Identification du patient : la sécurité en question

L’identito-vigilance est devenue une des priorités du secteur hospitalier car elle contribue à sécuriser la prise en charge du patient. Des mesures pour s’assurer de la bonne du patient sont mises en place dans les établissements de santé, mais celles-ci se heurtent parfois aux réticences des professionnels de santé.


Identification du patient : la sécurité en questionDepuis le 1er janvier 2010, les établissements de santé ont l’obligation d’utiliser une check-list de sécurité du patient dans les services de chirurgie. Elle reprend 10 points à vérifier systématiquement, dont l’identité complète du patient, par l’ensemble des acteurs présents (chirurgiens, anesthésistes et personnels soignants) aux trois points cruciaux d’une intervention : avant l’anesthésie, avant et après l’opération proprement dite. Mais elle est surtout l’illustration d’une tendance actuelle dans le secteur médical d’amélioration et de contrôle de la sécurité des patients.

La bonne identification d’un patient peut être mise à mal par plusieurs facteurs et ainsi altérer la qualité et la sécurité des soins. Parmi ceux-ci, nous avons le manque de personnel, comme le constate Anne Tissier, cadre supérieure de santé au service des urgences de l’hôpital Cochin de l’AP-HP : « Dans notre service, une seule personne travaille à l’accueil et nous n’avons pas les moyens d’affecter un personnel administratif de plus à l’accueil. Du coup, nous devons nous appuyer aussi sur des bénévoles ». Le manque de moyens humains peut déboucher sur des conséquences fâcheuses, comme le confirme Cécile Gavillot, au service d’urologie à l’hôpital Cochin de l’AP-HP : « Il est déjà arrivé que des analyses d’une personne soient attribuées à une autre à cause du manque d’attention dû à l’urgence ou à la quantité de travail trop importante ». En outre, la multiplicité des intervenants lors d’une prise en charge, le turn-over du personnel soignant et les possibles changements de chambre des patients constituent tout autant de risques supplémentaires d’une mauvaise identification d’un patient.

Des mesures parfois difficiles à mettre en place

Pour limiter le risque de mauvaise identification lors de la prise en charge, certains hôpitaux ont instauré des mesures. Par exemple, le service des urgences de l’hôpital Cochin a mis en place un guide de recommandation de bonnes pratiques, dont un volet détaille la procédure exacte à suivre pour obtenir une bonne identification à l’accueil : quelles informations à demander pour la constitution d’un dossier, comment les corroborer… En outre, des formations sur l’identito-vigilance ont été mises en place pour les nouveaux arrivants dans ce service des urgences.

D’autres établissements s’appuient sur les bracelets d’identification, notamment utilisés pour les personnes incohérentes ou confuses : c’est le cas de l’hôpital Bichat qui recommande le port de ces bracelets pour tous ses patients depuis 2002, même ceux aptes à décliner leur identité. Grâce à des campagnes de sensibilisations sur son utilité auprès des patients, le taux de port s’élève à environ 75%. Mais si les usagers sont plutôt favorables à cette pratique, les professionnels de santé sont par contre plus réticents à cette démarche, comme le regrette Bertrand Le Corre, cadre infirmier et gestionnaire des risques à la direction de la qualité de l’hôpital Bichat : « Certains professionnels de santé ne sont pas forcément convaincus de l’utilité ou la nécessité du port du ». En outre, des soignants de l’hôpital Saint-Louis ont soulevé en 2008 un débat concernant le port de ces bracelets. Selon eux, cela contribue à déshumaniser les patients capables de communiquer leur identité, mettant à mal la relation patient-soignant. « Je pense qu’on se trompe de débat, car le patient capable de communiquer peut ne plus l’être à cause d’un malaise » estime Sandrine, infirmière au service de cardiologie à l’hôpital Cochin. « Dans ce cas, il faudrait aussi se demander jusqu’à quel point le patient et l’hôpital sont responsables s’il y a une médicale suite à une mauvaise identification », ajoute-elle.

Preuve que l’identito-vigilance est au cœur des préoccupations dans le domaine de la santé, elle vient d’être intégrée parmi les 13 pratiques exigibles prioritaires réclamées dans la version 2010 du manuel de certification de la Haute Autorité de Santé. Des mesures importantes concernant l’identification du patient devraient donc prochainement prises par les établissements de santé. Reste à savoir si elles seront bien acceptées par les patients et les professionnels de santé…

Dinhill On

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L’identito-vigilance est devenue une des priorités du secteur hospitalier car elle contribue à sécuriser la prise en charge du patient. Des mesures pour s’assurer de la bonne identification du patient sont mises en place dans les établissements de santé, mais celles-ci se heurtent parfois aux réticences des professionnels de santé.

Depuis le 1er janvier 2010, les établissements de santé ont l’obligation d’utiliser une check-list de sécurité du patient dans les services de chirurgie. Elle reprend 10 points à vérifier systématiquement, dont l’identité complète du patient, par l’ensemble des acteurs présents (chirurgiens, anesthésistes et personnels soignants) aux trois points cruciaux d’une intervention : avant l’anesthésie, avant et après l’opération proprement dite. Mais elle est surtout l’illustration d’une tendance actuelle dans le secteur médical d’amélioration et de contrôle de la sécurité des patients.

La bonne identification d’un patient peut être mise à mal par plusieurs facteurs et ainsi altérer la qualité et la sécurité des soins. Parmi ceux-ci, nous avons le manque de personnel, comme le constate Anne Tissier, cadre supérieure de santé au service des urgences de l’hôpital Cochin de l’AP-HP : « Dans notre service, une seule personne travaille à l’accueil et nous n’avons pas les moyens d’affecter un personnel administratif de plus à l’accueil. Du coup, nous devons nous appuyer aussi sur des bénévoles ». Le manque de moyens humains peut déboucher sur des conséquences fâcheuses, comme le confirme Cécile Gavillot, infirmière au service d’urologie à l’hôpital Cochin de l’AP-HP : « Il est déjà arrivé que des analyses d’une personne soient attribuées à une autre à cause du manque d’attention dû à l’urgence ou à la quantité de travail trop importante ». En outre, la multiplicité des intervenants lors d’une prise en charge, le turn-over du personnel soignant et les possibles changements de chambre des patients constituent tout autant de risques supplémentaires d’une mauvaise identification d’un patient.

Des mesures parfois difficiles à mettre en place

Pour limiter le risque de mauvaise identification lors de la prise en charge, certains hôpitaux ont instauré des mesures. Par exemple, le service des urgences de l’hôpital Cochin a mis en place un guide de recommandation de bonnes pratiques, dont un volet détaille la procédure exacte à suivre pour obtenir une bonne identification à l’accueil : quelles informations à demander pour la constitution d’un dossier, comment les corroborer… En outre, des formations sur l’identito-vigilance ont été mises en place pour les nouveaux arrivants dans ce service des urgences.

D’autres établissements s’appuient sur les bracelets d’identification, notamment utilisés pour les personnes incohérentes ou confuses : c’est le cas de l’hôpital Bichat qui recommande le port de ces bracelets pour tous ses patients depuis 2002, même ceux aptes à décliner leur identité. Grâce à des campagnes de sensibilisations sur son utilité auprès des patients, le taux de port s’élève à environ 75%. Mais si les usagers sont plutôt favorables à cette pratique, les professionnels de santé sont par contre plus réticents à cette démarche, comme le regrette Bertrand Le Corre, cadre infirmier et gestionnaire des risques à la direction de la qualité de l’hôpital Bichat : « Certains professionnels de santé ne sont pas forcément convaincus de l’utilité ou la nécessité du port du bracelet ». En outre, des soignants de l’hôpital Saint-Louis ont soulevé en 2008 un débat concernant le port de ces bracelets. Selon eux, cela contribue à déshumaniser les patients capables de communiquer leur identité, mettant à mal la relation patient-soignant. « Je pense qu’on se trompe de débat, car le patient capable de communiquer peut ne plus l’être à cause d’un malaise » estime Sandrine, infirmière au service de cardiologie à l’hôpital Cochin. « Dans ce cas, il faudrait aussi se demander jusqu’à quel point le patient et l’hôpital sont responsables s’il y a une erreur médicale suite à une mauvaise identification », ajoute-elle.

Preuve que l’identito-vigilance est au cœur des préoccupations dans le domaine de la santé, elle vient d’être intégrée parmi les 13 pratiques exigibles prioritaires réclamées dans la version 2010 du manuel de certification de la Haute Autorité de Santé. Des mesures importantes concernant l’identification du patient devraient donc prochainement prises par les établissements de santé. Reste à savoir si elles seront bien acceptées par les patients et les professionnels de santé…

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Réactions

2 réponses pour “Identification du patient : la sécurité en question”

  1. scalpel dit :

    Merci pour l’article.
    Espérons que le Dossier Patient Informatisé saura aider les soignants à mieux sécuriser leurs tâches qui se font dans la plupart du temps dans l’urgence et le stress. Et peut-être que la clé est là, finalement.

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