Devenir infirmier militaire

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3 125 infirmiers soignants et spécialisés sont engagés au sein des forces armées. Un choix qui leur permet d’exercer leur métier différemment.

Infirmière militaire - © DR

Pour devenir infirmier militaire, il existe deux filières de recrutement. Tout d’abord, le service de santé des armées embauche des infirmiers déjà titulaires du Diplôme d’Etat (DE), mais les candidats doivent néanmoins passer une visite médicale.

Ils bénéficient ensuite d’une formation initiale afin de s’adapter à l’institution militaire et sont soumis à une période probatoire de six mois. Pour exercer au sein des forces armées, l’infirmier doit s’engager pour une période minimum de trois à cinq ans.

Par ailleurs, toute personne titulaire d’un baccalauréat peut décider de s’engager dans l’armée et se former au métier d’infirmier au sein de l’Ecole du personnel paramédical des armées (EPPA). Mais le candidat doit tout d’abord choisir son armée d’appartenance – air, terre, marine. Ensuite, pour intégrer l’EPPA, il est soumis aux mêmes épreuves d’admissibilité que les candidats qui passent, dans le civil, le concours des Ifsi.

S’il est reçu au concours, il suit dans un premier temps une formation de six à huit mois à l’école des sous officiers de son armée d’appartenance, avant d’intégrer l’EPPA. La formation au DE est strictement identique à celle des Ifsi ; le diplôme délivré par l’armée est donc valable dans le civil.

Cependant, l’étudiant reçoit une formation institutionnelle et militaire complémentaire, adaptée à la pratique en milieu militaire notamment sur l’organisation et le soutien des forces. « Nous suivons également des modules de médecine de catastrophe sur la prise en charge des blessés de guerre », souligne Franck Dousset, infirmier de bloc opératoire à l'hôpital d'instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé. « L’objectif de ces enseignements est de développer l’adaptation du candidat à son futur métier militaire », rapporte Corinne Armero, directrice des études de l’EPPA à Toulon.

Les étudiants  infirmiers de l’EPPA ne paient pas leur formation et sont rémunérés pendant toute la durée de leurs études. En contrepartie, ils doivent s’engager pour le double de la durée de leurs études, soit six ans.

Des lieux d’exercice variés

Les infirmiers déjà titulaires d’un DE qui s’engagent dans l’armée travaillent au sein de l’un des neuf hôpitaux militaires répartis sur l’ensemble du territoire, et soignent aussi bien des militaires que des civils. Alors que les infirmiers militaires issus de l’EPPA exercent au sein d’un Centre médical des armées (CMA). « Nous faisons beaucoup de médecine du travail afin de contrôler l’aptitude à l’emploi des militaires », raconte Jean-François Bariou, infirmier au CMA de Lanvéoc-Poulmic (Finistère). Parmi les autres activités : les soins courants, la médecine préventive et l'éducation sanitaire, qui contribuent au maintien de la capacité opérationnelle de chaque combattant.

Enfin, les infirmiers hospitaliers tout comme les infirmiers des CMA peuvent partir en opérations extérieures. L’hospitalier est envoyé dans un hôpital militaire, comme celui de Kaboul ou le centre médico-chirurgical français au Tchad. Quant aux infirmiers des CMA, ils sont projetés au sein d’un poste médical. En opération extérieure, l’infirmier militaire se retrouve en zone de conflit et fait avant tout du soutien aux forces.

"Notre rôle secondaire est l’assistance à la population, notamment pour faciliter l’intégration de l’élément français sur le territoire », explique Franck Dousset. Ils effectuent aussi des missions techniques de soins, de prévention et d’éducation à la santé des militaires afin de veiller à ce que ces derniers prennent par exemple leur traitement prophylactique contre le paludisme.

Évolution de carrière

Si le contexte d’emploi des deux types d’infirmiers militaires sont différents, ils sont cependant titulaires d’un statut commun à l’ensemble des professions paramédicales : Militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées (MITHA). Ce statut est donné d’office aux infirmiers recrutés sur titre alors que les étudiants de l’EPPA l’acquièrent une fois titulaires de leur diplôme. Ce statut est adossé à celui de la fonction publique hospitalière et leur permet de bénéficier des mêmes échelons tarifaires. Ils sont alors infirmiers assimilés sous-officiers ou officiers pour les cadres de santé.

Les infirmiers militaires ont également des possibilités d’évolution de carrière. Après un temps d’expérience suffisant, ils peuvent prétendre à des formations spécialisantes pour devenir infirmier anesthésiste, de bloc opératoire ou faire l’école des cadres.

Laure Martin

Réactions

19 réponses pour “Devenir infirmier militaire”

  1. Sabrina Anna dit :

    ayant du quitter le service il y a un mois …pour quelqu’un qui veut bouger et qui le peut c’est une superbe expérience

  2. Cathy Sabau dit :

    une petite pensée pour toi Debo…. gros bisous

  3. Heïdi Bourgoin dit :

    bonsoir, j’aimerais prendre contact avec des infirmiers militaires sortant de toulon si possible ? si quelqu’un peut me rendre se service, ce serait top !
    merci par avance, bonne continuation

  4. scalpel dit :

    Très bon article qui présente une vision complète de ce mode d’exercice moins connu.
    Hommage à notre collègue mort au combat il y a quelques mois.
    Soigner pour mourir et non mourir pour soigner.

    • mac97000 dit :

      Je ne partage pas du tout cet avis …

      L’article est très généraliste au contraire et ne retrace que ce qui peut être lu un peu partout quand le sujet est évoqué …

      Pour avoir été infirmier militaire pendant 5 ans, je peux vous garantir qu’il contient nombres d’erreurs qui ne permettent absolument pas de se faire une idée fiable de la réalité.

  5. Tahiamateoa dit :

    J’aimerais savoir pour l’année 2011 comment se passe les concours d’entrée à l’ENSOA et par la suite les concours d’entrée à Toulon pour le DE d’infirmière militaire.
    Est ce que qqun peut me renseigner???
    Merci

  6. mac97000 dit :

    Bonjour,
    DE civil en 1998, j’ai souscrit un contrat de 5 ans dans l’armée de terre.
    Après une formation initiale de plusieurs mois à l’ENSOA, j’ai intégré un régiment ou mon rôle était autant celui d’un sergent (contraintes et obligations militaires) que celui d’un infirmier (astreintes, services … etc …).
    Si mes 5 ans ont constitués mes meilleurs souvenirs professionnels, ils reflètent aussi ce que j’ai connu de pire (supérieur frustré et n’hésitant pas à s’adonner au harcèlement pour avoir gain de cause … les pires bassesses que l’Armée peut couvrir sous couvert du grade d’incompétent possédant de l’ancienneté …).

    J’encourage vivement les futures recrues à ne pas faire les mêmes erreurs que moi:

    - comparer les différentes Armée (Terre, Air, Marine) avant de s’engager
    - Essayer d’obtenir de vrais renseignements preuves écrites à l’appui
    - Ne pas faire confiance à des recruteurs qui pour la plupart ne connaissent rien au service de santé
    - prendre des renseignements sur les côtés “militaires”

    Loin de moi l’envie de décourager quiconque mais de bien s’engager en connaissance de cause vous en prendrez pour 5 ans incompressible!!!

    Si le bilan de mes 5 ans reste globalement positif, il n’aurait pas fallu grand chose pour que je vive 5 ans d’enfer et ca s’est joué à pas grand chose.

    Une simple recherche sur google avec mon pseudo vous permettra facilement de trouver mes coordonnées si vous souhaitez que l’on évoque le sujet plus en profondeur.

    Attention, je rappel que je ne suis pas passé par l’EPPA de Toulon, je ne peux donc pas émettre d’avis fondé sur cet établissement.

    • yuuki62 dit :

      Bonjour, mac97000
      je viens de voir ton message si je comprend bien tu n’a pas été mis en HIA malgré ton DE civil donc c’est possible de rentrer dans un régiment au lieu d’être en HIA?
      je m’explique je suis actuellement en 2ème année DE civil infirmière mais je viens de me décider “trop tardivement” sur mon choix de carrière ce que j’aimerais être c’est infirmière plongeur hyperbariste et pour ainsi dire je dois être certifié commando marine en étant passé par les fusiliers marins avant cependant quand je suis allée au CIRFA marine de Lille on m’a dit que je ne pourrais pas intégrer l’amrée mais seulemnt travailer en tant que civil dans un HIA j’étais dégoutée sur le coup ils m’ont dis d’abandonner mes études et de refaire le concours mais arriver presque à therme je comptais plus terminer mon DE civil et ensuite si c’est possible refaire le concours infirmier et le DE mais à Toulon (ca ne me dérange pas de refaire 3 ans sur le même diplome si il me faut cela pour arriver à mon but) si je n’arrête pas maintenant c’est parce que j’ai un cousin qui a voulu s’engager comme moi qui a abandonné ses études et au final l’armée ne l’a pas pris pour un problème de perforation dans les tympans et donc aujourd’hui il se retrouve sans rien autrement dit, si j’ai mon DE civil j’aurais une roue de secours que si j’arrête maintenant je perd tout en cas de souci!
      merci d’avance pour le(s) réponse(s) j’espère avoir un éclaircissement vis à vis de cela

      • mac97000 dit :

        Salut,

        c’est clair qu’en centre de recrutement il n’y connaisse absolument rien en “recrutement santé” …

        L’armée manque cruellement de certaines spécialités et ils payent très cher des jeunes qui n’arriveront pas toujours au DE!

        Un civil qui arrive avec le DE en poche est donc une énorme économie pour eux et c’est tout bénéf.

        Je ne connais pas la spécialité hyperbariste précisément, si j’en crois tes explications, je pense qu’il faut voir pour un recrutement marine. (Armée de Terre dans mon cas)

        Il te faudra peut être faire une formation initiale sous officier ou un équivalent mais rien ne prédis que tu pourras accéder par la suite à une Unité en particulier ou à une spécialité (même et surtout si on te le promets avant ton recrutement).

        Je pense qu’il faut creuser du côté des recrutements sous officier de marine.

        N’hésite pas à m’informer de tes démarches que je suivrais avec plaisir ;-)

        • yuuki62 dit :

          l’hyperbarie concerne tout les accidents de plongée sous marine, déminage, secours aux sous mariniers et missions commandos
          cette spécialité est très difficile à acquérir c’est normal vu les responsabilités énorme qui en découlent et encore plus énorme pour moi étant donné que je suis une femme bien que sportive je suis loin d’avoir les mêmes capacités d’un homme
          donc oui c’est dans la marine je suis dans la PMM cette année et après je comptais rejoindre la réserve des fusiliers marins et je suis déjà plongeuse sous marin ce qui me donne un avantage
          cependant je ne pense pas pouvoir faire une formation initiale après le DE pour les sous officiers je veux la faire mais les recruteurs m’ont dit que ce n’était pas possible car selon eux je serais trop formée pour entrer dans l’armée
          j’ai discuté avec mon oncle qui est commandant de base et lui me dit l’inverse donc c’est à n’y rien comprendre
          je me demande si je devrais pas directement téléphoner au service de santé des armées pour avoir des informations :/

          • mac97000 dit :

            Merci pour la définition de l’hyperbariste que je connaissais, c’est plus le côté recrutement et déroulement de carrière dans la marine que je ne connais pas du tout …

            Effectivement les recruteurs sont plus habitués a recevoir des jeunes adolescents post-puberts qui ont vus de la lumière et savent à peine écrire leur nom … dès qu’ils voient apparaitre plus d’un diplôme ils sont perdus (encore plus dans le domaine de la Santé).

            Pour la Direction Santé (DCSSA) je n’ai jamais eu de contact avec eux mais de ce que j’en ai eu comme écho ce ne sont pas non plus les meilleurs interlocuteurs :(

            Selon moi il te faudrait trouver un hyperbariste ou mieux le médecin chef d’une unité hyperbare qui pourrait t’aiguiller …

            En interne, ET si tu tombes sur le bon, tu devrais pouvoir trouver ton bonheur et remonter les interlocuteurs qui auront du poids et des connaissances.

            En 5 ans d’Armée de Terre je n’ai croisé ce genre de personne qu’une seule fois !!!!!!!!!!

            En général, ces médecins chefs n’ont pas le pouvoir de décision mais savent vers qui t’orienter pour avoir des informations fiables.

            Ceux que je côtoyais à l’époque étaient accessible sur simple RDV

  7. Tahiamateoa dit :

    Salut mac97000, merci d’avoir répondu.
    Cependant je pense que tu as raison car beaucoup de monde chez moi me dise que le CIRFA raconte pas mal de chalala juste pour recruter sans se préoccupé vraiment de la vie réelle passée au sein de l’armée. Comment pense tu que je peux obtenir de plus amples informations pour que je puisse valider ou non mon choix début octobre.
    Merci et bnne journée

  8. Manu (mac97000) dit :

    Je pense qu’il faut surtout différencier les deux activités infirmier et militaire.

    L’infirmier est avant tout un “coupe chiasse” très péjoratif et très rabaissant dans 99% de son temps de service quand il revêt sa casquette de militaire.
    Souvent “simple sergent” pendant ses premières années il est le larbin de tout le monde tant qu’il n’enfile pas sa casquette de “professionnel de la santé”.

    Les inconvénients et les charges militaires sont donc très lourdes à porter.

    C’est un choix qu’il faut faire et assumer…
    L’infirmier qu’il soit DE ou qu’il passe par l’EPPA est très souvent un “direct”.
    Comprendre qu’il n’est pas passez “par le rang” et donc sera souvent remis dans la case des “directs” à la première occasion …
    Dans tous les cas, l’infirmier aura toujours tord dans sa composante militaire et aura rarement le dernier mot dans sa capacité technique (en fonction du niveau de débilité de ses collègues et supérieurs).
    Il faut le savoir avant, c’est particulièrement indigeste une fois qu’on est dans le bain.
    Votre capacité d’intégration et/ou de soumission devra être à toute épreuve.

    Après ce tableau noir, je préfère rappeler que j’ai passer 5 années grandioses, années pendant lesquelles je n’ai pas toujours eu à traiter avec des supérieurs ou des collègues imbuvables.

    Mes 2 dernières années ont été cauchemardesque (j’ai été jusqu’à envisager le dépôt de plainte et ou l’exécution de l’un de mes supérieur …).

    Tout a basculé en quelques heures au moment de la “publication du tableau” de 2002, c’est dire si le côté militaire est dominant dans le déroulement de votre contrat.

    Sans ce changement radical dans mes conditions de travail j’aurais certainement tout fait pour prolonger mon contrat.

    Le climat de mes 2 dernières années aurait très bien pu être le climat de mes 5 ans de contrat et cela ne tient pas à grand chose.
    Tout comme l’ambiance de travail peut être détestable dans une équipe de travail, il peut l’être dans l’armée.
    Votre grade et votre situation militaire vous interdisant et vous enlevant toute capacité de défense face à des supérieurs haineux …
    Je tiens à préciser que j’ai garder d’excellent contact avec certains anciens collègues (infirmiers, homme du rang, militaires …) et que si il fallait resigner, je serais certainement près à le faire mais en épluchant de très près certaines choses.

    Après ce passage sur mon vécu, le plus important est de bien choisir son arme (terre, air, marine) de se renseigner sur tout les côtés négatifs les plus compromettant.
    Tour de garde, astreinte, conditions de vie des directs, conditions de vie des sergents (ou grade équivalent) … partir du principe qu’il n’y aura aucune évolution de carrière pendant le premier contrat (suffit d’une personne pour bloquer le système).

    Sachant que tout est différent d’une arme à une autre et d’un régiment à un autre, cela ne tient parfois pas à grand chose.
    Une fois que l’on a fait le tableau le plus noir, on se demande si on sera capable d’accepter qu’un supérieur ou qu’un collègue plus ancien de quelques années nous pourrisse l’existence 24h/24, 7j/7 pendant des périodes pouvant aller jusqu’à 3 mois consécutifs.
    Si on est capable de supporter en se disant que les 9 autres mois de l’année seront d’une douceur incomparable au vue de ces périodes noires, alors on doit être en mesure de s’engager pour 5 ans en espérant que tout se passera pour le mieux.
    C’est sincèrement une expérience très enrichissante à vivre mais qui peuvent détruire une vie.
    Même si je n’ai jamais fait de prison, je compare souvent mes années d’armée comme un séjour en quartier de haute sécurité ou vous perdez toute humanité et tout dignité. Heureusement pour moi ca c’est passé sur mes 2 dernières années et j’avais mes 3 premières pour me souvenir que ca ne pouvait pas toujours être aussi noir. Ainsi qu’une famille et de supers copains, parfois collègues pour me rappeler que le ciel noir n’était qu’au dessus de ma tête.
    (un supérieur nouvellement arrivé m’a pris en grippe en 2002 … un collègue jouait dans son jeu pour se faire mousser autant que pour exister lui même. Quand l’un n’était pas la, le roulement de travail faisait que l’autre était présent …)

    • aline dit :

      merci beaucoup pour tout ces renseigenements j’espère pouvoir prendre contact. c’est vraiment très complet tout vos renseignement

  9. gogo dit :

    MITHA pendant 6 années, j’ai vaiment beaucoup appris à l’armée. De plus les HIA recoivent un publics variés dont beaucoup de civil. Le point de la hierarchie est le meme que dasn une structure civile. Par contre, j’ai quitté car les possibilités d’évolution sont faibles et longues. A tous ceux qui veulent tenter, faites le (le primo contrat est souvent de 3 ans).

  10. Next 29 dit :

    Bonjour à tous, je suis actuellement OSC bientot un an de service (contrat initial de 4 ans), et je me demandais si j’avais la possibilité de passer ce concours et sous quelles conditions? Merci par avance de vos réponses?

    • Liliane dit :

      Bonjour,
      à mon avis poser la question sur Actusoins Experts est la meilleure option pour avoir des réponses… d’experts ou de professionnels aguerris !
      Bonne chance

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