“Omerta à l’hôpital” : le livre choc sur les humiliations subies par les étudiants en santé

Dans l'ouvrage "Omerta à l'hôpital", qui sort jeudi 2 mars, des étudiants en soins infirmiers, des étudiants en médecine et autres étudiants en santé, dénoncent les maltraitances subies pendant leur formation. 

"Omerta à l'hôpital" : le livre choc sur les humiliations subies par les étudiants en santéEn 2013, l'unique enquête nationale réalisée auprès de 1472 étudiants en médecine a permis de chiffrer les violences qu'ils subiraient durant leurs études : plus de 40 % d'entre eux ont déclaré avoir été confrontés personnellement à des pressions psychologiques, 50 % à des propos sexistes, 25 % à des propos racistes, 9 % à des violences physiques et près de 4% à du harcèlement sexuel.

De même, 85,4 % étudiants en soins infirmiers considèrent que la formation est vécue comme violente dans la relation avec les équipes encadrantes en stage.

Pour mieux comprendre cette souffrance, Valérie Auslender lance un appel à témoins en août 2015 et recueille plus d'une centaine de témoignages d'étudiants en profession de santé.

Suite à leur lecture, neuf experts de renom ont proposé des pistes de réflexion : Didier Sicard, professeur émérite à l'université Paris Descartes et président d'honneur du Comité consultatif national d'éthique ; Christophe Dejours, psychiatre, psychanalyste et expert de la souffrance au travail ; Cynthia Fleury-Perkins, philosophe, psychanalyste et professeur à l'American University of Paris ; Céline Lefève, philosophe et maître de conférences en philosophie de la médecine ; Olivier Tarragano, psychiatre, psychanalyste et directeur du Pôle Santé de Sciences Po ; Gilles Lazimi, médecin généraliste et membre de la commission santé du Haut Conseil de l'Égalité entre les femmes et les hommes ; Emmanuelle Godeau, médecin de santé publique, anthropologue et chercheur à l'Inserm ; Bénédicte Lombart, infirmière, cadre de santé et docteure en philosophie pratique et éthique hospitalière ; et Isabelle Ménard, infirmière puéricultrice et formatrice en institut de formation en soins infirmiers.

Un document choc pour briser enfin l'omerta.

Rédaction ActuSoins

*Omerta à l'hôpital,  de Valérie Auslender, éditions Michalon. Sortie le 2 mars. 

Extraits (témoignages d'étudiants)

« Ce n’est pas normal d’en arriver à pleurer systématiquement avant d’aller en stage, de vomir de stress pour une évaluation, de servir de punching-ball à certaines infirmières mal lunées », écrit une étudiante en soins infirmiers.

« Je ne voulais plus vivre dans ce monde de dingues. Je pleurais tous les jours quasiment. J’ai failli me foutre en l’air en voiture sur l’autoroute plusieurs fois », explique une interne en radiologie.

« Les violences en stage, on n’en parle même plus après quelques années. Ça fait partie du tout, du pack études de médecine », témoigne une autre interne.

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Réactions

24 réponses pour ““Omerta à l’hôpital” : le livre choc sur les humiliations subies par les étudiants en santé”

  1. Markus dit :

    Malheureusement le harcèlement dans le milieu soignant est une réalité plus fréquente qu’on le crois et pour les professionnels il faut bien s’entourer, chercher un organisme d’écoute dans sa structure et au besoins faire soi même son évaluation grâce à l’échelle MBI que l’on peu trouver sur le site (http://www.masef.com/scores/burnoutsyndromeechellembi.htm ) et de prendre une assurance professionnelle telle que (https://www.macsf.fr/) et pour les étudiants bien se documenter, être blindé sur le plan théorique, je conseil le site (https://etudiant-hospitalier.com) qui fait rapidement le tour des procédures et des équipements utilisés à l’hôpital, pas la peine de finir tous ses modules (qui sont déjà très longs et nécessite d’avoir fini sa formation mais hélas le mal sera déjà fait il suffit de tomber sur les mauvaises personnes lors d’un stage pour compromettre toute sa formation !

  2. vu dernièrement : une ESI de fin de cursus qui ne savait pas que 0,2 x 100 ça fait 20… c’est la même qui m’expliquait qu’il y avait 150 g de Mg dans une ampoule de 10 ml… donc parfois c’est vrai qu’on a envie de……….. bref, sur le fond, ça existe mais je ne l’ai pas vu tant que ça, si vous saviez ce que vivent parfois les externes en médecine, ça permettrait à certains ESI de relativiser lol

  3. haffner dit :

    La rumeur est la pire gangraine dans ce métier mais que veulent les collègues ,des gens francs et directs ou des fouilles m…. Heureusement dans ce métier le caractère fort est une qualité tout comme faire abstraction de ce qu’on peut dire sur nous . Quant à moi je suis heureuse qu’un livre ai vu le jour . J’avais moi même envisager d’en écrire un lors de mes études mais ne sachant comment m’y prendre j’y ai renoncé . Moi même été étudiante à 50 ans , sur deux terrains de stages je me suis vu pleurer comme une gamine de trois qui ne voulait pas aller à l’école mais je n’ai pas lâché et que dire du formateur qui vous détruit en msp avec la cadre du service . (D’ailleurs une fois le diplôme en poche je me suis fais embauchée dans cet hôpital pour leur prouver de quoi j’étais capable et la cadre m’a reconnue . )De plus première msp de quoi flipper pour toutes les autres heureusement que tous ne sont pas comme ça . Aujourd’hui je peux affirmer que lors de mes encadrements , je m’intéresse à ce qui s’est passé dans les stages précédents des stagiaires que j’encadrent et je passe du temps à chercher si besoin le moyen de les rassurer avant toute antre chose . C’est un métier riche et magnifique que nous excercons mais malgré les conditions faisons le intelligemment .

  4. psy-ko dit :

    Je ne suis pas une jeunette et pourtant depuis une année j’ai changé d’hôpital,tout allait bien dans ma vie professionnelle,je souriais,j’avais l’énergie de m’occuper des patients et depuis que je suis dans ce service dans le 75,des rumeurs dont m’a parlé une des collègues qui les diffusent .
    Donc d’après ses rumeurs,et avec ses propos,je suis nulle,je suis mytho,personne dans les équipes de jour et de nuit ne me supportent,je ne ferais que des conneries,et maintenant ça s’est diffusé aux autres étages.on me répond a peine,on me coupe lors des transmissions,on m’évite du regard,on colporte des “trucs”infondés et depuis,j’ai la boule au ventre,je pleure en silence et j’ai même pensé a me foutre en l’air,je ne ris plus,j’ai des idées noires pour en finir tellement c’est devenu une souffrance.je ne sais plus quoi faire.J’ai plus du tout envie de retourner dans ce calvaire.je ne comprends plus rien.voila les rumeurs.pourquoi?J’ai jamais vécu une ambiance aussi terrorisante.Les rumeurs disent que tout ce que je fais est a chier.et ses rumeurs me sont donc arrivées à mes oreilles et la je craque.Quel est le but de faire ca a quelqu’un?est-ce pour se mettre en valeur?les rumeurs disent même que j’ai été en arrêt maladie pendant x temps ce qui est faux!j’en n’ai pas pris un seul en 365 JOURS.C’est vrai et ya pas de quoi rire.JE NE SAIS PLUS QUOI FAIRE POUR ARRÊTER ces RUMEURS

  5. Il faut pas exagérer je n ai jamais vu en 36 ans d ide d élèves maltraite à c sur s ..

  6. Régine Drey dit :

    Pfffff et ce sont tous des gens sensés être humain! !!!ça me désole! !!!!

  7. Vécu dans le 64 et pourtant pas une jeunette il y en avait pour tous As Ides

  8. Zakkaz Aate c’est le livre là dont tu nous parlais lundi.

  9. Koco Grimow dit :

    Marine de Bdrey j’en peux plus ptdrrrr

  10. Gui Yaume dit :

    Je ne nie pas le harcèlement ou la violence. Oui cela existe indéniablement comme cela a existé et malheureusement existera. Mais quelle définition de la violence pour les “persécutés”? Coups? Insultes? Oubli de dire bonjour? Langage un peu dur pour des personnes trop jeunes dans un métier exposé a la violence de la vie qu’est la maladie?
    Bref manque de précisions dans ce pitch racoleur. La lecture entière sera peut être plus eclairante…

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