Elections : la santé à domicile, vue par les différents candidats

Les représentants de cinq candidats à l'élection présidentielle (Emmanuel Macron, Yannick Jadot, Marine Le Pen, François Fillon et Benoît Hamon) se sont montrés favorables au développement de la santé à domicile lors d'un colloque mardi soir, rapporte l'agence de presse médicale APMnews. 

La rencontre était organisée à Paris, par la fédération des prestataires de santé à domicile (Fedespsad), qui a invité les représentants des candidats à s'exprimer sur la santé. 

Mickaël Ehrminger, qui représentait Marine Le Pen (en tant que secrétaire général de son collectif "usagers de la santé"), a été le premier à s'exprimer. 

Le "virage ambulatoire" répond " à des aspirations fortes des patients" : "permettre aux personnes âgées de se maintenir à leur domicile lorsque cela est possible", éviter si possible des hospitalisations, développer des approches innovantes pour les patients chroniques (en particulier dans la télé-santé), a-t-il exposé. 

"Une piste envisagée" par Marine Le Pen est de "développer l'hospitalisation à domicile et la prise en charge à domicile de façon plus globale", a t-il rapporté. Ce point n'est pas cité dans les 144 propositions publiées par la présidente du Front-Nationale, note l' APM. 

Ce développement "ne peut pas se faire sans la recherche clinique", que la candidate compte mieux financer, a noté Mickaël Ehrminger. 

Il a fait part d'autres souhaits de la candidate : faire aboutir la création d'un statut "d'infirmier clinicien" aux compétences élargies (le statut d'infirmier de pratique avancée ayant déjà été voté avec la loi de modernisation de notre système de santé de Marisol Touraine, le décret d'application est en attente, ndlr ActuSoins ), ou encore permettre la vaccination par les pharmaciens. 

Eloge des programmes Prado

Emmanuel Macron était représenté par Jean-Jacques Mourad, professeur de médecine interne à l'hôpital Avicenne de Bobigny (AP-HP). 

Il a vanté les programmes d'accompagnement du retour à domicile (Prado) de l'assurance maladie, en particulier en maternité et chirurgie orthopédique. Il y voit  "la démonstration que l'ambulatoire qui est bien pensé et bien organisé fonctionne tout aussi bien, voire mieux que le tout-hospitalier". 

"En médecine et en chirurgie, il y a des pans entier qui pourraient bénéficier d'un développement des traitements à domicile à partir du moment où l'encadrement est adapté", a t-il assuré, citant des volets plus récents des Prado (BPCO et insuffisance cardiaque) mais aussi la fin de vie. 

Il a apporté des précisions aux annonces faites mardi par l'ex-ministre de l'économie. 

Le plan d'investissement de 5 milliards d'euros dans la santé viserait à "rattraper le retard pris dans plusieurs domaines", à "réformer correctement l'hôpital", à promouvoir "une e-santé efficiente et utile", à "lutter contre les inégalités d'accès aux soins" ou encore à améliorer "l'accompagnement de la dépendance". Il s'agirait aussi d'investir "pour une transparence et une évaluation exigeante de l'ensemble de la chaîne sanitaire, professionnels compris". 

La généticienne Dominique Stoppa-Lyonnet, conseillère santé de François Fillon, s'est un peu écartée dans ses propos du programme mis à jour mardi matin par le candidat Les Républicains. 

L'ancien premier ministre insiste sur la prévention du libre choix du professionnel de santé par le patient, sur la télémédecine (en garantissant une offre de téléconsultation sur tout le territoire à l'horizon 2022) ou encore la mise en place du DMP dossier médical partagé, a t-elle cité. (Le dossier médical partagé a été déployé progressivement par l'Assurance maladie en 2016, il devrait se généraliser en 2017, ndlr). 

"On aurait pu éviter probablement un grand nombre d'hospitalisations dans l'épidémie de grippe si en amont l'organisation des soins avait été meilleure, avec une meilleure permanence des soins, un accompagnement à domicile ou dans les Ehpad, y compris en télésuivi" a-t-elle estimé. 

Attention à l'accompagnement des aidants

Au nom de Yannick Jadot, Marine Tondelier, membre de la direction d'Europe Ecologie-Les-Verts (EELV), a insisté sur la notion de "subsidiarité", afin que les problèmes de santé soient traités si possible au niveau le plus proche du patient. 

Permettre la dialyse à domicile est "un bien énorme" pour le malade et évite les transports coûteux, a-t-elle noté par exemple. 

"Il faut faire en sorte que la qualité des soins soit aussi au rendez-vous quand on est à domicile, où il y a beaucoup moins de contrôles et de normes" a-t-elle assuré (ce point ne figure pas dans le programme du candidat). 

Elle a été la seule intervenante de la rencontre à faire des mises en garde sur certaines prises en charge à domicile. Si certaines mères préfèrent rentrer vite chez elles après un accouchement, d'autres préfèrent rester plus longtemps. De plus, développer les soins à domicile pèse sur les aidants : ces derniers doivent donc être "accompagnés". 

"Benoît Hamon est très favorable au virage ambulatoire" amorcé par l'actuel gouvernement, a assuré le Pr Alfred Spira, épidémiologiste qui le conseille. 

"Il faut permettre que la prise en charge à domicile soit bien articulée avec le système de santé, là ou il est présent mais également là où il est insuffisamment représenté, dans les déserts médicaux" a-t-il observé. 

Le fil directeur du programme de santé de Benoît Hamon, "c'est le bien-être", plutôt que la santé, a t-il commenté. "Quand on sort du système hospitalier, public ou privé et qu'on se retrouve chez soi, contribuer au bien-être (...) repose sur un accompagnement ambulatoire" a-t-il assuré, sans entrer dans les détails. 

Rédaction ActuSoins (source : APMnews, sauf notes de la rédaction)

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