Perturbateurs endocriniens : début d’une campagne de sensibilisation

"Les perturbateurs endocriniens ont envahi notre quotidien". Cette phrase est le titre phare d'une campagne lancée par l'association Alerte-médecins-pesticides, relayée par de nombreux soutiens médicaux et le réseau Environnement-Santé. 

Perturbateurs endocriniens : début d'une campagne de sensibilisation

Et si le PCB, les pesticides, les phtalates et autres perturbateurs endocriniens présents dans de nombreux produits de la vie quotidienne étaient aussi, voire plus dangereux que l'alcool et le tabac? Et s'il fallait absolument prévenir la population des effets toxiques de ces substances, qui seront incontestablement à l'origine des scandales sanitaires de demain?

C'est en tout cas ce que pense un groupe de médecins, qui a décidé de réagir et d'informer la population des dangers liés aux perturbateurs endocriniens.

La cible des perturbateurs endocriniens? Le système hormonal : thyroïde, ovaires, testicules, hypophyse... "Ils libèrent des médiateurs chimiques dans la circulation sanguine pour agir à distance sur certaines fonctions de l'organisme comme la croissance, le métabolisme, le développement sexuel, le développement cérébral, la reproduction..." explique le collectif de médecins. Résultats :  taux d'infertilité, de cancers et de diabète qui explosent,  retards de croissance intra-utérins, puberté précoce, malformations congénitales...

Des sources d'expositions très diverses

"Les hormones naturelles (oestrogènes, testostérone, progéstérone) ou de synthèse qui sont souvent utilisées en thérapeutique (contraception, substitution hormonale, hormonothérapie) entraînent un premier type de risque, en rejoignant les milieux naturels, après avoir été excrétées dans les rejets humains ou animaux" explique l'association.

Selon l'Inserm, plus d'un  millier de produits chimiques comporteraient aussi des perturbateurs endocriniens. Produits de combustion (dioxines, furanes, hydrocarbures aromatiques, polycycliques), produits industriels comme les PCB, domestiques  comme les phtalates ou le bisphénol A, parabènes, perfluorés (traitements anti-taches)...

La liste des effets de ces produits sur l'Homme ne cesserait de s'allonger au fil du temps, sauf lorsqu'il y a eu une réglementation stricte concernant leur utilisation. Ainsi, depuis la substitution du Bisphénol A dans les matières plastiques, le volet du programme national de bio-surveillance montre des niveaux d'imprégnation au Bisphénol A bien plus faible de la population que lors des études menées auparavant en France et à l'étranger.

Protéger les femmes enceintes et leurs bébés, avertir la population aussi...

Pour l'association, et selon des données scientifiques,  la grossesse est considérée comme une "période de vulnérabilité maximale".

"Parce que les jeunes couples sont plus attentifs aux conseils concernant le futir bébé et que les habitudes se prennent tôt" explique aussi l'association.

En pratique, les médecins aposeront donc une affiche dans leur salle d'attente et remettront aux couples qui le désirent deux brochures d'information.

Les infirmiers et infirmières, véritables acteurs  de , peuvent aussi donner des conseils à leurs patients.

Malika Surbled

Lire aussi : Haro sur les perturbateurs endocriniens à l'hôpital

Et en version papier (pour les abonnés), notre dossier consacré au développement durable à l'hôpital (paru dans le n°17 du magazine ActuSoins, Juin/Juillet/Août 2015).

Les réponses et actions simples de l'Association Médecins sans pesticides

  • Il est facile d'utiliser des récipients en verre (plutôt qu'en plastique) et d'éviter les poêles revêtues de téflon.
  • Il est préférable de consommer des aliments frais et bio car 65% des fruits et 30% des légumes contiennent des résidus de pesticides. Manger autrement, en diminuant les rations de viandes, est bon pour la santé et permet d'affecter les économies réalisées aux légumes et aux fruits.
  • Le ministère de la santé danois recommande d'utiliser le moins possible de cosmétiques pendant la grossesse et l'allaitement, de ne pas se teindre les cheveux et de ne pas utiliser de parfum.
  • Ce même ministère recommande de bannir les peintures et les produits vendus en spray et des laver tous les objets, en particulier les vpetements destinés au bébé. Du bois brut, pas de l'aggloméré dans la chambre de bébé!
  • La question des femmes exposées par leur travail est plus délicate : l'appui du médecin traitant ou du médecin du travail peut se révéler nécessaire
  • Les insecticides et herbicides sont à bannir de nos jardins et de nos maisons. Ils seront d'ailleurs strictement interdits à partir de 2019 en France pour l'usage domestique; de même que les produits d'entretien doivent se limiter au strict minimu et progressivement être remplacés par le vinaigre blanc, le bicarbonate de sodium, le savon noir. Eux aussi source d'économie!

 

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

3 réponses pour “Perturbateurs endocriniens : début d’une campagne de sensibilisation”

  1. Betty RiccioloNathalie ZorraSamantha Bambou

Il faut être connecté pour écrire un commentaire Se connecter

retour haut de page
185 rq / 1,524 sec