Suicide d’un infirmier au CH Vinatier

Actualisation le 12 février : Plus de 200 personnes ont défilé entre l'Agence régionale de santé et la préfecture du Rhône. Des membres du personnel d'autres structures comme Saint-Cyr et Saint-Jean-de-Dieu étaient venus apporter leur soutien à l'équipe de Bron (source Lyon Mag).

La fédération CGT appelle "l'ensemble de ses syndicats et adhérents, plus particulièrement ceux de la , à se rassembler lundi 16 février à 14 heures devant les directions d'établissement ou devant les services". Elle "exige d'être reçu[e] le même jour à la même heure par la ministre, pour l'ouverture de négociations, exiger un moratoire sur toutes les restructurations en cours et des moyens nouveaux pour la psychiatrie". Sud Santé s'associe à cet appel et propose aux organisations syndicales de personnels de la psychiatrie ( et psychiatres) une rencontre rapide "afin de jeter les bases d’un appel à mobilisation propre à reprendre la main sur l’évolution du dispositif de soin, tant sur la formation des personnels, sur les moyens et les effectifs nécessaires que sur la mise en œuvre d’une politique de soin".

C'est une série noire ! Hier nous évoquions un préavis de grève au CH Vinatier, à Bron, suite à l'agression d'un infirmier par un patient et deux suicides de patients. Aujourd'hui, nous apprenons le d'un infirmier.

Suicide d'un infirmier au CH VinatierLe dernier geste en date est celui d'un infirmier de l'unité de soins intensifs psychiatriques qui a mis fin à ses jours le dimanche 8 février, à son domicile.

Contrairement aux premières informations, de source syndicale, il ne s'agit pas de l'infirmier qui avait tenté en vain de sauver une patiente du suicide, le 1er février.

La direction du CH indique que l’infirmier "n’était pas en poste au moment des faits".

"Toute allégation d’un lien de cause à effet entre l’arrêt actuel du dispositif DAU et ces deux drames personnels est infondée", ajoute la direction.

D'après les témoignages recueillis sur place, l'homme qui travaillait au sein de l'établissement depuis une trentaine d'années était "très fragile" et connaissait d'importantes difficultés personnelles.

"L’institution ne l’a pas soutenu"

Le syndicat, comme les personnels contactés par Lyon Capitale, se refuse à faire un lien entre tous les drames qui ont frappé l'institution ces dernières semaines. Toutefois, la CGT aimerait que la direction du "se pose des questions sur la manière dont les personnels, qui sont en grosses difficultés, sont soutenus". "Cet infirmier était soutenu par son équipe, mais l'institution en elle-même ne l'a pas soutenu", dénonce un représentant syndical.

Face à ce nouveau drame, peu à peu les langues se délient au sein du centre hospitalier psychiatrique. De nombreux soignants ont notamment confié au Progrès leur "mal-être", leur "peur" et leur "colère".

Le 12 février, à l'appel des syndicats CGT et FO, les personnels des centres psychiatriques du Vinatier, de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or et de Saint-Jean-de-Dieu se réuniront devant l'agence régionale de santé. Une délégation y sera reçue. Les syndicats réclament entre autres des embauches de personnel, la réouverture de 40 lits et la mise en place d'un dispositif d'appel d'urgence dans certaines unités.

 Rédaction ActuSoins, avec Le Progrès, Lyon Capitale

La direction du CH Le Vinatier répond à ActuSoins

Concernant l'ouverture de lits, la direction du CH Vinatier a précisé à ActuSoins que "si des lits ont été fermés dans l'unité psychiatrique adulte, environ 80 ont été ouverts depuis 2012, soit en extra-hospitalier, soit en court séjour, dans le cadre de développement de lits actifs pour une prise en charge différente". Concernant le système de DAU, "nous espérons pouvoir rapidement remettre en place le dispositif après une amélioration ou un autre dispositif. C'est entre les mains de l'expert", précise la direction.

La remise en service d'un système de DAU (notre article du 10 février)

Par ailleurs, dans le cas de la patiente de l'Usip, la CGT met en cause l'arrêt du dispositif d'appel d'urgence (DAU): "depuis de nombreux mois, nous sommes montés au créneau en demandant qu'il y ait un renforcement des équipes par l'embauche de personnels infirmiers et aides-soignants pendant l'arrêt du dispositif d'appel d'urgence", assure-t-elle dans son communiqué.

« Nous sommes équipés d’un dispositif individuel de localisation qui permet d’alerter la sécurité en cas d’agression par une pression sur un simple bouton, mais nombre d’appareils sont défaillants depuis plusieurs mois déjà », a expliqué Jean-Louis Guglielmetto, infirmier de l’hôpital et représentant CGT au Quotidien du médecin, le 29 janvier.

Sur ce point, "devant l'augmentation des dysfonctionnements constatés sur ce système depuis sa mise en oeuvre à l'UMD [unité pour malades difficiles] et son extension sur l'ensemble de l'établissement (hors UHSA), considérant qu'en l'état actuel nous n'étions pas en mesure de certifier de son bon fonctionnement, j'ai pris la décision, en toute responsabilité, de l'arrêter", affirme le directeur dans un courriel, repris par l'agence APM.

"Le système DAU ne sera remis en fonctionnement que lorsque je pourrai assurer à tout agent que son appel sera bien acheminé en cas de déclenchement de sa part", poursuit-il.

Sur ce sujet, un expert a été désigné par le tribunal administratif. Une première réunion entre l'expert et toutes les parties prenantes, dans ce nouveau cadre, est programmée lundi 9 mars.

 

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Réactions

24 réponses pour “Suicide d’un infirmier au CH Vinatier”

  1. solange granier dit :

    Je voudrai ajouter à mon post ci-dessus atteinte physique et (bien évidemment) psychologique.

  2. solange granier dit :

    La casse quotidienne, depuis des années, du système public de la santé, au profit de la sous traitance privée et des banquiers donnent, aujourd’hui un résultat très médiocre en terme de qualité et de sécurité des soins. La population est maintenue dans l’ignorance des très nombreux accidents et des dysfonctionnements qui entraînent trop souvent le décès ou l’atteinte profonde à l’intégrité physique des soignés et des soignants. On devrait demander au Point de faire un “palmarès annuel” des hôpitaux et des cliniques dans lesquels il y a le plus de décès … Pour le reste, j’ai une pensée pour le collègue qui s’est donné la mort. J’ai vécu cela il y a longtemps sur mon lieu de travail. La direction de l’hôpital ne s’était pas donné la peine d’être présente aux obsèques.

  3. En quoi le fait qu’il se suicide chez lui en faut uniquement une “raison personnelle”?

  4. Josie Fleur dit :

    “La direction du CH indique que l’infirmier n’était pas en poste au moment des faits”.Ce n’est donc pas un suicide au travail@Myss Blackness.Après avoir relu certains commentaires, je me permets de dire, que, ce n’est pas facile de quitter sa place au bout de 30 ans de “maison” comme ce collègue.Il faut aussi avoir la force de “quitter” un CDI pour un CDD, voire de changer de ville, de vie…!Ce n’est pas l’heure de juger(pour certains), mais, restons soudés dans notre milieu, qui, effectivement va pas très bien depuis qq années.Solidarité+++ et pensée à lui et ses proches.Bon courage à vous toutes et tous du (22).

  5. On a tellement de pression de nos supérieur on est agressé et personne nous défends par exemple les médias parlent d un suicide d un policier d un enseignant d un postier mais jamais un infirmier

    • Sansebastien dit :

      Les frasques de DSK sont tellement plus intéressantes! Il n’y a qu’à voir comment se porte la presse de caniveau. Nous sommes dans une société qui a perdu tous ses repères, savamment entretenue par une caste d’énarques qui se goinfre sur notre dos, vous ne l’aviez pas remarqué?

  6. Agnes Garces dit :

    Très facile a dire mais du boulot y en a pas partout, et quand tu es au fond du seau, tu n es pas en capacite de remonter ou de demander de l aide.
    RIP

  7. Enfin bref ,paix a son âme et courage a sa famille

  8. Du boulot il y en a partout ,,car certaines personnes aime leur train train quotidien ,je vais ou je suis le mieux ,aucune personne n a le droit de s infliger d être mal a son boulot ,les gens ont peur du renouveau

  9. Tania Belise dit :

    Moi je me casse di ça va pas. De tte façon je ne ferai pas long feux ou suis. N’est ce pas Dieunie Barthelus

  10. pk ? parce que tout le monde n a pas la force de se dire “je me barre je vous emmerde tous” pour X ou Y raison, tout depend des personnalités et de comment on fait face a la souffrance.

  11. Pourquoi ce suicider au boulot ,moi si cela ne me plait pas je me casse c tout ,certaines personnes mettent toutes leurs énergie au boulot ,j ai compris avec les années qu on n était pas irremplaçable ,alors il faut se ménager ,ont a qu une santé

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