Infirmier libéral : les clés de la réussite

La France compterait quelques 55 000 infirmiers libéraux d‘après la caisse nationale d‘assurance maladie. Une profession à 86% féminine. Quelles sont les contraintes, contours, pièges et obligations de l’exercice libéral ? Tour d’horizon en compagnie de plusieurs professionnels.

Ne pas se laisser décourager

Le statut d’infirmier libéral se mérite. Tout d’abord, il faut justifier d’une expérience professionnelle de 24 mois ou 3200 heures de travail. Pour un statut de remplaçant, les conditions sont plus souples : 18 mois ou 2400 heures.

Les démarches se font à la DDASS. Hormis le cas particulier du remplaçant, l’infirmier doit déclarer une adresse professionnelle avec une salle d’attente et un point d’eau. Ensuite, il faut signer la convention liant les infirmiers libéraux à l’assurance maladie, s’inscrire à l’URSSAF et à la CARPIMKO, la caisse de retraite.

« Ce ne sont que de simples formalités administratives. Pour mon installation, tout était réglé en moins de deux semaines », note Emilie Papazian, infirmière libérale à Marseille. « De plus, ca ne demande pas d’apport financier important. Il faut compter 1200 euros mensualisables de caisse de retraite et 1000 euros d’URSSAF fractionné en trois paiements. » Pour ceux qui feraient le choix d’un logiciel télé-transmission des actes, il faut compter entre 800 et 1000 euros. Il est également possible de louer un lecteur de carte vitale pour une vingtaine d’euros par mois.

Quelques astuces

La concurrence règne. Il appartient donc à l’infirmier libéral de se faire connaitre. Attention, la publicité est interdite. Il ne faut en aucun cas faire de porte à porte ou laisser des cartes de visites dans les boites aux lettres. Par contre, rien n’empêche les infirmiers de se présenter aux médecins généralistes, pharmacies, cliniques ou encore à ses pairs.

L’investissement dans un logiciel est également conseillé. En effet, il permet un gain de temps dans la déclaration des soins et leur paiement. L’appui d’un comptable n’est pas obligatoire mais vivement recommandée. « C’est un conseil indispensable qui coûte 1000 euros par an. Il me renseigne sur tous les allègements de charges Son rôle est essentiel, surtout par rapport à la déclaration impôts ! » reconnait Cédric Courrèges, lui aussi infirmier libéral à Marseille.

La vigilance est de mise quant aux cotations. Il peut être facile d’oublier d’annoter certaines majorations comme les jours fériés. Une alternative existe auprès de sociétés prenant en charge toutes les démarches administratives liées aux paiements. « C’est un rapport de confiance car on donne ses actes. De ce point de vue, on perd tout contrôle. » souligne Isabelle Kaprielian, IDE.

Pour s’essayer à l’exercice libéral sans pour autant s’engager avec un local professionnel et une clientèle, il existe l’alternative du remplacement. Mais le remplaçant a les mêmes contraintes administratives et paye le même taux de charges qu’un infirmier libéral installé.

Plus de relationnel, beaucoup moins de technique

La nomenclature générale des actes professionnels regroupe les soins en trois catégories : AMI, AIS et DI. Cette dernière symbolise les démarches de soins infirmière. L’AMI, acte médico infirmier, représente les soins réputés plus techniques tandis que l’AIS, acte de soin infirmier, comprend les soins dits de confort et d’hygiène.

Dans l’exercice des infirmiers libéraux, la part des AIS gagne en importance face aux AMI. La technicité ne passe pas fatalement aux oubliettes mais la part de relationnel est bien plus importante qu’à l’Hôpital. « La relation avec les patients s’inscrit dans le long cours. On se retrouve immiscé dans leur vie. On finit par devenir un membre de leur famille » indique Cédric Courrèges. « Face à certaines personnes démunies, j’ai déjà été amenée à rendre des services qui allaient du transport jusqu’au cabinet de leur médecin jusqu’à l’avance d’argent face à une échéance qu’ils ne pouvaient honorer » rajoute Emilie Papazian.

Néanmoins, il est important de définir un cadre et donner des limites à cette relation soignant-soigné. « Déjà, il n’y a pas de tutoiement, on essaie de garder une note de respect. » souligne Emilie Papazian. « Avec cette relation particulière, la grosse différence dans la pratique libérale est la plus grande souplesse des horaires même s’il y a souvent un coup de bourre le matin. » Avant de conclure : « Le libéral, c’est beaucoup d’idées reçues. Les démarches administratives sont loin d’être aussi lourdes que ce que l’on raconte. De plus, le travail ne nous tombe pas dessus tout cuit. C’est avant tout un réseau à entretenir avec les partenaires médicaux. »

Joël Ignasse

Consulter tous nos articles consacrés à l'exercice libéral : Infirmière libérale

Différents syndicats d’infirmiers libéraux existent : convergence infirmière, le syndicat national des infirmiers et infirmières libéraux (SNIIL), l’organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux (ONSIL) ou encore la fédération nationale des infirmiers (FNI).

Un guide pratique de l’infirmière libérale est téléchargeable sur le site de l’assurance maladie : www.ameli.fr

Réactions

10 réponses pour “Infirmier libéral : les clés de la réussite”

  1. Daphné dit :

    Bonjour,

    En complément de votre article très clair et pragmatique, j’en profite pour vous signaler un site web très utile sur l’installation et l’exercice libéral : où s’installer, quelles démarches, quel coût, quel financement, quelles assurances…bref, assez complet mais clair et simple ! Il y a aussi la boite à outil par profession (infirmier notamment) avec des contrats de remplacements spécifiques, des formulaires pour estimer les charges du cabinet…bref, bcp de choses bien utiles que j’ai découvert par hasard sur http://www.SolutionsMedicales.fr !
    Allez voir, ça vaut le coup !
    et bravo pour vos articles clairs et concis

    • scalpel dit :

      Évidemment vous n’avez aucune action sur ce site commercial :)

      Il est par contre important de souligner que les contrats entre libéraux sont dorénavant sous la tutelle de contrats pré établis par le Conseil de l’Ordre.
      Ces exemples deviendront donc bientôt disparaitre et laisser place à une standardisation bienvenue dans ce monde de brutes.

  2. Sonia dit :

    Un guide à télécharger gratuituitemnt aussi:
    Le guide d’installation de l’infirmière libérale
    http://www.agathe-online.com/pdf/guide_infi.pdf

  3. Emploi Infirmier dit :

    Aussi un article sur les emplois d’Infirmier dans l’industrie médicale et d’IBODE en société de matériel médical et chirurgical :
    http://www.dmjob.fr/actualite/Emploi+d'+Infirmier+et+d'+IBODE+dans+les+DM+et+l'+HAD-15

  4. Emploi Infirmier dit :

    Voici le lien du site cliquable cette fois ci :
    http://www.dmjob.fr

  5. Rémunération des Infirmiers dit :

    Merci pour toutes ces infos. En complément un lien sur la rémunération des infirmiers libéraux et salariés :
    http://www.offre-emploi-sante.fr

  6. mac97000 dit :

    Vu le nombre de lien dans les commentaires, je me permet porter à votre connaissances un site d’annonces exclusivement destinés aux infirmiers libéraux et infirmières libérales:
    http://www.infirmieres-liberales.com

  7. cecillio dit :

    J’apporte également d’autres informations : http://cecillio.unblog.fr

  8. infi13 dit :

    cet article survole la profession d’infirmier(e) libéral(e) ,il résente la création comme une formalité et ce n’est pas toujours le cas ,vous oubliez que dans certaines zones l’installation est interdite car trop surdotées ,c’est un détail important
    un site sur la toile est spécialisé dans cet exercice ,il n’y a pas plus complet : http:// http://www.l-idel.fr/

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