Financement des études et des IFSI : les étudiants se posent des questions

| 3 003 vues | | mots clefs : , , , Pas de commentaire

Vendredi à Paris, près de 200 étudiants en soins infirmiers ont manifesté, à l'appel de la Fnesi et de la FAGE*  (et donc en présence d'autres étudiants qui revendiquaient davantage de moyens pour l'enseignement supérieur) puis se sont rendus au ministère des finances. Les étudiants en soins infirmiers ont exprimé leurs inquiétudes quant au actuel des IFSI ainsi qu'au financement des études infirmières en général. 

IMG_0706

La Fnesi est membre de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes). La manifestion de vendredi à Paris (de Jussieu à Bercy, siège du ministère de l'économie et des finances), avait pour premier objectif de réclamer davantage de moyens pour l'enseignement supérieur.

Un des IFSI complexe et opaque selon la FNESI

"En France, ce sont les régions et non le budget de l'enseignement supérieur qui financent les IFSI ainsi que les autres formations sanitaires et sociales" a expliqué Lisa Cann, présidente de la FNESI, lors d'une conférence de presse préalable à la manifestation.

Un financement, qui selon la FNESI, serait "complexe" car les fonds prévus sont alloués directement aux Centres hospitaliers et non aux IFSI. "Dans certains hôpitaux, une partie de ces fonds peuvent être détournés au profit du fonctionnement propre de l'hôpital et non de l'IFSI" regrette Lisa Cann, s'inquiétant de "l'opacité" globale dans la gestion des budgets.

En tout cas, selon la présidente de la fédération étudiante, nombreuses sont les irrégularités observées. "Il faudrait simplifier ce financement. Il faudrait que les IFSI soient dotés d'une personnalité juridique propre" a ajouté Lisa Cann, qui plaide aussi pour un passage à une gouvernance universitaire des IFSI.

Les bourses aux étudiants inégales d'une région à l'autre

Autre problème soulevé par la FNESI : une absence de réévaluation des dotations qui entrainerait de nombreuses inégalités territoriales. "Selon sa région, un étudiant ayant droit au même échelon pourra toucher jusqu'à 304,6 euros de plus ou de moins par mois durant les 10 mois de son année de formation" explique la FNESI.


"De plus, les dispositifs d'aides sociales sont totalement différents. Certaines régions ont ainsi eu les capacités d'investir au delà de leurs obligations et des dotations versées par l'Etat, créant ainsi des fonds d'urgences ou de nombreux services pour les étudiants : programme d'aide à la mobilité étudiante, chéquiers santé. D'autres non pas pu faire ces choix politiques en raison du désinvestissement constant de l'Etat dans les formations d'enseignement supérieur" poursuit-elle.

La Fnesi soulève aussi le problème  du montant des bourses accordées aux ESI. Malgré des revalorisations, elles ne rempliraient déjà plus leur rôle de rempart contre la précarité des étudiants.

Formation initiale, formation continue : les autres conséquences

Actuellement, les régions ont une obligation de de la formation en IFSI pour les personnes en formation initiale. En 2016, le projet de loi Finance prévoit une baisse de 451 millions d'euros de dotation pour les Régions. Alors que nombre d'entre elles finançaient aussi les personnes en formation continue, il serait possible que les critères permettant  aux étudiants d'être considérés en formation initiale ou continue soient revus.

"Les étudiants ainsi sortis du financement régional devraient alors trouver de nouvelles sources de financement comme les Missions locales, Pôle Emploi ou encore les OPCA, voire en arriver à l'auto-financement" regrette Lisa Cann.

Rédaction ActuSoins

* FAGE : Fédération des Associations Générales Etudiantes


FNESI : Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réagir à cet article

retour haut de page
814 rq / 3,367 sec