Sofia : une plateforme collaborative et de savoir pour les infirmiers anesthésistes

La SOFIA est la Société française des infirmier(e)s anesthésistes. Proposée depuis le 1er novembre 2006, elle a publié ses statuts en Août dernier. 

Sofia : une plateforme collaborative et de savoir pour les IADE infirmiers anesthésistes« Depuis la création du site en novembre 2006, il y a 12 ans, nous comptabilisons 2,8 millions de vues, et entre 800 et 1000 quotidiennes. Par rapport à notre profession, qui compte environ 10300 IADE, cela représente environ 10 % de la population qui nous consulte quotidiennement. C’est énorme ».

Arnaud Bassez, 26 ans de métier comme IADE, et deux ans comme infirmier IDE, derrière lui, qui est également formateur en gestes d’urgence, est fier de constater que sa plateforme Sofia (Société Française des Infirmiers Anesthésistes), dont les statuts ont été déposés officiellement en août dernier, est un outil qui est réellement utile à la profession. « Afin de rendre le site plus attractif, j’ai eu l’idée de trouver des rubriques avec une terminologie en « -iade » (Pléïade, Myriade, Iliade…) », échos à sa profession d’infirmier anesthésiste.

Sur le site, les rubriques qui ont le plus de succès sont clairement celles appelée Olympiade (sur l’anesthésie-réanimation) à 48,5 % et Triade (abordant tout le corpus juridique) à 23 %. Pas d’étonnement de la part d’Arnaud Bassez, puisque « nous exerçons un métier à risque, rappelle-t-il. Il n’est pas étonnant que les IADE consultent beaucoup cette rubrique. Pour beaucoup, nous avons des assurances professionnelles, mais il peut arriver que notre employeur, censé nous couvrir, se retourne contre nous. »

Rendre la profession indispensable et encore plus qualitative

Pour lui comme pour les sept membres du bureau, la Sofia doit remplir une mission majeure : permettre d’« échapper à l’ingérence’’ majeure des MAR dans notre profession » et réaffirmer l’expertise, les compétences et l’exclusivité d’exercice des IADE. Ainsi, la Sofia va prochainement mettre à disposition des lecteurs des « référentiels, des guides de bonnes pratiques, en somme tout ce qui touche à notre profession, ce qui permet de mettre en avant la profession dans sa globalité. »

Les expériences à l’étranger montrent des degrés d’autonomie supérieurs, qui inspirent les membres de la Sofia. « Par exemple, dans 15 Etats des Etats-Unis l’équivalent des infirmiers anesthésistes sont ‘’libérés’’ des médecins anesthésistes, où ils sont  capables de gérer l’anesthésie de A à Z », explique-t-il.

Les projets actuels tournent autour de la création de groupes d’experts, notamment pour les questions de gestion de risques, sur la médecine offshore et militaire, hypnose, voie veineuse type midline... Ces derniers vont travailler sur des référentiels : les experts proposeront de constituer un groupe et vont travailler sur des référentiels. Et si le site comporte de très nombreux articles, c’est qu’aux yeux d’Arnaud Bassez, « écrire, c’est vivre ».

Cette plateforme est donc « une mise en commun pour le bienfait de la profession », d’autant plus nécessaire depuis le décret de mars 2017, qui a modifié les paradigmes. « Notre profession doit veiller à préserver son existence et sa pérennité, et nous devons rester inattaquable sur notre profession. »

C’est une belle ‘’revanche’’ par rapport à une profession d’ « infirmières avant tout, qui ont un bagage de personnes silencieuses, héritières de la tradition des bonnes sœurs, qui ne sont pas habituées à se mettre en avant. Mais il faut que les jeunes puissent profiter de l’expertise des anciens », estime-t-il.

Actuellement, le bureau de huit membres cherche à recruter de nouveaux rédacteurs, qui pourraient devenir des contributeurs, tout en garantissant une grande qualité des experts, car un site « vit par son sang neuf, ce qui permet une transmission dans l’échange. » Il complète : « Avec ce cite, nous voulons favoriser l’excellence par les connaissances ». Mais, hors de question de remplacer un syndicat.

« Avec l’ouverture à l’Europe, il faut rester crédibles »

Avec l’ouverture à l’Europe, Arnaud Bassez évoque le risque de tirer la qualité des soins vers le bas. « Quelle garantie avons-nous qu’une infirmière formée seulement une année, et donc moins formée que nous, ne puisse pas remplir nos missions et prendre notre place. Avec quelle compétence, quelle formation ? Avec l’ouverture à l’Europe, il faut rester crédibles ».

Et pour lui, la seule réponse, c’est la qualité de la formation continue. « Aux Etats-Unis, l’équivalent des IADE ont obligation de repasser tous les 5 ans une certification, ce qui correspond à un contrôle continu des connaissances. Or il est prouvé que la demi-vie des connaissances dure 5 ans. Il faut tirer la profession vers haut. Et la meilleure façon de le faire, c’est de faire de notre profession une profession inattaquable, grâce à la qualité de référentiels ».

Delphine Bauer

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