Hérault : tâche facilitée pour les Infirmiers pompiers volontaires

Dans l’Hérault, des conventions sont signées par des établissements de santé avec le Service d’incendie et de secours de l’Hérault (SDIS34). Elles visent à libérer les infirmiers engagés comme sapeurs pompiers volontaires (ISPV), notamment pour aller se former et devenir autonomes.

Hérault : tâche facilitée pour les Infirmiers pompiers volontaires

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Pour être opérationnel en intervention sur le terrain, avec le SDIS, tout IDE sapeur pompier volontaire doit valider des formations spécifiques, et en premier lieu, les Protocoles infirmiers de soins d'urgence (PISU).

« Ils nous permettent d'agir de façon autonome sur le terrain en l'absence de médecin ou en attendant l’arrivée du SMUR* », indique Jézabelle Condado, infirmière DE au service des urgences de la clinique Saint-Jean, à Montpellier et sapeur pompier volontaire. « La liberté d'action conférée en intervention touche notamment des médicaments que je n'aurais utilisés à l'hôpital que sur prescription médicale et des gestes que je ne pratique pas pendant mon service. »

Début janvier, le SDIS de l'Hérault a signé une première convention avec le groupe Cap Santé auquel appartient la clinique. « Elle permet notamment d’aller se former au SDIS sur notre temps de travail », note cette soignante sapeur-pompier volontaire depuis 10 ans, et au SDIS 34 depuis septembre dernier.

« Jusqu'à présent, on prenait sur nos congés », rappelle-t-elle. Dans la foulée, cette dernière a pu suivre une première semaine de la Formation initiale, obligatoire, en janvier, l'autre en février, qui dispense des modules de PISU adultes mais aussi pédiatriques, ou encore sur les antalgiques, etc.

Ils vont lui permettre, par exemple, d'assurer seule la pose d'une voie intra-osseuse si impossibilité par voie veineuse, d'administrer de l’adrénaline en cas d’arrêt cardiaque, de gérer la douleur, une crise d’asthme aigüe ou encore un choc hémorragique, ou anaphylactique, un accouchement difficile... actes normalement dévolus aux praticiens. Une fois par an, aux mêmes conditions, elle participera à la journée de maintien des acquis et pourra suivre aussi, d'autres sessions, non obligatoires.

« Avec cette convention les employeurs s’engagent à libérer leurs soignants afin qu'ils se forment pour devenir autonomes sur le terrain », explique Aurélien Manenc, lieutenant chargé de développer le volontariat au sein du SDIS 34. Un partenariat gagnant-gagnant pour les deux parties.

« Ces PISU confèrent une maîtrise d'actes très pointus et font de ces professionnels de vrais effecteurs de l’urgence pré hospitalière », indique-t-il aussi. « Ils permettent de disposer de personnels à même de s'intégrer dans des structures hiérarchisées et dotés d'un esprit d'engagement citoyen. » Qui apprennent à gérer l’imprévu, les conditions de l'urgence à l’extérieur, dans la neige, sous la pluie… Outre une reconnaissance « énorme » au travail comme dans ses missions sur le terrain, Jézabelle Condado ajoute « la gestion du stress aide aussi à la clinique où nous sommes amenés à travailler avec des soignants pas tous confrontés aux situations extrêmes. »

Faciliter l'organisation 

La convention inclut par ailleurs la possibilité de débloquer du temps au soignant qui doit partir en intervention, sur le lieu d'un accident par exemple. « Autoriser un retard, ou ne pas pénaliser un ISPV appelé tôt le matin, alors qu'il doit être à 8h dans son service », précise Aurélien Manenc. Une facilité certes moins évidente sur un poste aux Urgences. « Le milieu de la santé est assez contraint, surtout depuis la crise Covid-19 mais cela n'obère pas la volonté d'engagement sociétal des employeurs publics et privés depuis deux ans. » L' accord se fait au cas par cas, si un collègue peut prendre le relais.

Infirmier libéral depuis 4 ans après avoir été 7 ans hospitalier au CH de Sète, Bruno Sacquepee est, lui aussi, ISPV. Il ne bénéficie d'aucune convention et s’organise sur son temps de travail ou de repos. « Je peux être appelé et avoir à intervenir en attendant le SMUR que je sois en tournée ou en congés », fait-il observer.

Ce soignant s’est formé avec le  SDIS et a intégré son service de santé (SSS). « Il y a l’adrénaline mais aussi des plus values  de notre engagement, comme  l’autonomie, l’adaptabilité, la réactivité et la confiance. »

Ces conventions se développent plus fortement depuis les années 2010. « Avec la désertification médicale les sapeurs pompiers ont été de plus en plus sollicités pour des secours d’urgence aux personnes », indique le lieutenant pompier.

Ces secours représentent aujourd’hui 80 % des interventions du SDIS et rendent indispensable la présence des infirmiers sur le terrain et dans les secours. « Les infirmiers libéraux sont confrontés à cette désertification, au quotidien », rappelle Aurélien Manenc. Selon le SDIS 34, 350 ISPV bénéficient à ce jour de la convention.

Objectif : en compter 1000 d’ici début 2023, pour étendre encore le maillage du territoire.

Myriem Lahidely

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Réactions

1 réponse pour “Hérault : tâche facilitée pour les Infirmiers pompiers volontaires”

  1. Dave'Th dit :

    Ou l’art de ré-inventer l’eau tiède…
    Car la loi n°96-370 du 3 mai 1996 prévoit tout cela,

    Et pour les fonctionnaires, la circulaire du 19 avril 1999 « incite » fortement les administrations et entreprises publiques à montrer l’exemple.

    Les conventions de formation et d’autorisation d’absence sont prévues dans cette loi.

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