Infirmière dans un aéroport, c’est comment ?

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 61 millions de personnes en moyenne circulent annuellement dans l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Des visiteurs qui ne sont pas à l’abri d’avoir un problème de santé. Pour les prendre en charge, le Service médical d’urgence et soins (SMU) de l’Aéroport de Paris Charles de Gaulle (ADP-CDG), créé en 1974 et implantée dans les lieux, dispose d’une équipe médicale qui assure une veille sanitaire 24h/24h, 365 jours par an.

Infirmière dans un aéroport, c'est comment ?

Dr Philippe Bargain et Catherine Boulanger, au service médical d'urgence et soins de l'aéroport Roissy - Charles de Gaulle | © Laure Martin

L’aéroport Charles de Gaulle recoupe une concentration de personnes aux activités multiples et diverses – compagnies aériennes, services, entreprises, commerces, administrations.

S’ajoutent les milliers de voyageurs qui circulent quotidiennement dans les lieux. Tous présentent un taux incompressible d’incidents et d’accidents médicaux.

Pour les prendre en charge, une équipe composée de deux médecins, trois infirmières et de deux conducteurs ambulanciers assure des gardes de 24 heures.

Le SMU regroupe au total 14 médecins, 12 infirmières de soins, 6 coordonnateurs médicaux, 12 conducteurs ambulanciers et deux secrétaires. « Je suis infirmière pour l’ADP depuis 25 ans », raconte Catherine Boulanger qui précise avoir découvert ce poste complètement par hasard. « A la fin de mes études, j’ai travaillé dans un service de chirurgie, mais cela ne me plaisait pas particulièrement. »

Son oncle, qui travaillait à l’aéroport CdG, lui a parlé du SMU où elle a commencé par faire des vacations avant d’être embauchée en CDI en 1985. « J’aime la diversité du travail au sein de l’aéroport, le fait d’arriver le matin sans savoir ce qui m’attend et prendre en charge des patients du début à la fin », rapporte-t-elle.

En effet, lorsque les patients sont des passagers, l’équipe se renseigne sur le vol qu’ils allaient prendre, contacte la compagnie aérienne pour la prévenir, voit comment leur trouver un hôtel pour la nuit. « Nous essayons vraiment de les aider en leur offrant une prise en charge globale », témoigne l’infirmière. 55 % des personnes soignées au sein du SMU sont des employés de l’aéroport, 35 % des passagers et 10 % des visiteurs, notamment des habitants des alentours.

Des missions variées

Le SMU doit remplir six missions qui lui sont confiées par la direction générale de l’ADP. Le personnel doit apporter la réponse adaptée à la demande d’aide médicale individuelle, urgente ou non, réelle ou ressentie, formulée par le flux hétérogène des usagers de l’aéroport. « Nous pouvons prendre en charge des membres du personnel de l’aéroport qui ont eu un accident du travail, des petites blessures, des foulures ou encore de délivrer des traitements que les voyageurs ont oublié avant de partir en voyage », explique le Dr Philippe Bargain, chef du SMU.

Le service doit aussi transmettre l’alerte fiable aux services médicaux extérieurs et faciliter leur entrée en lice. « Nous pratiquons également les vaccinations contre la fièvre jaune et la méningite pour les pèlerins qui partent à la Mecque », rapporte l’infirmière.

La structure assure par ailleurs les consultations de médecine du voyage et l’hébergement médical temporaire des passagers rapatriés sanitaires. Elle apporte son appui médical aux services d’Etat implantés sur le site pour l’accueil et le soutien aux réfugiés, les premiers examens cliniques des passagers soupçonnés d’être porteurs de maladies transmissibles en cas d’alerte épidémiologique, des passagers non admis sur le territoire européen ou soupçonnés de trafic in corpore de stupéfiants, des personnes gardés à vue lors d’affaires judiciaires. Enfin, le SMU sert de stage extra-hospitalier aux étudiants en IFSI.

 Formations

« Nous bénéficions d’une formation en médecine de catastrophe afin de savoir comment gérer les accidents d’avions, les prises d’otages ou les attentats, explique Catherine Boulanger. Nous apprenons à faire le tri parmi les blessés, à travailler avec les autres organisations comme les pompiers, les policiers, les gendarmes. Mais ce type de prises en charge reste relativement rare. »

Au quotidien, l’équipe soigne des personnes qui ne parlent pas toujours français. « Personnellement, je me débrouille en anglais et en allemand, rapporte l’infirmière. Pour les autres langues, je fais appelle aux hôtesses de l’air qui nous aident pour traduire nos propos et ceux des patients. »

Le personnel du SMU, tout comme ceux de l’ADP, ont pu bénéficier d’une journée porte ouverte - Université des services - afin d’être sensibilisés aux autres cultures du monde et savoir comment s’adresser aux patients étrangers.

Laure Martin

Le SMU en quelques chiffres

40 000 passages par an

20 000 consultations de médecine générale dont

-          160 urgences réelles qui justifient une sortie par le SMUR

-          573 sorties du service en ambulance légère

-          20 décès

20 000 consultations liées à des vaccinations, des soins infirmiers et de l’hébergement médical

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Réactions

7 réponses pour “Infirmière dans un aéroport, c’est comment ?”

  1. Anonyme dit :

    (Et je ne parle pas de l’accueil des douaniers français..)

  2. Anonyme dit :

    Pour avoir un peu voyagé, Roissy me fait un peu honte..Un de plus moche aéroport que je connaisse..

  3. Jean-Philippe dit :

    Ca a l’air génial comme job ! J’aimerais bien bosser dans un truc comme ça

  4. Lilly dit :

    mettez vos expériences c est très intéressant!

  5. Benisab dit :

    J’y ai fait un stage en tant qu’etudiante en aout 2008 c’est super un mini hopital dans l’aeroport avc un SMU qui se deplace sur les pistes pour aller directement aupres des malades genial et une equipe superbe

  6. Adeline dit :

    pendant les périodes de pandémies (genre Sras…), ils ne doivent pas chomer .

  7. Adeline dit :

    pendant les périodes de pandémies (genre Sras…), ils ne doivent pas chomer .

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