directeurs d'Ifsi indiquent que dans le cadre de leurs stages, les étudiants « pourront être réaffectés sur des lieux de stage à l’hôpital ou en ville pour répondre aux besoins sanitaires ». Cela concerne également les étudiants qui n'ont plus cours (et sont parfois invités à ne pas s'éloigner de leur institut).

Réquisitions d'étudiants en soins infirmiers

Stagiaires ou non, « les étudiants peuvent être réquisitionnés dans des hôpitaux de première ou deuxième ligne », indique Florence Girard. Pour les étudiants qui devaient suivre des cours, il s'agira donc d'un stage : « à nous d'avoir la souplesse et l'agilité » pour que cette relative « désorganisation » du calendrier pédagogique ne porte pas préjudice aux étudiants, souligne la présidente de l'Andep. « Il faut qu'on conjugue la demande du terrain et la diplomation des troisièmes années », assure-t-elle.

Parmi les étudiants déjà en stage, certains resteront dans le même service mais d'autres pourraient être redéployés dans d'autres unités pour permettre à leurs soignants d'aller travailler dans des services très techniques, plus à risque et en tension. Lundi, les étudiants avec lesquels Martine Sommelette est en contact n'avaient pas été réaffectés mais la situation est susceptible de changer chaque jour. Les formateurs pourront aussi être rappelés en renfort.

Les étudiants en deuxième ou troisième année, notamment ceux qui n'étaient pas déjà en stage, peuvent aussi être réquisitionnés en tant qu'aides-soignants puisque le niveau de leur formation le leur permet.

Selon Félix Ledoux, c'est déjà le cas. Certains aides-soignants, étudiants en Ifsi dans le cadre de la promotion professionnelle, ont aussi été rappelés en renfort par leur établissement employeur, ajoute-t-il. Ce qui pose un problème réglementaire.

Certains ont en effet été repris sous contrat, et seront donc rémunérés : ils ne sont donc plus ou pas en stage et cette expérience professionnelle ne pourra pas être validée dans le cadre de leurs études, remarque Florence Girard. Pour d'autres, ajoute le président de la Fnesi, le rappel se déroule dans le cadre du bénévolat, avec ou sans indemnités... Selon lui, « à partir du moment où des personnes sont réquisitionnées pour faire un travail d'aide-soignant pour lequel elles ont un diplôme, elles doivent être rémunérées ».

Renforts sur le terrain

La Fnesi a en tout cas appelé les étudiants en soins infirmiers « qui le peuvent à soutenir les équipes soignantes en mettant leurs compétences et leurs avoirs au service de la population » et à favoriser la prise de conscience par la population des enjeux liés à la prévention.

Des étudiants en IFSI sont aussi parfois réquisitionnés pour assurer la garde des enfants de professionnels de santé qui travaillent. Pour la présidente de l'Andep, c'est aussi une façon de rendre service – à condition que les mesures barrières soient bien appliquées. Mais Félix Ledoux regrette cette option : comme les compétences des ESI peuvent être utilisées au profit des patients, estime-t-il, « il vaut mieux mobiliser d'autres personnes pour faire de la garde d'enfants », comme des élèves auxiliaires de puériculture ou des lycéens de certain bacs professionnels.

Pour les étudiants qui restent dans les établissements hospitaliers, la FNESI a soulevé un point non sans importance : elle insiste pour que l'entretien des tenues professionnelles des ESI soit assuré par les établissements afin de limiter le risque de propagation du COVID-19.

Les ESI ne sont en effet pas protégés contre le coronavirus. D'ailleurs, Florence Girard observe qu'une angoisse émane de certains parents d'étudiants, qui voudraient que les stages soient interrompus et que leurs enfants quittent les services hospitaliers et soient ainsi moins exposés au coronavirus. « Je comprends les familles, reconnaît la présidente de l'Andep, mais d'un autre côté les étudiants sont aussi là pour prêter main forte aux équipes » qui font face à la situation et soignent tous les patients. Des équipes dont ils feront partie dans quelques mois.

Géraldine Langlois

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Réactions

1 réponse pour “« Fermeture » des IFSI : redéploiement des étudiants en soins infirmiers et cours en ligne”

  1. Zohraa Ghedir dit :

    Je voudrai savoir si ses la même chose pour les personnes en IFAS qui ont bientôt leur rentrée ?

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