Psychiatrie : les soignants « partagent le sentiment de ne plus pouvoir exercer leur métier dans un tel contexte »

Douze organisations* représentant le secteur de la psychiatrie décrivent la "triste réalité" du terrain et alertent sur les départs massifs de praticiens et de soignants. 

Psychiatrie : les soignants "partagent le sentiment de ne plus pouvoir exercer leur métier dans un tel contexte"

© ESB Professional / ShutterStock

"Manifestement, la mesure de l'urgence et de la gravité de la situation de crise que connait la psychiatrie publique dans notre pays est loin d'être prise en compte alors que nos établissements sont confrontés à des départs massifs, et sans précédent de praticiens, même chevronnés, aggravant ainsi une démographie médicale déjà en pénurie et un contexte institutionnel remanié en toute hâte pour les contraintes relatives à la contention et à l'isolement", expliquent les organisations* dans un communiqué commun. 

Rappelant que les personnels soignants non médicaux ont aussi rejoint ce mouvement de départ, toutes déplorent les fermetures de lits, d'unités, qui se multiplient, "forçant à des restructurations particulièrement délétères" pour la prise en charge des patients dans des conditions "souvent intolérables". 

Les soignants "partagent le sentiment de ne plus pouvoir y exercer leur métier dans un tel contexte", décrivent-elles. "Si le ministre de la Santé dit reconnaître ces difficultés, il n'annonce aucune mesure concrète de nature à améliorer l'attractivité de la discipline, mais bien au contraire des 'actions phares' centrée sur la santé mentale et reléguant la psychiatrie au magasin des accessoires", estiment-elles. 

Elle décrivent un "amalgame" entre psychiatrie et santé mentale, qui "alimente actuellement la perte de sens que vivent les professionnels de la discipline". 

"Pourquoi dépister et diagnostiquer si au bout du compte les moyens de mise en oeuvre des orientations thérapeutiques nécessaires se révèlent nettement insuffisants, voire inexistants?", interrogent-elles. 

"Que penserait-on d'une politique de lutte contre le cancer qui miserait en priorité sur la prévention et abandonnerait dans le même temps les patients et les services d'oncologie à leur sort ?", poursuivent-elles. 

Malgré les crédits alloués, notamment pour le renforcement de la pédopsychiatrie, "les projets ne peuvent pas voir le jour faute de professionnels à recruter", indiquent-elles. 

Par ailleurs, les organisations considèrent que "l'investissement hospitalier en psychiatrie reste très insuffisamment pris en compte par la commission ad hoc". 

Rédaction ActuSoins

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*Liste des douze organisations signataires du communiqué : 

Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP), Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH), Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY), Fédération Française de la Psychiatrie (Fédépsychiatrie), Union Syndicale de la Psychiatrie (USP), Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP), Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers Spécialisés, Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFI-Psy), Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d'Etablissements des Centres Hospitaliers (ANPCME), Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), Association française des Unités pour Malades Difficiles (UMD), Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP). 

 

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