Salles de shoot : l’expérimentation votée par les députés

Salles de shoot : l’expérimentation votée par les députés

Les députés ont voté mardi l’article 9 du projet de loi de santé sur l’expérimentation des “salles de shoot” le 7 avril dans la soirée après plus de quatre heures de vifs débats entre le gouvernement et l’opposition. L’expérimentation de ces salles de consommation de drogues à moindre risque sera de six ans maximum. L’expérimentation sera d’abord proposée à Paris, Bordeaux et Strasbourg. Le texte doit encore passer devant le Sénat.

Salles de shoot : l'expérimentation votée par les députés
©Creative Commons

“Aujourd’hui 44 % des personnes qui s’injectent des drogues sont infectées par le virus de l’hépatite C et le nombre de décès par overdose est chaque année voisin de 400.  C’est trop!”, a souligné la ministre de la Santé Marisol Touraine qui rappelle que l’objectif “n’est pas de banaliser, de faciliter la consommation de drogue mais de prendre en compte des situations qui existent, qu’on les supporte ou pas, qu’on les voie ou pas”.

Parmi les actions de ces SCMR (salle de consommation à moindre risque) :  délivrer des informations sur les risques associés à l’usage de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants, orienter les usagers de drogues vers les services sociaux, les services de soins généraux, de soins spécialisés afin de mettre en oeuvre un parcours de soins adapté, promouvoir et distribuer des matériels destinés à la réduction des risques.

Supervision, information et orientation

La supervision consiste à mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et leur prodiguer des conseils relatifs aux modalités de consommation “afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires”. Elle ne comporte aucune participation active aux gestes de consommation.

Les parlementaires avaient ajouté en commission l’expression “produits de santé”, afin d’inclure, dans la mise en oeuvre de la réduction des risques, les produits de substitution ou des produits comme la naloxone, qui réduit les risques de surdose.

Un amendement, adopté avec un avis favorable du gouvernement, vise à introduire une garantie pénale, pour les professionnels, dans l’article du code de la santé publique, qui définit les missions de la réduction des risques et des dommages. L’article 9 du projet de loi prévoit déjà de façon expresse l’immunité pénale, dans le cadre de l’expérimentation des SCMR, pour les professionnels agissant conformément à leur mission de supervision.

Par ailleurs, les toxicomanes détenant pour leur seul usage et consommant des stupéfiants dans ces salles ne pourront être poursuivis pour usage et détention illicite.

Le contexte

Une expertise collective de l’Inserm publiée en 2010, ainsi que d’autres travaux scientifiques ont permis de souligner l’intérêt de ces salles de consommation à moindre risque pour réduire les dangers spécifiques liés à l’injection et ceux liés à la transmission des maladies virales, une augmentation de l’accès aux soins pour cette population ainsi qu’une réduction de l’usage de drogues en public et des nuisances associées, notamment les contaminations accidentelles.

L’expérimentation de ces endroits a été réaffirmée dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives 2013-2017, porté par la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et adopté le 19 septembre 2013.

Malgré ces données, le consensus n’est pas de mise. En France, l’Académie de médecine et l’Académie de Pharmacie se sont prononcées contre ces dispositifs.

Des SCMR dans les hôpitaux ?

Sur une éventuelle installation de ces salles dans les hôpitaux, Marisol Touraine a jugé la “question légitime”. Mais il est “absolument essentiel de ne pas confondre les personnes qui iront dans ces salles avec des patients habituels”, a-t-elle estimé.

“Le problème n’est pas qu’elles soient installées ou non au sein d’un hôpital : il faut avant tout qu’elles garantissent un accès autonome et indépendant à leurs installations. Aucune confusion ne doit être possible. Les personnes qui ont besoin d’être prises en charge ne doivent pas avoir le sentiment qu’on veut les tirer, en quelque sorte de force, vers une structure exclusivement sanitaire”, a-t-elle insisté.

A Strasbourg, comme l’a indiqué le maire PS Roland Ries, dans un entretien à L’Express, “la salle de consommation se trouvera à l’intérieur de l’hôpital car il faut considérer les toxicomanes comme des malades. Installer cette salle dans l’enceinte hospitalo-universitaire est tout à fait essentiel pour permettre un suivi médical des patients”.

Marisol Touraine a précisé que le coût de ces salles était estimé, si l’on prenait la référence de l’expérimentation qui pourrait se mettre en place à Paris, à 800 000 euros par an et par unité.

A Paris, un projet en attente

Un centre devait voir le jour l’an dernier près de la gare du Nord à Paris, mais avait été reporté sine die en octobre quand le Conseil d’Etat a recommandé, en préalable à toute expérimentation, l’adoption d’une loi, afin d’assurer une meilleure garantie juridique au dispositif.

Le gouvernement avait donné en février 2013 son feu vert à l’expérimentation de la salle, destinée aux toxicomanes précarisés, qui se shootent dans la rue, les sanisettes, parkings ou halls d’immeubles, dans des conditions d’hygiène déplorables.

Cyrienne Clerc, avec AMP, Le Monde,

 


37 réactions

  1. Contre. Est ce bien une priorité?

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  2. Je trouve que c’est une très bonne chose aussi bien pour la prévention ainsi que la contamination HIV VHC…on ne pourra jamais empêcher les gens de se détruire malheureusement…autant qu ils le fassent dans des conditions hygiénique plutôt que dans un squat

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  3. J’attends les salles de viols.

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  4. C nimporte koi!on interdit les drogues mais on ouvre des lieux pr se shooter!lol il y a comme un hic!encore une connerie des socialo!lol

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  5. On a pas a payer pour les laisser se shooter au nom dune pseudo prevention!lol il y a plus important a traiter!

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  6. Ayant des enfants en bas âge, j’aime autant qu’ils se shootent dans des lieux appropriés où ils laisseront leur seringues contaminées que dans des parcs, plages ou autre. Ne soyons pas dupe les flics pisteront. Et puis les toxicos continueront tjrs à se shooter qu’il y ait ces lieux ou non. Autant qu’en terme de prévention du sida il y ait ce qu’il faut…

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  7. Et on en fait quoi du type qui feras une od dans ses salle de shoot??

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  8. Au moin il seront encadré! Moi pendant mes 7ans de toxicomanie j’ai toujours fais ca chez moi ou chez des potes jamais de prise de risque ou échange de seringue! Mais defois j’aurais aimer que qqun soit la quand c’était trop violent

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  9. Justement il y a du personnel médical et paramédicale! Il sera pris en charge.

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  10. c’est surtout que de l’autre coté on empeche de fumer, boire manger gras et sucré …, décision clairement faux cul

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