Attentat de Nice : après l’horreur, il faut aussi soigner les traumatismes psychologiques

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L'équipe de la cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) de Nice a déjà accueilli, avec des renforts régionaux et nationaux, plus de 500 personnes. Objectif : prendre en charge les traumatismes psychologiques liés à l'attentat du 14 juillet. 

Attentat de Nice : après l'horreur, il faut aussi soigner les traumatismes psychologiquesIl y a les morts. 84 pour l'instant. Il y a les blessés. 300. Dont certains, 18, ont un pronostic vital engagé.  Il y a aussi ceux qui physiquement s'en sortent, mais qui souffrent de traumatismes psychologiques. Pour éviter la survenue d'un trouble de stress post-traumatique, ces derniers ont été ou sont pris en charge par les Cellules d'Urgence Médico Psychologiques, qui  interviennent sur place depuis jeudi soir.  

Les CUMP

"Le dispositif d’urgence médico-psychologique a été constitué dans les suites de l’attentat du 25 juillet 1995 de la station RER Saint-Michel, afin d’assurer la prise en charge des victimes confrontées à un événement psycho-traumatisant. En effet, les catastrophes occasionnent non seulement des blessures physiques, mais aussi des blessures psychiques individuelles ou collectives, immédiates ou différées, aiguës ou chroniques. Ces victimes nécessitent des soins d’urgence au même titre que les blessés physiques" explique le ministère de la santé sur son site. 

Déclenchée par le auquel elle est déployée en cas de plan blanc, la CUMP se compose d'équipes d'astreinte disponibles 24 heures sur 24, toute l'année. 

" Nous menons des entretiens immédiats de « defusing », de bilan d'évènement. Il s'agit de verbalisation émotionnelle spontanée, en fonction de la volonté du patient. Nous les resituons dans « l'ici et maintenant », dans une perspective de réassurance " relatait  en décembre dernier à ActuSoins (suite aux attentats du 13 novembre), Giovanni Mollica, infirmier et membre d'une CUMP. 

"On évalue leur « débordement psychique » : certains sont en état de stupeur, confus, incapables de parler, ou alors ils répètent tout le temps la même chose. C'est ce qu'on appelle un « état de stress dépassé ». On leur propose de reformuler leurs émotions, leurs ressentis, de sortir du factuel"


"Cela nous permet d'anticiper les conséquences de l'évènement traumatique. Certains sont plus vulnérables que d'autres : les personnalités jeunes, les précaires, les jeunes femmes seules avec enfant..." poursuivait l'infirmier. 

Parce que les souffrances psychologiques ne se limitent pas au soir même ou au lendemain et que les impliqués ont souvent besoin besoin d'une aide secondaire, les CUMP orientent aussi les victimes et leurs familles vers les structures adaptées et spécialisées pour une prise en charge en "post-immédiat" et formulent des conseils. 

Alors que dans les mois qui ont suivi les attentats du 13 novembre, plus de 6000 personnes ont consulté des psychologues, des psychiatres et infirmiers psy de CUMP, à Nice, ce sont près de 500 personnes qui ont déjà été prises en charge de façon "immédiate" par la cellule spécialisée. 

Rédaction ActuSoins

A lire ou à relire pour aller plus loin : l'interview de Giovanni Mollica,  infirmier coordinateur d'une cellule médico-psychologique (entretien paru sur ActuSoins suite aux attentats du 13 novembre)

 

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