IADE : entre revendications et censures…

De nouveau mobilisés depuis le 9 mars, les arrivent aujourd'hui au bout de la période de grève fixée dans leur préavis. Retour sur un mouvement contestataire, qui dure depuis plus d'un an. 
IADE infirmiers anesthésistes : entre revendications et censures...

Lors d'une manifestation IADE, en 2016.

Une reconnaissante "insuffisante"

Depuis le 9 mars, et jusqu'à ce soir, les IADE sont en grève. Après des mois de tractations politiques, de mobilisations en tous genres et après avoir obtenu un nouveau décret relatif aux actes infirmiers relevant de leurs compétences, ils réclament des mesures supplémentaires pour la juste reconnaissance de leur statut. 

Parmi les revendications principales : une grille indiciaire correspondant à leur niveau d'études (bac +5). "Les IADE sont le symbole de la discrimination de genre - les infirmiers étant principalement des - , et sous prétexte qu'ils sont soignants, on refuse de les faire passer en vraie catégorie A "- estime Simon Taland, secrétaire général du SNIA. 

Ils demandent aussi la reconnaissance d'une filière propre "incluant les IADE, les cadres IADE et les cadres supérieurs IADE". "Nous avons franchi une grande étape car nous avons obtenu l'appartenance à un corps de métier pour les IADE - décret à paraître, ndlr -. Maintenant, il faut aussi intégrer les cadres IADE à cette filière" explique Simon Taland. "Si seuls les IADE sont revalorisés, le différentiel entre IADE et cadre IADE va s'affaiblir et plus personne ne souhaitera passer cadre" ajoute-t-il.

Troisième cause de la grogne : l'exercice partiel de la profession, autorisé depuis l'ordonnance du 20 janvier 2017. "Pour notre profession, il faut des gens bien formés et réflexifs. On ne peut pas envisager un tronçonnage des actes avec la venue de professionnels étrangers bien moins qualifiés. C'est une régression totale et cela nuira à la qualité des soins" ajoute Simon Taland. 

Des Assignations et une lettre mal accueillie

Alors que les IADE ont suivi le mouvement un peu partout en France cette semaine, ils estiment avoir été victimes d'un abus d'assignations. 

"Il y a eu un taux énorme d'assignations" assène Simon Taland. "Une circulaire mentionne qu'en cas de grève, le taux de personnel assigné devait être le même que le week-end et les jours fériés. Le problème, c'est que cette circulaire n'est pas du tout respectée depuis la loi HPST, le directeur d'établissement pouvant mettre en avant la continuité du service public... Résultat : il y a des taux d'assignation de l'ordre de 100%. Les personnels ne peuvent plus faire grève". 

Par ailleurs, les professionnels s'offusquent d'une lettre de la DGOS à l'attention des ARS, que les différents syndicats ont pu se procurer et communiquer à la presse. 

On y lit clairement qu'il est demandé aux ARS de contacter les directeurs d'établissements pour leur signaler qu'ils n'auront pas "à communiquer leurs chiffres de grève à la DGOS". "C'est un scandale. Notre droit de grève est déjà bafoué par des assignations abusives et on s'aperçoit qu'en plus, les données sur le nombre de grévistes s'arrêtent aux portes de l'hôpital " martèle Simon Taland. "Pourquoi vouloir passer sous silence l'ampleur du mouvement?" interroge-t-il. "Nous le prenons vraiment comme un manque de considération". 

La DGOS, contactée par le magazine en ligne Street Press a confirmé qu'il y a bien eu un message, mais que le ministère n'aurait  pas cherché à dissimuler le mouvement. "Il n'y a pas eu la volonté de cacher quoi que ce soit. Nous n'avons simplement pas ressenti la nécessité de faire remonter les chiffres de cette grève" a expliqué l'institution. 

"Dans la majorité des cas, c'est vrai qu'on requiert les statistiques. Il n’y a qu’une infime partie des mouvements sociaux où l’on estime qu’il n’est pas nécessaire de faire remonter les chiffres. Mais vous savez, les infirmiers-anesthésistes sont des professionnels qui expriment leurs griefs de manière très régulière" a ajouté la DGOS. 

Une décision importante aujourd'hui

Le sort des IADE sera peut-être fixé aujourd'hui après la réunion du Conseil Supérieur de la Fonction Publique hospitalière. 

S'ils n'obtiennent pas gain de cause, les IADE se disent prêts à durcir le mouvement. A suivre... 

 M.S

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Réactions

1 réponse pour “IADE : entre revendications et censures…”

  1. Jean Seyrien dit :

    J’aimerais tellement que ça aboutisse pour vous mais le gouvernement n’a que faire des problèmes des soignants, tant que les établissements continuent de rapporter du fric…

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