Montpellier : une IRM en jeu pour limiter l’anesthésie générale des enfants

Le CHU Gui de Chauliac, à Montpellier, a installé une ''IRM en jeu'' dans son département d'imagerie neuro-pédiatrique. En familiarisant les enfants avant le véritable examen, cet équipement vise à réduire fortement le nombre d'anesthésies générales.

Montpellier : une IRM en jeu pour limiter l'anesthésie générale des enfants

© DR

Indispensable à l’exploration des maladies neurologiques chroniques, passer une IRM peut générer du stress chez les enfants, et pour les parents aussi.

Les IRM tête-cou en particulier, avec casque sur la tête. L’examen, pourtant indolore et non invasif, se fait alors sous anesthésie générale. « Le bruit des séquences est très anxiogène et l’immobilité dans un tunnel fermé doit être totale pendant 20 minutes », explique le docteur Nicolas Leboucq, responsable du département d'imagerie neuro-pédiatrique du CHU.

« Une anesthésie générale n’est jamais un acte anodin », rappelle le médecin. « Expliquer et distraire diminue l'anxiété et le gain sur les anesthésies est indéniable. » Objectif : qu’elles ne soient plus systématiques.

S'entraîner avant l'examen

L’IRM en jeu, inauguré en mars dernier dans la salle d’attente du service ressemble à une petite fusée de 1,40 m de haut, percée au centre par un mini tunnel avec une petite table pour s'allonger. Le tout dans une pièce au décor évoquant la conquête spatiale.

Une demi-heure avant de passer le "vrai" examen, ce simulateur interactif veut aider l’enfant à comprendre les contraintes et l’enjeu d’une IRM, à se familiariser au bruit, tester aussi sa capacité à ''faire la statue'' allongé dans le tunnel. « Tout est observé, filmé et enregistré sur un écran intégré avec des codes couleurs selon l'immobilité et la coopération de l'enfant, puis analysé avec lui », indique Olivier Martin, cadre de santé du service de neuroradiologie.


« Si un mouvement est détecté, on recommence pour l’amener à comprendre qu’il ne doit pas bouger. » A l'issue du jeu – 20 minutes en tout - une carte des émotions permet de mesurer le résultat : fier, content, rassuré, joyeux, triste, effrayé. Et de le mesurer à nouveau après l'IRM.

Améliorer le confort

Cible prioritaire de cet IRM en jeu : les jeunes patients de 2 ans et demi à 6 ans, voire jusqu'à 10 ans. Le département d'imagerie neuro-pédiatrique de Gui de Chauliac accueille chaque année 800 enfants avec une pathologie neurologique.

En tant que centre référent pour l’Occitanie est, il réalise 2000 IRM par an sur sa patientèle pédiatrique. « Nous espérons à terme pouvoir réduire de 50 à 60 % le nombre d’anesthésies générales », indique Nicolas Leboucq. « Avec des enfants à gros handicap, la coopération n'est pas possible et nous n’atteindrons peut-être que 20 % de l’objectif, mais la moindre anesthésie générale gagnée sera une victoire », concède-t-il.

Olivier Martin, le cadre de santé, fonde lui-même beaucoup d’espoir sur ce dispositif ludique. Pour l’enfant, pour la relation soignant-soigné comme pour le confort des prises en charge. « La surveillance post-anesthésie, entre autres, fait partie des contraintes organisationnelles, cela mobilise du temps et des ressources humaines », rappelle-t-il notamment.

«  Réussir l’examen sans passer par toutes ces étapes serait un gain pour tout le monde, l'intérêt à terme étant aussi de réduire les délais d'accès à l'imagerie sous anesthésie générale. » En libérant des créneaux pour les AG indispensables, dans un service de neuro-imagerie où il faut attendre trois à quatre mois entre la prise du rendez-vous et l’IRM. « Cet équipement ludique nous y aidera d’autant mieux que tout le personnel sera formé et impliqué », évoque Olivier Martin.

Le simulateur acquis par l’hôpital par le biais du mécénat (Fonds Guilhem) fonctionne pour l’instant deux matinées par semaine, bientôt trois. Et ce, avec intervention de l’association les Blouses roses, partenaire du dispositif.

« Pour que cet outil marche, il faut une réelle volonté de l'équipe soignante, laquelle n’a pas nécessairement de temps à consacrer au jeu », confie Gisèle Hoogstoel, présidente de l'association, à Montpellier.


Quatre de ses bénévoles, formés, s’occupent d'accueillir les enfants, de les préparer avec l'IRM en jeu, et de passer le relai au manipulateur. « Nous nous donnons six mois pour faire une première évaluation », indique le docteur Leboucq. Seize autres centres hospitaliers français sont déjà dotés de cette IRM en jeu, mise au point par le Petit Monde, une association de pédiatres lyonnais.

Myriem Lahidely

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