Un hôpital flottant pour les pays en voie de développement

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Depuis 1978, un bateau pour le moins original sillonne la mer. Ce bâtiment n’est pas un simple navire, il s’agit d’un hôpital qui vient en aide aux populations dans le besoin.

Un hôpital flottant pour les pays en voie de développementNavires de l’Espoir ou Mercy Ships est une organisation internationale dont la mission consiste à améliorer l’accès aux soins de santé dans les pays en voie de développement.

Cette ONG, qui a déployé le plus grand navire-hôpital privé au monde, l’Africa Mercy, collabore avec les pays hôtes pour les aider à combler les lacunes de leur système de santé, tout en répondant aux besoins pressants et immédiats de leur population.

Actuellement, le bateau est basé en Guinée, pour une durée totale de dix mois. Il ira ensuite stationner aux Iles Canaries pour son contrôle technique, avant de rejoindre le Congo Brazaville de nouveau pour dix mois. « Nous sommes toujours invités par le gouvernement du pays où le bateau va être amarré », raconte Anouchka Bourgeois, responsable du développement à Mercy Ships France. L’équipe se rend dans le pays deux ans à l’avance pour voir si l’ONG peut y apporter son aide.

Condition sine qua non à sa venue : la stabilité du pays. « Ce projet m’a tapée dans l’œil car ce n’est pas de la médecine de guerre, souligne Noémie Goetz, une infirmière qui est partie à bord de l’Africa Mercy du 25 août au 27 octobre 2012. Nous soignons une frange de la population qui ne pourrait pas avoir accès à ces soins-là sans la présence du bateau. » Et d’ajouter : « Je rêvais de partir avec une organisation humanitaire. J’avais également le goût de l’aventure et la volonté de voyager, de découvrir d’autres cultures. »

Avant d’arriver sur place, l’ONG établit un protocole avec le gouvernement qui s’engage à l’aider sur différents points : il donne le mouillage gratuitement au bateau, il lui fournit l’eau et ramasse ses déchets.

Sélection des patients

« C’est l’équipe du bateau qui sélectionne les patients qui vont pouvoir venir se faire soigner à bord en fonction de la prise en charge que nous pouvons leur offrir », rapporte Anouchka Bourgeois. Chirurgies maxillo-faciale, chirurgie reconstructrice, traitement des brûlures, des ulcères chroniques, des fistules obstétricales, chirurgie ophtalmologique, orthopédique, soins dentaires, soins palliatifs, le panel de la prise en charge est large.

Sur le bateau, l’hôpital occupe environ 1 200 m2, divisés en plusieurs parties contenant six salles d’opérations, une salle de réveil, une unité de soins intensifs et plusieurs salles d’hospitalisation. Il est prévu d’y effectuer jusqu’à 7 000 interventions chirurgicales par an. Quand l’hôpital est complet, il peut accueillir jusqu’à 80 patients dont la prise en charge est entièrement gratuite. « A bord, j’avais un rôle d’infirmière identique à celui d’un service de chirurgie au sein d’un hôpital classique », fait savoir Noémie Goetz.

A leur arrivée sur le bateau, les infirmières sont secondées par d’autres infirmières plus expérimentées. « Nous pouvons poser beaucoup de questions, poursuit Noémie Goetz. Les membres de l’équipe sont très ouverts, il y a une vraie solidarité. » Outre les soins dispensés aux patients, l’ONG forme les médecins locaux afin qu’ils améliorent leurs techniques. « Nous avons la volonté de créer un deuxième bateau qui permettrait de se concentrer sur la formation des locaux », annonce Anouchka Bourgeois.

Equipe bénévole

« Mercy Ship est financé par des dons, explique-t-elle. C’est pourquoi le personnel est bénévole. » Le bateau rassemble à bord environ 400 personnes  – dont 120 à 150 appartenant au corps médical – de 35 nationalités différentes pouvant venir avec leur famille. « En tant que bénévole, le personnel paie son logement et sa nourriture – 450 euros par mois – ainsi que son billet d’avion pour se rendre dans le pays où le bateau est amarré », précise Anouchka Bourgeois.

En général, les infirmières doivent venir pour deux mois minimum. « Certaines viennent plus longtemps, et dans ces cas-là, ce sont elles qui supervisent le département », souligne-t-elle. Pour pouvoir devenir bénévole sur l’Africa Mercy, outre les qualifications, il est nécessaire, d’être disponible pour une longue période et de parler l’anglais. « Il nous est difficile de trouver des personnes disponibles pendant longtemps et qui disposent également des fonds pour venir », indique Anouchka Bourgeois.

Noémie Goetz retourne à bord dans 5 mois. Enchantée par sa première expérience, elle a tout particulièrement appréciée travailler avec des personnes d’horizons différents. « Nous n’avons pas le même rapport avec les patients qui sont, par ailleurs, très reconnaissants d’être pris en charge, ajoute-t-elle. Et sur le bateau, nous avons le temps de prendre le temps avec eux, cela créé des liens. »

Laure Martin

Pour aller plus loin :

Site du Mercy Ships 

 

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