Grande consultation : la Fnesi prend la température des étudiants en sciences infirmières

La Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnesi) a lancé en avril une grande consultation nationale dans plusieurs IFSI  sur un premier sujet : le référentiel de formation. L'objectif : se rapprocher au plus près des étudiants pour entendre leurs attentes.

Grande consultation : la Fnesi prend la température des étudiants en sciences infirmières

© ARLOU_ANDREI / ShutterStock

Deux premières rencontres entre la Fnesi et des étudiants en sciences infirmières (ESI) ont déjà eu lieu ce mois-ci dans des IFSI de Bourgogne - Franche Comté : une première à Besançon et une autre à Beaune.

Une troisième se tiendra dans cette ville début mai puis les représentants de la fédération rencontreront des ESI en Bretagne, en Auvergne – Rhône-Alpes et dans les autres régions d'ici la fin juin ou le début de l'automne. A raison de trois rencontres par région.

Cette grande consultation s'inscrit dans la réflexion menée par la Fnesi sur son « modèle de représentation, qui est très syndical » explique Mathilde Padilla, présidente de la Fnesi. « Nous cherchions une nouvelle manière de nous rapprocher des étudiants et de porter leur voix en étant plus proches de leurs attentes », poursuit-elle.

Les associations d'ESI locales adhérentes de la fédération font certes remonter des informations « mais nous avions envie d'aller plus loin pour nous assurer que nous portons les bonnes positions, ajoute la présidente. Nous sommes 15 et nous représentons 97 000 ESI ! »


Ecouter les attentes des étudiants

Cette première édition porte spécifiquement sur le référentiel de formation. « On l'appelle le nouveau référentiel mais il a 13 ans et il est vieillissant, souligne la présidente. Il est aussi très rigide, il a du mal à s'adapter aux nouveaux enjeux ».

Pour la Fnesi, le profil des étudiants a changé, notamment depuis leur recrutement par Parcoursup, ainsi que le contexte de la formation et de l'exercice du métier et le référentiel doit s'y adapter. Par exemple en mutualisant certaines unités d'enseignement pour leur donner plus de cohérence.

Pour Mathilde Padilla, il serait plus cohérent que la pharmacologie ou la gestion des risques soient des notions intégrées dans les UE qui portent sur des sujets où elles sont importantes, par exemple la psychopathologie pour la première, ou la transfusion pour la seconde.

« Cela permettrait d'avoir plus de lien entre les enseignements, d'éviter les cloisonnements, ajoute-t-elle. Nous aimerions aussi que la simulation devienne une méthode pédagogique de référence » et que le numérique en santé occupe plus de place dans la formation.

La Fnesi défend aussi l'idée d'une universitarisation plus poussée qu'aujourd'hui, avec un diplôme qui soit une vraie licence et des possibilités de poursuite d'études plus larges.

La consultation des étudiants vise à vérifier ces positions et à recueillir l'avis des ESI sur tous les sujets relatifs au référentiel de formation.


Elle prend tout d'abord la forme d'une rencontre en présentiel, en amphi, entre un membre du bureau national de la Fnesi et des étudiants de l'IFSI (pour le moment des étudiants de troisième année mais les autres promotions seront aussi consultées).

Laurianne Larsonneur, secrétaire générale de la fédération chargée de l'enseignement supérieur, a animé les deux premières rencontres. A chaque fois, « je me présente et j'explique la volonté de la Fnesi de consulter les étudiants sur le référentiel de formation, raconte-t-elle. Je précise qu'il n'est pas question de juger leur formation mais de recueillir leur avis sur son contenu, les thématiques abordées et l'encadrement des stages, à travers leur expérience, leur vécu ».

Elle reprend avec eux les différentes facettes du référentiel et engage le débat sur les cours, les stages mais aussi l'engagement des étudiants. « C'est très enrichissant », résume-t-elle.

Les cours, les stages, l'engagement

Les deux fois, un ou plusieurs membres de l'équipe pédagogique ou de direction étaient présents mais selon Laurianne Larsonneur cela n'a pas conduit les étudiants à s'autocensurer.

« C'est une crainte qu'on peut avoir mais je pose le cadre dès le départ, remarque-t-elle. Je précise que je suis aussi disponible en privé si besoin et qu'à la fin de la rencontre les étudiants peuvent répondre de manière anonyme à un questionnaire qui reprend cette trame. Cela leur permet de s'exprimer librement. »

Le questionnaire peut aussi être communiqué aux étudiants de l'IFSI qui n'ont pas pu assister à la rencontre. La Fnesi ne souhaite pas en revanche l'envoyer à tous les ESI car elle préfère privilégier les échanges directs avec les étudiants.


Géraldine Langlois

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