La Régate des Oursons : quatre jours de répit à la mer pour les enfants malades

Depuis 31 ans, la Régate des Oursons, organisée par l’association Robert Debré, offre à une soixantaine d’enfants hospitalisés, quatre jours de répit au bord de la mer. L’occasion de faire une pause avec l’univers hospitalier et de voir les soins autrement.

La Régate des Oursons : quatre jours de répit à la mer pour les enfants malades

© Association Robert Debré

Promenades en mer, visite de l’Île de Houat, régate dans la baie de Quiberon, animations : la Régate des Oursons permet tous les ans à une soixantaine d’enfants de 12 à 16 ans en moyenne, de partir 4 jours à la mer, découvrir les joies de la navigation. « À l’origine, il y a 30 ans, seul un tout petit groupe d’enfants en profitait et au fil des années, l’effectif a augmenté, impliquant une organisation logistique cadrée », explique Alain Bernard, secrétaire général de l’association Robert Debré.

Le « choix » des enfants

Les enfants en hospitalisation de longue durée ou porteurs d’une maladie chronique, pris en charge dans l’ensemble des services de l’hôpital Robert Debré et des services de pédiatrie des hôpitaux Jean Verdier, Louis Mourier et de la Fondation Adolphe de Rothschild, peuvent être choisis pour partir. « Leur départ est soumis à l’autorisation du chef de service et de leurs parents », précise Alain Bernard.

« Tant que nous pouvons déplacer le matériel, ils peuvent être choisis, mais nous ne prenons aucun risque, ajoute Patricia Honoré, cadre de santé au service des urgences de l'hôpital Robert Debré et responsable de la coordination paramédicale à la Régate des Oursons. Nous avons déjà amené des enfants sous dialyse, avec des trachéotomies ou encore des enfants sous ventilation non invasive. »

Le séjour se déroule à Quiberon, au sein de l’Ecole nationale de voile et des sports nautiques (ENVSN), un établissement d’enseignement habilité à recevoir des mineurs. « Nous y sommes hébergés et nous avons également la possibilité d’organiser des animations sur place, notamment le soir et le samedi matin telles que des ateliers de nœuds marins ou encore de magie », raconte Alain Bernard.

L’association de plaisanciers Initiatives Grand Largue est partenaire de ce séjour. « Les plaisanciers mettent environ 25 bateaux à disposition avec les skippers pour faire découvrir la navigation à la voile aux enfants », se félicite le secrétaire général. En 2023, le budget a atteint 80 000 euros. D’autres partenaires ont également contribué à son financement. 

Un suivi médical et paramédical sur place

Association Robert Debré la régate des oursons

© Association Robert Debré

Ce séjour ne serait pas possible sans un accompagnement médical, paramédical et logistique.

Une cinquantaine de professionnels de santé environ sont mobilisés. « Tous les ans, nous envoyons un email à diffusion générale, à l’ensemble des professionnels soignants de l’hôpital, pour leur annoncer l’ouverture des candidatures pour participer à la Régate des Oursons, rapporte Patricia Honoré. Nous recevons généralement beaucoup plus de candidatures que de besoin. Ceux qui ne sont pas choisis sont placés sur liste d’attente et deviennent prioritaires pour partir l’année suivante, s’ils postulent de nouveau. »

Le choix des soignants est effectué en fonction des pathologies des patients, en sachant que la moitié des professionnels doit nécessairement avoir déjà participé à une Régate des Oursons car « nous avons besoin d’un équilibre entre des anciens qui en connaissent le fonctionnement et des nouveaux », précise Patricia Honoré.

Une réunion est ensuite organisée pour présenter les enfants, les pathologies et prévoir la répartition de leur prise en charge sur place, par les soignants, en fonction des soins à dispenser.

« Nous demandons aux soignants d’avoir suivi dans l’année la formation aux gestes d’urgence, ajoute-t-elle. Si ce n’est pas le cas, nous organisons une formation complémentaire. »

Le temps de travail journalier des soignants est à moitié pris en charge financièrement par l’AP-HP et à moitié bénévole. « En réalité, les professionnels de santé assurent beaucoup plus que deux jours de bénévolat, précise Alain Bernard. À l’hôpital, ils travaillent en 12 heures, alors que lors du séjour, la surveillance des enfants est constante et continue. »

Sur place, l’hôpital local et le Smur sont également informés de l’arrivée des enfants et des professionnels de santé, afin d’être prêts à réagir si nécessaire.

Un bienfait pour les enfants

Étape suivante : l’organisation, avec l’équipe logistique, de l’ensemble du matériel médical à déplacer à l’ENVSN. Perfusions, pompes pour les nutritions, réserves médicamenteuses, linges : tout est transporté sur place, en amont de la venue des enfants. « En revanche, nous n’organisons pas les chambres comme à l’hôpital, insiste Patricia Honoré. Certes, la maladie est toujours présente, mais l’objectif est aussi de faire en sorte que les enfants l’oublient. Nous voulons les faire rêver. »

Les bienfaits pour les enfants sont nombreux : autonomie, partage, entraide. « Ils apprennent aussi à nous connaître autrement, car sur place, nous ne portons pas notre blouse, indique Patricia Honoré. La relation soignant-soigné est différente, aussi parce que les parents ne sont pas présents. Des liens forts se créent, une vraie confiance, car ils sont avec nous 24 heures sur 24 heures. »

Ce séjour thérapeutique est aussi l’occasion pour les enfants de partir en vacances, ce qu’ils ne peuvent que trop rarement expérimenter en raison de la prise en charge requise par leur maladie. Quant aux parents, si dans un premier temps, ils peuvent avoir des réticences à laisser partir leur enfant, « nous les rencontrons et ils finissent par accepter. Ils ne le regrettent jamais, surtout lorsqu’ils voient revenir leurs enfants heureux », conclut Patricia Honoré.

Laure Martin

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