Affaire Naomi Musenga : procédure disciplinaire contre l’assistante de régulation et démission du responsable du service

Les conclusions de l'enquête de l'IGAS relative à la mort de Naomi Musenga fin décembre sont accablantes. Le responsable du Samu de Strasbourg a démissionné. 

L'enquête, dont le rapport a été rendu public mercredi,  avait pour objet d'étudier les réponses du Samu de Strasbourg aux appels reçus concernant Naomi Musenga, les circonstances du décès, l'accompagnement de la famille, les conditions de conservation du corps jusqu'à la réalisation de l'autopsie, mais également les modalités de signalement de cet événement et, de manière plus générale, des procédures mises en place au sein du Samu de Strasbourg en matière de régulation des appels. 

Sur la prise en charge des appels reçus par le Samu de Strasbourg, l'IGAS a tout d'abord relevé que "l'analyse des flux d'appels reçus au cours de la matinée du 29 décembre 2017 montre un contexte de forte activité, mais des conditions normales d'organisation du service avec des effectifs rapportés au nombre d'appels décrochés conformes aux conditions habituelles".

Une mauvaise prise en charge

L'IGAS pointe un manquement dans la prise en charge de la jeune femme. "Le ton employé en réponse à l'appel et les propos tenus sont particulièrement choquants", estime l'IGAS. "Les questions posées ne sont pas adaptées à la situation". "L'appel n'a pas été transmis au médecin régulateur du Samu...et donc n'a pas été traité administrativement par l'ARM comme un appel à caractère médical". 

L'inspection générale des affaires sociales considère ainsi qu'il y a eu des réponses "non adaptées de l'assistance de régulation médicale". L'opératrice n'avait pas pris l'appel de la jeune femme au sérieux. L'enquête conclut que cette attitude a "conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20".

Le directeur du Samu de Strasbourg démissionne, le CHU s'engage à mettre en place de nouvelles procédures

Le rapport de l'IGAS notre que la procédure en vigueur au Samu de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d'appel. Les ARM pouvaient alors proposer à la personne d'appeler elle-même un médecin. 

L'IGAS pointe que cette procédure n'est pas conforme aux recommandations de bonne pratique de la HAS, ni aux recommandations de la Société française de médecine d'urgence. 

Les hôpitaux universitaires de Strasbourg ont accepté la démission du responsable du service du Samu et se sont engagés à mettre en oeuvre "sans délai" les recommandations formulées par l'IGAS. 

Une procédure disciplinaire s'engage à l'encontre de l'assistante de régulation médicale ayant réceptionné l'appel. Celle-ci fait l'objet d'une suspension à titre conservatoire depuis le 9 mai. 

Rédaction ActuSoins (avec APM et France Info)

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Réactions

13 réponses pour “Affaire Naomi Musenga : procédure disciplinaire contre l’assistante de régulation et démission du responsable du service”

  1. Anonyme dit :

    Moi je l’aurais inculpée pour homicide !!

  2. Huet Bruno dit :

    Comment parler de lampiste, vous oubliez la mort d’une jeune fille.
    Comment auriez vous réagit s’il c’était votre propre fille ?
    Les ARM sont des agents administratifs qui certes peuvent guider les appelants dans certains gestes qu’elles ont appris lors de leur formation AFGSU 1 mais en aucune manière analyser une situation médicale.

    Les recommandations de l’HAS précise que les ARM travaillent sous la responsabilité des médecins régulateurs, le code de déontologie médicale parle de responsabilité des médecins lorsqu’ils se font assister dans leurs taches. La démission du médecin responsable du SAMU est une première étape mais la chaine des responsabilités sur le plan pénale n’est pas fini.
    Les cause de ce drame vont bien au delà des apparences. En effet le nombre d’appel ne fait qu’augmenter ( On ne trouve plus de médecin en ville, la notion de médecin de famille n’existe plus)sans pour autant dimensionner le nombres de personnels dans les régulations. Lorsque je vois certains déclarer qu’il s’agit que d’un problème d’organisation je trouve cela irresponsable.
    Comment faire pour que plus de médecins urgentistes soient disponible pour des tâches correspondant à leurs formations ?
    Une solution passe par l’utilisation des compétences infirmiers pour une partie des interventions ciblées par l’autorité médicale, par une place pour les infirmiers en régulation pour recevoir les bilans des moyens non médicalisés avec un algorythme pour éviter les incidents ( comme chez les pompiers sur Paris) faut il avoir une volonté des représentants des médecins urgentistes qui sont dans le déni comme pour l’utilisation des défibrillateurs à une époque.

  3. Anonyme dit :

    Les lampistes, comme d’habitude hein Buzin et consorts !!!

    • Anonyme dit :

      Ça veut dire quoi votre remarque ??
      Il y a eu grave dysfonctionnement !!
      Je suis infirmière depuis 24 ans et j appelle le samu régulièrement et jamais on ne m a répondu comme ca !! Et c est eux qui vous orientent sur un médecin de garde
      Ce sont des métiers difficiles qu ils font mais c est des gens que vous avez au bout du tel , avec toute la misère sociale . Pas des boites de conserves !

      Le samu vous répondrait comme ça ? Vous explosez !!

    • Anonyme dit :

      Je ne cautionne évidemment pas l’attitude de la régulatrice mais à mon avis, elle a étiqueté la patiente comme hystérique (femme jeune et sans antécédents qui se dit en état de mort imminente). Au delà du blame individuel, cela devrait nous entraîner à interroger nos pratiques face à ces patients qu’on juge théâtraux.

    • Anonyme dit :

      Buzin était au 15 ce soir là ? Trop facile de toujours reporter son erreur sur en haut. Les bandes-sons nous ont tous choqués.
      Sauf vous…

    • Anonyme dit :

      Sachem Siouxx sauf qu’une hystérique a le droit aussi d’être au plus mal. Ce type de PEC quand elle se révèle inutile devrait être facturée et non évitée. Comme une crise d’angoisse s’avère être une crise cardiaque ou une entrée en psychose a 50 ans s’avère être une tumeur cérébrale.
      Faut faire gaffe aux étiquettes et aux tiroirs

    • Anonyme dit :

      En effet le commun des mortels n est pas médecin et ce qui pour une personne ayant fait des études médicales peut s avérer n être qu une broutille peut déclencher chez celui qui vit cette “broutille” de réelles douleurs et angoisses quand à son état de santé .
      J attend d un service tel que le samu une réelle écoute de ma détresse et une intervention qui se révélera peut être infondée,cependant ce que je ressent vrai .

    • Anonyme dit :

      Magalie Steibel que celui/celle qui n’a jamais envoyé bouler un/une hystéro jette la première pierre…
      IDE en psy, on est un peu mieux armés que d’autres services pour gérer les crises d’angoisse mais en situation de sous effectif, c’est en général ce type de patient qui prend en premier…

    • Anonyme dit :

      idem ide en psy je vois tout à fait le problème!
      Et c’est ce qui est dommageable

    • Anonyme dit :

      L’agacement par rapport aux appels divers pr rien on peut le comprendre perso mon conjoint est ambulancier qd il a due sortir en pleine nuit sur la neige pr un panari ils étaient forcément pas très aimable devant le patient mais a ce moment là facture la sortie de l’ambulance et du personnel en direct pas a la sécu en encouragerait certain et mettre en régulation des soignants qui ont de l’expérience afin que les questions poser soit percutante et non des secrétaires sans connaissance médicale qui aprennent sur le tas seraient le point a revoir par notre ministre la est son rôle de revoir le procédé pr éviter ce genre de chose

    • Anonyme dit :

      c’est la régulatrice qui est en cause et personne d’autre… ce type de dérapage peut arriver dans n’importe quel système.

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