Hélène, infirmière à l’école de danse de l’Opéra de Paris

Infirmière pour la prestigieuse école de danse de l’Opéra national de Paris, située à Nanterre, Hélène Héber-Suffrin s’occupe au quotidien de petits danseurs promis à une grande carrière. Soignante des maux physiques liés à l’entraînement intensif, elle est aussi là pour apaiser ces enfants en quête de dépassement.

Hélène Héber-Suffrin, infirmière à l'Opéra de Paris - © M. Surbled

Entre force et douceur

Elle travaille depuis 40 ans. Pourtant, Hélène ne se préoccupe pas du tout de sa retraite. « Je vis une aventure folle. Je ne compte pas l’interrompre en si bon chemin », déclare-t-elle, comme si la question n’avait pas lieu d’être abordée.

Et pour cause. Il y a 6 ans, Hélène a réalisé son plus vieux rêve : faire partie des coulisses de l’Opéra. En intégrant l'école de danse de l'Opéra national de Paris en qualité d’infirmière, elle a rejoint un univers d’excellence dans lequel la performance et l’élitisme ponctuent le quotidien.

« Les élèves sont très méritants. Ils sont exigeants envers eux-mêmes. Je suis là pour les soutenir », explique Hélène. Seule membre de l’équipe médicale à être présente au quotidien, c’est elle qui tient l’infirmerie pendant les répétitions. Elle y accueille, conseille et soigne les petits rats.

Elle soutient également les danseurs étrangers dans leur intégration. « Je suis aussi là pour détecter les problèmes psychologiques des enfants, les aider dans leur cheminement personnel en leur garantissant un secret professionnel absolu. Selon les blessures, je peux les orienter vers le kinésithérapeute ou vers le médecin qui consultent ponctuellement. J’interviens également auprès des parents, pour les rassurer ou les tenir au courant de l’évolution de leur enfant», explique-t-elle.

Lorsqu’elle parle des enfants, Hélène est très émue. Elle les considèrerait presque comme les siens. Il faut dire que certains arrivent à huit ans à l’école et restent en internat jusqu’à l’examen final pour entrer dans le corps de ballet. Tous ont scolarité le matin. Les plus âgés préparent le bac littéraire. « Ils sont doués et cultivés. Ils parlent de culture et de danse comme d’autres parleraient de feuilletons télévisés », raconte-elle, admirative.

Pour elle, le bien-être des enfants passe avant tout. « Souvent, ils pensent à tort que l’apprentissage de cet art passe par la douleur et l’isolement et qu’il faut souffrir toujours davantage. De nos jours , ce n’est plus la réalité. Alors, je suis là pour leur rappeler qu’il vaut mieux s’arrêter quelques jours et venir nous voir à la moindre blessure, plutôt que de la laisser traîner, voire se transformer ». Quant aux problèmes d’anorexie que pourraient rencontrer certains, Hélène les aborde avec précaution.

« En effet, la direction leur demande de répondre à des critères de poids et de taille. Il faut être mince. En aucun cas maigre », explique Hélène. Elle intervient donc également à ce niveau. Il s’agit pour elle, en collaboration avec le diététicien de l’école, de faire l’éducation alimentaire des enfants et de lutter contre l’apparition d’éventuels troubles du comportement.

Une carrière accomplie

Il y a quelques années, Hélène se demandait comment transformer sa carrière. « Je voulais exercer dans le beau et le doux. Sans détour, mes amis m’ont suggéré de changer radicalement de métier et de ne plus être infirmière », se souvient-elle en riant. « Puis, j’ai vu cette annonce d’emploi. Je travaillais alors dans une association d’aide aux populations souffrant d’addictions. J’ai eu comme une révélation. J’espérais tant que le poste soit pour moi ».

Déterminée, Hélène obtient une entrevue avec l’administration de l’école. Forte de plusieurs expériences professionnelles dans le milieu scolaire et d’un diplôme de conseillère familiale, sa candidature est retenue. D’autant qu’elle adore l’Opéra. « Ma mère était italienne, j’ai baigné dans cette culture ».

Outre l’exercice dans un environnement qui la captive, Hélène bénéficie d’horaires de travail qui lui conviennent. Elle ne travaille jamais le matin, et commence sa garde à 12H30 . « Cela me permet de voir davantage ma petite-fille ». Plus passionnée que carriériste, sa priorité reste familiale. « J’ai toujours raisonné ainsi. Mon métier me plait, mais il ne faut pas qu’il empiète sur ma vie privée ».

Néanmoins, lorsqu’un ancien élève lui téléphone - ce qui est fréquent -, elle est vraiment touchée. Et quand elle sort le soir, c’est bien souvent pour aller à l’Opéra.

Malika Surbled

Hélène Héber-Suffrin en 7 dates :

1971 : Obtient son Diplôme d’Etat et exerce dans différents services

1977 : S’expatrie au Nigéria et œuvre dans des activités humanitaires

1979 : Exerce pendant 10 ans à la fondation Rothchild à Paris

1989 : Devient infirmière scolaire (à Paris et sur l’île de la Réunion)

1995 : Part en Tunisie et devient bénévole dans un orphelinat

1999 : Obtient un diplôme de conseillère conjugale et familiale

2005 : Intègre l’école de danse de l’Opéra de Paris.

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Réactions

7 réponses pour “Hélène, infirmière à l’école de danse de l’Opéra de Paris”

  1. Marie Francoise Desprat dit :

    beau parcours!

  2. Un modéle de carriére professionnelle épatant et riche bravo madame Hélène vous apportez la vision d’un cheminement comme je les aime.

  3. Marie Bise dit :

    j,ai des regrets,bravo

  4. BRI dit :

    Hélène Coucou,
    Heureuse de te savoir heureuse dans ton emploi. Contente d’avoir pu prendre de tes nouvelles. Grand mère dis-tu ? et oui, nos enfants grandissent vite. Mais ce qui m’a le + surprise, c’est que tu étais à la Réunion, en même temps que moi. Dommage que nous ne nous soyons rencontrées et épaulées. JE PENSE QUE TU AS MON MAIL MAINTENANT, et que tu peux me faire un petit coucou, au nom de nos belles jeunes années. (sur la photo, tu n’as pas changé, vainarde !!!) Brigitte

  5. helhebsuf dit :

    Sincèrement merci…..
    Bonne route à vous aussi.
    Hélène

  6. BRI dit :

    il me semble que nous nous connaissions plutôt bien, il y a longtemps déjà. Ta réponse me surprend beaucoup. Tu sais, j’étais à ton mariage, et tu étais là pour les résultats de mon Bac… et tellement de bons souvenirs.
    Annie travaille à Radio France comme documentaliste pour Culture, et moi, je suis plutôt sur la touche mais pas mal pour autant.
    J’espère que là tu m’as reconnue et que tu me mettras un vrai message de complicité.
    Bisou Merci Bri

    • helhebsuf dit :

      Biensûr que je t’aie reconnue……

      C’est à Marie-Françoise,, Coralie et Marie que je répondais.

      Je n’ai pas réussi à trouver ton adresse.
      Dès que tu me l’envoies je te réponds.

      Hélène

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