Étudiants en sciences infirmières : une rentrée toujours plus chère

Le coût moyen de la rentrée pour un étudiant en sciences infirmières (ESI) en formation initiale s’élève à 2674 € en 2022, contre 2572 € en 2021, selon un calcul de la Fédération nationale des étudiant.e.s en sciences infirmières (Fnesi) détaillé dans un dossier de presse la semaine dernière. 

Étudiants en sciences infirmières : une rentrée toujours plus chère

© ShutterStock

La baisse sensible du coût estimé pour l’achat de tenues professionnelles (70€ par an en 2022 contre 81€ en 2021) liée notamment à la parution d’une instruction imposant aux établissements d’accueil en stage de fournir ces tenues, et la réduction des tarifs pour cotiser aux mutuelles, n’auront pas suffit à faire diminuer les dépenses des étudiants en sciences infirmières pour cette rentrée 2022.

En cause d’abord : les frais de la vie courante (loyer, charges locatives, loisirs…) et les frais pédagogiques (matériel, frais d’inscription…) qui ne cessent d’augmenter pour tous les étudiants de l'enseignement supérieur. En cause ensuite, les frais spécifiques aux ESI, qui bien que déjà élevés, stagnent (chaussures, livres, consultation médicale de rentrée) ou augmentent (frais de transports liés aux stages).

Ainsi, la Fnesi, qui milite depuis des années pour une baisse des frais liés à la rentrée pour les ESI, relève une hausse du coût de la rentrée de +3,92% par rapport à 2021.

Des frais supérieurs à ceux des autres étudiants universitaires

Autre remarque de la Fnesi : comme chaque année, le coût moyen de la rentrée pour un ESI est supérieur à celui pour un étudiant d’une autre filière universitaire. Cette année, le différentiel s’élève à 383 €, calcule la fédération étudiante, soit « l’équivalent d’un mois de loyer ou de plusieurs semaines de cours ».

Ce delta s’explique par des frais spécifiques à la filière, notamment les frais de transports liés aux stages et la consultation médicale d’aptitude, obligatoire avant l’entrée en formation.

Il s’explique aussi par des frais annexes, considérés comme « illégaux ». « Les frais d’inscription classiques, la CVEC (95€) et les frais universitaires sont les seuls frais légaux demandés aux ESI. Les autres frais, illégaux, représentent l’ensemble des frais demandés par l’IFSI lors de l’inscription. Ils sont parfois réclamés sans justification et d’autres fois faussement légitimisés par des motifs divers irrecevables comme, par exemple, la mise en place et l’entretien du Wifi dans l’établissement de formation, les espaces numériques de travail, les photocopies ou encore la carte de self », explique la Fnesi.

Ces coûts ne sont, pour la plupart, pas clairement exposés sur la plateforme d’inscription ParcourSup puisque la totalité des IFSI n’ont pas mis à jour leur fiche de présentation depuis 2018. « Ainsi, ce n’est qu’une fois admis.e. que l’étudiant.e surpris.e se voit contraint.e de régler ces frais complémentaires hors du cadre juridique en vigueur », regrette la Fnesi.

Faire baisser le coût de la rentrée et mieux indemniser les étudiants

Pour faire diminuer le coût de la rentrée des ESI, la Fnesi présente une palette de solutions.

Il s’agit d’abord de faire cesser les dépenses liées à des frais anormaux et/ou illégaux estime-t-elle : « il est anormal que ce soit aux étudiants de se charger eux-mêmes d’acheter leurs tenues professionnelles ou de faire pression sur les associations pour qu’elles s’en chargent », considère la fédération. Elle condamne aussi très fermement les frais d’inscription complémentaires « abusifs et illégaux ». « La Fnesi a engagé des poursuites judiciaires envers les établissements qui ont engagé des frais complémentaires. Elle a gagné ces procès. Elle n’hésitera pas à recommencer », explique-t-elle. Elle demande par ailleurs la mise en place de mesures « garantissant une application totale de l’arrêté concernant les frais complémentaires illégaux et que, dans le cas d’un non-respect avéré, des sanctions soient appliquées ».

Pour les frais liés aux stages, gros poste de dépense pour les ESI (73 €/mois)la Fnesi demande que les ESI soient intégrés au dispositif personnalisé permettant d’obtenir une remise sur le prix de l’essence, quand le dispositif actuel (remise de 18 centimes d’euros/litres) disparaîtra. Elle demande aussi une revalorisation « urgente » des indemnités kilométriques et un remboursement mensuel pour « éviter les trous de trésorerie ». Elle souhaite enfin la prise en compte de la situation de l’étudiant lors de la répartition des stages, afin d’éviter « un trop grand éloignement du domicile ».

Pour supprimer les frais liés à la consultation médicale obligatoire, qui n’a pas de tarification légale auprès de l’Assurance Maladie – et dont le coût moyen est de 35 €, non remboursable -, la Fnesi propose que les Services de Santé Universitaire (SSU) puissent s’en saisir pleinement, à l’instar de ce qui se pratique à Rennes ou à Strasbourg, donne-t-elle pour exemple.

Par ailleurs,  la Fnesi demande une réforme des bourses de l’enseignement supérieur, un meilleur accès aux services universitaires et une revalorisation des indemnités de stage à 3,90€/heure, « le minimum de versement d’indemnité pour les autres étudiants de l’enseignement supérieur », compare-t-elle. Actuellement, lors de ses stages, un ESI perçoit 1,03 €/h en première année, 1,31 €/h en deuxième année, et 1,71 €/h en troisième année, note-t-on.

M.S

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Les infirmiers, étudiants en spécialité, aussi concernés

Dans son dossier de presse, la Fnesi détaille également et pour la première fois, le coût de la rentrée pour les infirmiers inscrits "en spécialité" (Ibode, Iade, IPDE, IPA).

Dans le cas de ces étudiants des différentes spécialités, le coût global de la rentrée est accru par d’importants frais liés aux concours.

Ainsi pour la formation d’IBODE par exemple, le coût de la rentrée se voit augmenté de 192 € en cas de report de la réforme du diplôme d’IBODE , et donc de la suppression du concours.

Pour les EIA et EIP, les frais supplémentaires représentent environ 340 € de plus qu’un·e étudiant·e en master dans d’autres filières de l’Enseignement Supérieur.

Pour les EIPA, les frais restent également supérieurs à la moyenne avec un surplus de 142 €.

Par ailleurs, la Fnesi remarque que certains étudiants en spécialité doivent s'autofinancer, suite à la rupture du cycle LMD (licence master doctorat) qu’implique la demande d’expérience professionnelle. "L’autofinancement représente un gouffre financier pour les étudiant·e·s, les montants s'élèvent à des milliers d’euros, allant jusqu'à 9000 € en école de puériculture, qui sont les étudiant·e·s qui s'autofinancent le plus. Il est nécessaire que ces étudiant·e·s soient accompagné·e·s par les pouvoirs publics pour permettre des études supérieures accessibles et abordables", estime la fédération. 

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