Analyser et simuler pour réduire les événements indésirables en Ehpad

Le signalement et l'analyse des événements indésirables ainsi que la simulation de certains des plus graves sont utilisés à l'hôpital d'Amboise – Château-Renault (Loire) pour instaurer une démarche qualité parmi les soignants et améliorer leurs compétences.

Analyser et simuler pour réduire les événements indésirables en EhpadCe n'est pas parce que les Ehpad doivent faire beaucoup avec peu de moyens qu'ils sont démunis pour améliorer la qualité de la prise en charge des résidents.

Anne Doucet, cadre supérieur de santé des quatre Ehpad du centre hospitalier intercommunal Amboise – Château-Renault (446 lits, 230 agents), en est convaincue. Elle a mis en place une démarche qualité qui se répercute sur tous les aspects de l'accueil des résidents et repose sur deux piliers : la déclaration des événements indésirables (EI) et la simulation.

« Nous avons commencé à travailler il y a trois ans sur la déclaration des EI », explique-t-elle. Les cadres ainsi que tous les agents ont été incités à déclarer davantage ces événements et peu à peu la « culture du signalement » s'est installée dans les services.

« Nous sommes passés de 90 signalements par an en 2017 à 250 en 2019 », observe Anne Doucet. Selon elle, le fait que les agents constatent que leurs fiches de signalement étaient effectivement traitées a eu un effet favorable sur leur propension à les déclarer.


Culture du signalement

Au tout début, elle envoyait effectivement à chaque agent qui déposait une fiche un « accusé de réception » indiquant que le sujet serait traité.

Même si, face à l'augmentation du nombre de signalements, elle ne peut plus le faire, tous sont effectivement traités et analysés (par la méthode Orion ou la méthode Remede). Ces analyses sont transmises aux personnes concernées mais aussi évoquées collectivement.

« Nous avons mis en place des comités de retour d'expérience, les Crex, que nous organisons quatre fois par an sur chacun des deux sites avec des infirmières, des aides-soignantes, des ASH, des psychologues, les cadres et des médecins quand c'est possible. Nous passons en revue des événements indésirables de la période et sur les actions correctives et nous prenons un événement particulier que nous analysons ensemble. »

A la suite d'un EI grave, la chute d'un patient ayant entraîné une fracture, une des mesures correctives a prévu de placer l'équipe concernée en situation de simulation.

L'IFSI de l'hôpital a prêté son « hôpital de simulation » et a aidé à l'organisation de l'expérience, notamment le montage d'un scénario proche de la situation d'origine et basé sur les recommandations de la HAS.

Briefing, mise en situation, débriefing : une partie de l'équipe a simulé la scène (patients et soignants) et l'autre a observé. Avant d'échanger, avec les formateurs, sur ce qui a été bien fait et ce qui aurait pu être fait autrement, comment et pourquoi.

Piqure de rappel

« Dans le projet initial, cette simulation était destinée à l'équipe concernée mais elle a rencontré un tel succès qu'on a décidé de la proposer à toutes les équipes, une fois par an », souligne Anne Doucet.

Elle a ainsi eu lieu quatre fois en 2019 et sera organisée six fois en 2020. Cela ne remplace pas une formation aux gestes et soins d'urgence (AFGSU), compliquée à organiser pour un grand nombre d'agents, note la cadre. Pour les agents, une session de simulation ne dure qu'une heure et demie.

Mais cette expérience constitue, ajoute-t-elle, une « piqure de rappel », appréciée des soignants et très utile pour améliorer la qualité de leur réaction à ce type de situation.

Elle est aussi facile à organiser localement puisque l'hôpital dispose des moyens techniques et des compétences nécessaires. Et présente l'avantage de correspondre à une situation qu'ils peuvent rencontrer dans leur environnement de travail habituel.

Géraldine Langlois

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