Etudiants infirmiers : fin de la prise d’otages !

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Le boycott des stages infirmiers par la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) n'aura finalement duré que douze jours. Le compromis signé le 11 mars entre la FHP et le ministère a marqué la fin de la crise. Les cliniques ouvrent à nouveau leurs portes aux stagiaires.

Etudiants infirmiers : fin de la prise d'otages !"Les étudiants sont très soulagés, a réagi de suite Karina Durand, présidente de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers). Mais ils restent indignés par le manque de considération à leur égard ".

Cette crise laissera des traces, certaines négatives, d'autres plus positives.

"Nous sommes contents d'avoir montré que nous ne sommes pas un simple pion mais un interlocuteur incontournable, que la mobilisation ait pu impacter les décisions ", souligne Karina Durand.

Pour cette dernière, " la FHP ne s'attendait pas à une telle mobilisation. C'est probablement la raison qui lui a fait accepter ce compromis. Cela lui permet de sortir par le haut". La FHP estime en revanche que cette mobilisation lui a été bénéfique, dans le cadre de ses discussions avec le ministère. Deux traductions légèrement divergentes...

Stages : retour à la normale en avril

Le retour à la normale, concernant les stages, sera progressif. "Le message a déjà été envoyé aux cliniques, précise Jean-Loup Durousset, président de la FHP, afin  qu'elles reprennent les stagiaires au fur et à mesure des parcours des étudiants ". 

Ceux affectés dans d'autres établissements, depuis le 1er mars, " vont finir dans l'établissement où ils ont commencé ", a-t-il précisé, estimant à fin avril le terme de l'impact complet pour les étudiants infirmiers.

Selon la FNESI, cela se réglera au cas par cas : " les situations sont disparates. Parfois les étudiants ont été casés en surnombre dans les hôpitaux mais de nouveaux terrains de stage ont aussi été ouverts. Cela, c'est positif et nous le demandions depuis longtemps ", se réjouit la présidente de la fédération étudiante qui voit dans l'ouverture d'un véritable débat avec le ministère de la Santé, " des perspectives pour l'avenir ".

La FNESI regrette cependant que "le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche ne se soit pas impliqué à cette occasion alors que la co-tutelle par les deux ministères est effective depuis juillet 2013. Ils sont très frileux sur de futurs changement de la formation des infirmiers et des paramédicaux en général ", note Karina Durand.

Un compromis mi-figue mi-raisin

La FHP souligne " les avancées obtenues ", notamment un accompagnement des cliniques à l'offre de soins. Les cliniques pourront ainsi bénéficier de certains fonds comme les MIGAC (Missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation) ou FIR (Fonds d'intervention régionaux).

La Fédération espère que ces montants viendront compenser le manque à gagner lié à la récupération par le ministère de la Santé du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) qui leur avait été octroyé. Un tour de passe-passe qui avait mis le feu aux poudres : le gouvernement donnait ainsi d'une main pour reprendre de l'autre.

Sur ce point, et c'était pourtant un point clé dans la discorde, Marisol Touraine campe sur ses positions et la FHP a déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Pour le ministère, il s'agit d'éviter une distorsion de la concurrence, le public ne bénéficiant pas de ce crédit d'impôt. Pour la FHP, les cliniques doivent en bénéficier " comme toute entreprise ".

Deuxième avancée : l'ouverture du programme de simplification normative qui abordera plusieurs thématiques : autorisations, coopération, innovation, normes de moyens, certification,.. La FHP espère faire quelques économies  grâce à une plus grande souplesse dans ses rapports avec les autorités de tutelle.

Elle réclame aussi une souplesse au niveau de la réglementation; par exemple sur le nombre d'infirmiers par lits... " Nous voudrions pouvoir affecter les postes plus en fonction des besoins, en enlever parfois le week-end quand il y a moins de patients pour en remettre en semaine ", indique Lamine Gharbi, président de la FHP MCO.  Les négociations ne font que commencer !

Cyrienne Clerc

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Réactions

3 réponses pour “Etudiants infirmiers : fin de la prise d’otages !”

  1. Alexis Gab dit :

    Félicitations aux ESI. Mais vers quelles conditions de travail allons-nous avec cette liberté du nombre d’infirmiers par poste ?!

  2. Félicitations pour la mobilisation

  3. J’aime et j’aime pas.
    Plus de souplesse sur le nbr d’infirmier par poste? Ils ne se gênent déjà pas pour le faire!

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