Isolement et contention : à n’utiliser qu’en dernier recours en cas d’échec des alternatives

La Haute Autorité de Santé() a diffusé lundi une recommandation sur l'isolement et la contention dans laquelle elle préconise de n'utiliser ces mesures qu'en dernier recours en cas d'échec des autres mesures alternatives. 

Isolement et contention : à n'utiliser qu'en dernier recours en cas d'échec des alternativesCette recommandation de bonne pratique vise à déterminer la place de l’isolement et de la contention en psychiatrie générale. "Son objectif est de permettre aux professionnels de santé amenés à recourir éventuellement à ces mesures de dernier recours, d’améliorer et d’harmoniser leurs pratiques, en répondant aux exigences cliniques, éthiques, légales et organisationnelles. La finalité est la sécurité et l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients" explique la Haute Autorité de Santé sur son site. 

Pour élaborer cette recommandation de 44 pages, le groupe de travail s'est appuyé sur trois références fortes, indique la HAS : la législation dans le code de la santé publique, les principes déontologiques et éthiques des fonctions soignantes et, enfin, les caractéristiques cliniques et l'organisation des soins dans les services. 

La HAS rappelle que la contention est indiquée "exceptionnellement en dernier recours, pour une durée limitée et strictement nécessaire, après une évaluation du patient, et uniquement dans le cadre d'une mesure d'isolement" (voir encadré). 

"Le recours aux mesures d'isolement et de contention en psychiatrie est un sujet très sensible, d'une part d'ordre légal et éthique vis-à-vis du respect des libertés individuelles, du rôle et de la fonction des intervenants, de la légitimité de ces mesures, de la sécurité du patient et de celle d'autrui, et d'autre part d'ordre clinique et organisationnel vis-à-vis de la qualité de la prise en charge, de la pertinence des mesures et de leur impact, des conditions de mise en oeuvre et des moyens disponibles" explique la HAS dans le préambule du document. 

"Les données épidémiologiques/statistiques sont rares et aucun suivi n'existait jusqu'à présent mais il semble que le recours à l'isolement et la contention soit en recrudescence, avec des situations inégales d'une région à l'autre, d'un établissement à l'autre, voire d'un service à l'autre" ajoute la HAS. 

Depuis plusieurs années, diverses autorités attirent l'attention sur les recours aux mesures d'isolement et de contention, considérant que leur usage n'est pas toujours motivé par des raisons thérapeutiques et qu'il convient de les encadrer. 

Rédaction ActuSoins

Les recommandations suivantes ont été considérées comme étant celles à mettre en œuvre prioritairement pour améliorer la qualité des soins délivrés aux patients au moment de la publication de la recommandation de bonne pratique.

• L’isolement et la contention mécanique sont des mesures de protection limitées dans le temps pour prévenir une violence imminente sous-tendue par des troubles mentaux. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une démarche thérapeutique. Elles ne doivent être utilisées qu’en dernier recours après échec des mesures alternatives de prise en charge.

• L’isolement et la mise sous contention mécanique sont réalisés sur décision d’un psychiatre, d’emblée ou secondairement. • Ces mesures ne peuvent avoir lieu que dans un espace dédié avec des équipements spécifiques.

• Seuls les patients faisant l’objet de soins psychiatriques sans consentement peuvent être isolés.

• La contention mécanique ne peut s’exercer que dans le cadre d’une mesure d’isolement. • Une fiche particulière de prescription du suivi de la décision doit être présente dans le dossier du patient.

• Ces mesures nécessitent une prise en compte systématique de l’état clinique somatique.

• Il est indispensable, au moment de la mise en place des mesures d’isolement et de contention mécanique, de donner au patient des explications claires concernant les raisons de ces mesures et les critères qui permettraient sa levée.

• L’isolement et la contention mécanique doivent être levés, sur décision médicale, dès que leur maintien n’est plus cliniquement justifié. • Il est souhaitable d’aménager des espaces d’apaisement, comme alternative à l’isolement.

• À la fin de toute mesure d’isolement ou de contention, une reprise des conditions qui y ont conduit et une réflexion doivent être menées d’une part avec le patient et d’autre part en équipe.

• L’établissement de santé autorisé en psychiatrie et désigné par le directeur général de l’agence régionale de santé pour assurer des soins psychiatriques sans consentement mène une réflexion visant à améliorer les conditions de prise en charge et à limiter les mesures d’isolement et de contention dans le cadre de sa politique d’amélioration de la qualité des soins.

• Aucune mesure d’isolement ou de contention ne peut être décidée par anticipation ou « si besoin ».

• Ces mesures sont assujetties à une surveillance régulière et intensive suivant la prescription médicale.

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Réactions

51 réponses pour “Isolement et contention : à n’utiliser qu’en dernier recours en cas d’échec des alternatives”

  1. Amandine je sais pas si ca peut te servire haha. Mais je pensais a toi ^^

  2. Arrêtez actusoins ! De publier des photos et des inepties pareil

  3. Photo complètement fausse regardez les murs jamais vu ça en France ; une IDE de la psy

  4. Fati Fati dit :

    Faudrait travailler avec des patients psy c est facile de vouloir donner des leçons mais la contention fait partie du soin si le médecin la prescrit c est qu il y a une raison venez une journée travailler et après vous parlerais

  5. D’accord pour dire que les soignants sont en souffrance et qu’il faut plus de personnel. Cependant, il y a du travail à faire pour évoluer en psychiatrie.
    D’abord, une nécessité que les soignants aient fait un travail psychologique sur eux-mêmes. Cela apporterait un peu plus de bienveillance de certains envers les personnes soignées. Même s’il est difficile de les comprendre, elles restent des personnes et elles ont droit à la dignité.
    Alors, la contention est peut-être nécessaire dans certains cas particuliers définis pendant les études médicales et paramédicales mais cela ne doit pas remplacer les soignants ni être la conséquence d’un manque d’écoute favorisant une crise.
    Mettons-nous à la place de l’autre, cela s’appelle l’empathie.

  6. La HAS est à la société ce que la prostate est à l’homme : faites sauter les deux ça nous empêchera pas de vivre !

  7. Michael Thöl dit :

    Hin hin hin maintenant je suis dehors et vous ne m’aurez JAMAIS !!!! 😀

  8. Michael Thöl dit :

    Il est clair que la psychiatrie en France manque dramatiquement de moyens et d’une volonté politique réelle pour la faire évoluer vers un système de soins digne d’un état de droit. Pour autant, certaines réactions sur ce post semblent tendre vers la volonté de maintenir le status quo actuel. J’ai moi-même été hospitalisé en HL en 2010 pendant deux jours, et j’ai pu constater par-moi même que les pratiques coercitives de la psychiatrie visent malheureusement souvent à maintenir à tout prix le confort collectif au détriment de l’intérêt des patients. Menaces d’enfermement et de médication forcée aux neuroleptiques alors qu’une expertise psychiatrique ultérieure a démontré que je ne suis aucunement psychotique. Mises en scène de soins avec un stéthoscope pour essayer maladroitement de me faire croire que les douleurs dont je souffrais étaient prises au sérieux. Refus d’honorer mon droit de quitter librement le service pourtant explicitement stipulé dans la charte signée avant mon admission. Inutile d’évoquer la distribution simultanée de multiples traitements interagissant les uns avec les autres à jeun avant le petit déjeuner, et dont l’inutilité a été confirmée par des consultations ultérieures. Je tiens à préciser que j’ai pu reprendre mon activité (enseignement) 6 mois plus tard grâce à des spécialistes compétents consultés à l’extérieur et sans rapport avec le circuit des hôpitaux psychiatriques. Désolé mais certains de vos commentaires me font penser à mes collègues profs nostalgiques des baffes et du coup de règle sur les doigts. Pour ces raisons je ne remettrai plus jamais les pieds dans un Cmp ou en urgences psychiatrie si je perds les pédales à nouveau…

  9. Anais Nllt dit :

    Anaïs Battist cest pas la contention ton mémoire ?

  10. Mat Small dit :

    Et en pleine crise necessitant la mise en isolement le patient est tout a fait en etat de comprendre et d’entendre la raison pour laquelle on va l’y mettre !!!!!!!!!! Ba venez leur donner les explications

  11. Mat Small dit :

    Mais putain c quoi ça c comme ca que vont etre formé les futurs IDE PSY !!!!! Bravo la france
    Pitoyable

  12. Les recommandations de l’HAS sont comme les lois prises par le parlement. …..
    Des décisions administratives prises par des gens qui n’auront jamais a les appliquer……
    C’est tellement plus facile d’expliquer aux soignants comment ils doivent travailler sans avoir aucun contact avec un patient……..

  13. Roxane Campo dit :

    Tiens Melanie NB Ca me fait penser à toi et ton fameux mémoire

  14. Cyril Elineau dit :

    Sérieusement, ils l’ont trouvé où cette photo !!! Bien sûr, l’augmentation est curieusement corrélée avec la baisse des moyens humain. Sûr, que nos élites vont nous prouver que c’est pas lié. IDE en psy, combien d’isolement on a évité qt on a le temps de parler et ainsi éviter des incompréhensions, des frustrations….Au vu les protocoles de mise en CSI et de suivie des patients, je vois pas comment on peut en abuser. L’immense majorité des mes collègues y voit un échec de la prise en charge et ne l’utilise qu’en dernier recours. Seulement quand la sécurité du patient et/ou de tiers est en jeu.

  15. Non la contention reste un soin que l’on pratique par nécessité et pas par plaisir.
    NPTQ
    En plus la chemise de contention n’est plus autorisée

  16. Oriane Naby dit :

    Marine
    La HAS rappelle que la contention est indiquée “exceptionnellement en dernier recours

  17. Sarah Veros dit :

    Estelle Benech regarde une actualité de plus ..
    Dorothee Venot ceci explique la certif…

  18. Fred Delaposs dit :

    si seulement il pouvait y avoir un nombre suffisant de soignants pour contenir les patients ….

  19. Karine Gomes dit :

    Stefani Ocler-Delalune, pour le mémoire de ton ami!

  20. Anaïs Poret dit :

    Adrien Delorme il est pas mal, mais pas assez basé sur la réalité …

  21. Jules si ça peut t’aider pur ton tfe !

  22. Sassou Etenna dit :

    Il faudrait avt d pondre des recommandations que ces gens là viennent une semaine travailler et évaluer…. J’en dis pas plus !!!!!!! Nptk

  23. Marion Rêve dit :

    Pathétique… pas grave nous serons tous en maladie ou mieux en accident du travail….
    bien encadrée, la contention reste un soin, ne l’oublions pas.

  24. La realite du terrain impose certaines mesures vu le nombre de soignant qui baisse en plus….

  25. Est ce qu’un soignant sui se fait cogner est un dernier recours a la contention

  26. Mily Chewy dit :

    Choumy Petit Scarabee Sassou Etenna

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