Étudiants en soins infirmiers : la voie de l’apprentissage devrait bientôt être accessible dès la première année

La voie de l'apprentissage devrait être accessible dès la rentrée 2023 aux étudiants en soins infirmiers de première année mais des inconnues demeurent sur les modalités de cette ouverture. Selon la Fnesi, l'apprentissage reste encore insuffisamment encadré et ne devrait pas constituer comme l'alpha et l'oméga de la fidélisation des jeunes diplômés.

Étudiants en soins infirmiers : la voie de l'apprentissage devrait bientôt être accessible dès la première année

© Arlou-Andrei /ShutterStock

Le projet de refondation du métier infirmier lancé fin mai par François Braun prévoit la possibilité à partir de la prochaine rentrée, en septembre 2023, de la possibilité de suivre des études en soins infirmiers en apprentissage dès la première année.

Jusqu'à présent, elle n'était ouverte qu'aux étudiants de deuxième année et plus fréquemment de troisième année, souligne Manon Morel, présidente de la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnesi). Elle ne connaît pas le nombre d'étudiants qui optent pour cette formule et « même les services administratifs du ministère de la Santé ne le savent pas », remarque-t-elle.

Ils ne savent pas non plus apparemment combien d'étudiants pourraient être concernés par l'extension de l'apprentissage à la première année. Des groupes de travail planchent sur la manière dont elle pourra se dérouler... alors même que la réingénierie de la formation infirmière est en cours, observe la présidente de la Fnesi, ce qui pourrait obliger selon elle de revoir entièrement le projet quand le chantier de la formation sera terminé.

Pour le ministère de la Santé, cette modalité d'étude répond à « un enjeu de fidélisation, poursuit Manon Morel, pour garder les néodiplômés dans les services par la contractualisation. Mais cela ne devrait pas être le seul moyen de fidéliser les étudiants », insiste-t-elle.

De fait, les employeurs attendent parfois, de manière plus ou moins claire, un dédit de formation c'est-à-dire l'engagement que les apprentis restent travailler dans l'établissement entre quelques mois et deux ans à l'issue de leurs études.

Modalités variables

Globalement, l'apprentissage dans la filière infirmière « n'est pas bien encadré »,  remarque la présidente de la Fnesi.

La rémunération, déjà, varie d'un établissement à un autre, tout comme les modalités de participation des ESI, en tant qu'aides-soignants à partir de la seconde année, à l'activité hospitalière à hauteur d'environ 500 heures, sont aussi très variable.

Elina Marinelli, apprentie durant ses deuxième et troisième années d'études a eu le choix entre le fait de travailler pendant ses vacances ou de se positionner sur les postes disponibles via une application (ce qu'elle a choisi). Hugo Rossignol, lui aussi tout jeune diplômé de 2023, s'est vu proposer un planning fixe d'un samedi sur deux. D'autres ont l'obligation de venir travailler durant leurs vacances, ce qui peut limiter leur capacité de révision pour des examens... Certains employeurs font aussi pression pour que les étudiants-apprentis fassent tous leurs stages dans leur établissement ou ceux du groupe. 

Les partenaires ont très peu de temps pour régler avant la rentrée de septembre de nombreuses questions comme le nombre de places ouvertes, le statut des apprentis, la variété des stages, l'accompagnement des étudiants dès la première année et ce qu'ils feront dans les établissements durant leurs heures d'emploi alors qu'ils ne pourront pas exercer comme aide-soignants avant la deuxième année. « Nous serons très vigilants », insiste Manon Morel.

Un pis-aller financier ?

Selon elle, les étudiants choisissent l'apprentissage essentiellement pour des raisons financières, parce que les bourses et les aides disponibles sont d'un niveau trop faible ou trop difficiles à obtenir.

C'est le cas d'Hugo Rossignol et d'Elina Marinelli. « C'était ce qu'il me fallait », résume la jeune diplômée, qui a eu bien du mal à boucler ses fins de mois avec sa bourse de... 70€ en première année.

Tous les deux ont indéniablement apprécié le salaire fixe (entre environ 800 € en début de première année et 1300 € en fin de troisième année) versé chaque mois. Le statut d'apprentie a aussi permis à Elina Marinelli de toucher une aide au financement de son permis de conduire (qu'elle a obtenu).

Mais à l'issue de deux ans d'apprentissage, ils y voient d'autres bénéfices. « Sur le plan de l'expérience, note Hugo Rossignol, cela m'a permis de découvrir plus de choses, d'être professionnel et d'avoir confiance en moi plus rapidement car j'ai été considéré comme un professionnel plus tôt ».

Même si jongler avec le statut d'aide-soignant professionnel le samedi et celui d'étudiant en stage le lundi n'était pas toujours évident. Il a aussi pu faire dans d'autres établissements les stages qu'il ne pouvait pas effectuer chez son employeur. Elina Marinelli a aussi apprécié l'expérience acquise et la stabilité des relations avec les équipes de son établissement employeur.

Elle qui a effectué ses stages chez cet employeur estime avoir été encadrée comme les autres ESI mais ce n'est pas toujours le cas. Aucun d'eux n'a signé de dédit de formation mais tous les deux ont choisi de de travailler pour le même employeur, dans le service de leur choix.

Géraldine Langlois

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