Un record (limité) : 41 000 euros pour 3 mois de Sovaldi contre l’hépatite C

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le ministère de la Santé a annoncé dans un communiqué, que le comité économique des produits de santé (Ceps) a fixé le prix de ce médicament à 13 667 € HT par boîte de 28 comprimés (41 000 € pour trois mois).  Selon le ministère, il s’agit du prix public le plus bas d’Europe. 

Un record (limité) : 41 000 euros pour 3 mois de Sovaldi contre l'hépatite CLes négociations entre l'Assurance maladie, le ministère, le laboratoire Gilead qui a développé ce traitement curatif qui révolutionne la prise en charge de l'hépatite C , les associations de patients et les médecins - de véritables discussions d'apothicaire - ont duré une dizaine de mois.

Pendant ce temps le Sovaldi bénéficiait d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU)  pour une commercialisation à 56 000 € les trois mois.

"Soyons rationnels : ces médicaments guérissent les gens d’une maladie virale potentiellement mortelle pour environ 40?000 à 50?000 euros. Comparé à beaucoup de traitements chroniques sur une vie entière, c’est beaucoup moins cher", minimise Michel Joly, président de Gilead France, dans une interview au Quotidien du Médecin.

Pour Michel Joly, interviewé par l'agence APM, ce prix est un "accord qui est un compromis" entre "le degré d'innovation du produit, un meilleur accès des patients au traitement et un équilibre soutenable par la collectivité pendant un certain temps".

Certains estiment cependant que le ministère a plié devant le laboratoire. Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) a ainsi estimé dans un communiqué que le gouvernement a eu "tort" de trouver un accord à ce niveau de prix avec Gilead.


"D'autres médicaments très efficaces pour d'autres maladies vont arriver dans les prochains mois et les prochaines années. Les meilleurs observateurs du domaine, et les pouvoirs publics eux-mêmes, parlent d'une vingtaine de molécules nouvelles. A ce niveau de prix, notre assurance maladie n'y résistera pas", estime le CISS.

Une faible marge de manoeuvre pour le laboratoire

D'autres remarquent comme le quotidien Les Echos que « malgré le taux exceptionnel de guérisons obtenu grâce au Sovaldi, le laboratoire pharmaceutique a eu une marge de manœuvre réduite pour négocier".

"Le laboratoire devra rembourser à l’Assurance maladie la différence entre le prix pratiqué pendant cette période et le prix qui vient d’être fixé", a en effet précisé précise le ministère.

Autre garde-fou :  "le projet de Loi de Financement de la Sociale pour 2015 instaure un mécanisme de régulation pour faire supporter au laboratoire le dépassement des dépenses consacrées aux traitements, dès lors que ceux-ci dépasseront un certain volume", ajoute le ministère.

Les Echos expliquent ainsi   que « cette année, si le chiffre d'affaires des médicaments soignant l'hépatite C dépasse 450 millions d'euros, les qui fabriquent ces médicaments - Gilead, puis Janssen et BMS - seront taxés sur le dépassement. Il s'agit d'un impôt progressif, qui peut atteindre 70% du surplus. Pour l'année prochaine, le plafond est fixé à 700 millions d'euros".

"Compte tenu du caractère irremplaçable et particulièrement coûteux de ce traitement", Marisol Touraine, a décidé que ce médicament sera pris en charge à 100% par l’assurance maladie. Une décision sans grand impact puisque les patients concernés - 200 000 personnes sont touchées par le virus de l’hépatite C en France - sont déjà en ALD, donc pris en charge à 100 % !


L’Agence Nationale de du Médicament et des produits de santé (Ansm) a délivré par ailleurs une ATU à la spécialité Harvoni (ledipasvir et sofosbuvir, Gilead), première bithérapie de ce type pour le traitement de l’hépatite C.

Cyrienne Clerc

 

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