Salon infirmier 2026 : le format hybride renouvelé

La consultation infirmière : le fil rouge du Salon infirmier 2026

Le comité scientifique du Salon infirmier a décidé de faire de la consultation infirmière le fil rouge de l’édition 2026. Cet événement sera donc l’occasion de concrétiser ce nouvel acte infirmier, reconnu par la loi infirmière de juin 2025.

© Gaël Kazaz, 15 mai

« “L’heure de la consultation infirmière : une réalité, plusieurs terrains d’exercice” :  ce fil rouge est particulièrement important, car au-delà de l’acte en tant que tel, la reconnaissance de la consultation infirmière dans la loi de juin 2025 donne l’opportunité aux infirmiers de mettre en valeur leur rôle propre », soutient Christelle Galvez, directrice de l’évaluation de la performance du parcours, au Centre de lutte contre le cancer (CLCC) Léon Bérard à Lyon et membre du comité scientifique du Salon infirmier. En septembre, l’Ordre infirmier – également membre du comité scientifique du Salon – a partagé sa définition de la consultation infirmière. Il la décrit comme une pratique professionnelle par laquelle un infirmier recueille des données relatives à l’état de santé de la personne et réalise un examen clinique fondé sur des données scientifiques probantes. « La consultation infirmière concerne tous les infirmiers, spécialisés ou non, insiste Christelle Galvez. L’origine du mot consultation est ‘’consultare’’, signifiant “délibérer, discuter, demander conseil”. Dès lors qu’il y a une rencontre avec un patient, un examen clinique, une coordination et une décision, il y a une consultation. »

Se saisir de l’opportunité

Jusqu’à présent, la reconnaissance du rôle infirmier a été freinée, notamment parce que cette démarche peinait à dépasser le plafond du corporatisme médical, justement parce qu’on « emprunte un terme médical, pointe Christelle Galvez. Sur le fond nous venons questionner l’autonomie de l’infirmier, la part de son rôle propre et son pouvoir d’agir ». Pourtant, à chaque moment de la journée, dès qu’il rencontre le patient, l’infirmier prend en compte ses besoins, assure une analyse ainsi qu’une évaluation clinique. « La philosophie avec cette consultation, est de permettre aux infirmiers de devenir de plus en plus autonomes et de construire une relation directe avec le patient, dans l’acte de prise en charge, sans avoir besoin d’une prescription, se félicite Julien Grizzetti, infirmier libéral à Meudon (Île-de-France) et membre du comité scientifique également. La consultation infirmière représente cet enjeu car elle ne sera pas prescrite. » La profession reste souvent confrontée à la difficulté d’être perçue comme l’exécutante du médecin, en raison de son rôle prescrit. « Il serait dommage de ne pas prendre à bras-le-corps cette possibilité qu’offre la consultation aux infirmiers, de renforcer le lien direct avec les patients, insiste-t-il. Elle va nous permettre cette progression, ce nivellement par le haut et faire évoluer l’image de “piqueurs” que la population peut encore avoir.  Nous ne sommes pas que cela :  nous menons une réflexion holistique sur les problèmes de santé de nos patients et leur prise en charge globale. Cette consultation infirmière nous permet de l’affirmer et de le mettre en avant. »

Le Salon, lanceur d’une dynamique

Le Salon infirmier va justement être l’occasion de clarifier et de redéfinir les compétences infirmières, dans le cadre de cette consultation, puis de communiquer auprès du grand public. « Nous avons une place à affirmer, et l’intégration de la consultation représente une clé de succès pour valoriser nos actes et nos possibilités d’agir », poursuit Christelle Galvez. Après toute l’agitation de 2025 provoquée par la loi infirmière, le Salon infirmier va permettre d’incarner officiellement cette dynamique. Sociologues, responsables politiques et acteurs de terrain y seront invités pour échanger sur le sujet.

Le comité scientifique a élaboré un programme de conférences qui « met des couleurs et des lumières sur la manière de faire vivre la consultation dans les différents lieux d’exercice des infirmiers », rapporte Christelle Galvez. Pour autant, le Salon infirmier ne sera pas le lieu du débat concernant l’existence en tant que telle de la consultation infirmière puisqu’elle est actée dans la loi. « Désormais, l’objectif est de faire connaître ce sujet, afin de veiller à ce que la profession se rende compte de l’importance que cela peut avoir dans sa pratique, soutient Julien Grizzetti. L’existence de cette consultation est révolutionnaire. Il ne faut pas uniquement l’envisager comme un simple acte ajouté à la nomenclature, mais il faut aussi tenir compte de l’autonomie qui y est associée. C’est important de le faire savoir et de le mettre en avant, car si nous ne le faisons pas, d’autres le feront à notre place. » Un point de vue partagé par Christelle Galvez : « Si nos compétences sont reconnues et valorisées, nous pourrons affirmer notre place tout en travaillant en synergie avec les autres professionnels de santé dans le but d’améliorer la qualité des soins. »

Poursuivre la réflexion sur la consultation infirmière

Cette façon de donner vie à la consultation infirmière représente avant tout un bénéfice pour le patient, car il s’agit d’un temps dédié à un échange sur ses besoins et attentes, en créant un climat de confiance propice à la collaboration et à une co-construction d’actions au bénéfice de sa bonne santé. « Faire connaître les compétences de la profession, permettra d’éviter de s’arcbouter sur le terme en tant que tel », estime Christelle Galvez. Il faudra cependant que la profession poursuive la démarche bien au-delà de déclarer ce positionnement, d’abord par l’enseignement, en assurant la promotion du raisonnement clinique et de la décision infirmière prise à la suite de cette consultation, et en mettant tout en œuvre pour la valoriser financièrement. Il faudra également envisager des projets de recherche sur cette consultation infirmière, afin de mesurer ses effets sur la prise en charge des patients (amélioration de l’adhésion au traitement, réduction des retours d’hospitalisation, etc.). « Cette évolution repose sur la maturation de la profession, sur de l’information, de l’analyse de sa participation au projet de santé », insiste Julien Grizzetti. Autant de sujets qui seront évoqués et débattus lors du Salon infirmier.

Laure Martin

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