Les masters de science clinique en soins infirmiers sur la sellette ?

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Depuis cinq ans, deux masters en science clinique en soins infirmiers permettent aux étudiants de poursuivre leur étude dans le domaine des pratiques avancées. Mais des craintes sont exprimées face au comportement des pouvoirs publics qui remettraient en cause les avancées dans ce domaine.

Formation Les masters de science clinique en soins infirmiers sur la sellette ?Il y a quelques semaines, les étudiants en master Science clinique en soins infirmiers de la faculté de Saint Quentin en Yvelines, ont fait circuler une pétition.

Leur crainte ? La disparition de leur master lancé en 2011. D’après les étudiants, « la refonte des intitulés des diplômes proposés par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, dans le cadre du plan quinquennal des universités, n'inclut plus les spécialités des deux masters sciences cliniques en soins infirmiers ». Ils dénoncent alors le grand « risque de voir disparaître ces deux formations universitaires ».

 Modification des intitulés

La Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), s’est immédiatement saisie de la problématique. « Apparemment, il y a eu un amalgame de la part des étudiants », rapporte Karina Durand, présidente de la Fnesi. Et d’expliquer : « Les intitulés des diplômes de licence ont récemment été modifiés pour permettre une plus grande lisibilité pour les étudiants. La démarche est donc la même pour les master. »

Le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) a néanmoins émis un avis défavorable le lundi 27 janvier, à la nomenclature simplifiée des masters qui doit s’appliquer à la rentrée 2015 et qui ferait passer le nombre d'intitulés de master 5 000 à 246.

« Le sujet va très probablement être de nouveau à l’ordre du jour », suppose Karina Durand. Pour la Fnesi, la crainte est ailleurs, notamment parce que dans le domaine infirmier, un métier n’est pas associé à chaque master, « ce qui pourrait jouer sur leur pérennité". 

D’ailleurs, François Couraud, conseiller scientifique et formation au ministère de l'Enseignement supérieur, a déclaré fin novembre, lors des 16e Journées d'études de l'Association nationale des directeurs d'école paramédicale, que concernant les formations à des métiers de pratiques avancées, aucune habilitation ne sera accordée parce que ces métiers ne sont pas encore définis pour l'heure.

Un point qui ne semblait pourtant pas poser problème lors du lancement des masters. Et Karina Durand d’ajouter : « Si la question de la suppression est posée, on s’en saisira. Mais pour l’instant, il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter. »

 Désengagement des pouvoirs publics

Un point de vue qui n’est pas partagé par les responsables desdits masters. Christophe Debout, dans un premier temps, responsable du master co-créé en 2009 entre la faculté d’Aix-Marseille et l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), s’inquiète pour l’avenir des masters infirmiers.

Il est intéressant, selon lui, d’avoir une analyse plus globale de la formation infirmière. « En octobre 2013, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré que la méthode de réingénierie pour la formation initiale, adoptée en 2009, n’avait pas été la bonne, et a évoqué la volonté de créer une licence Santé. »

Février 2014 : aucune nouvelle sur la mise en œuvre de cette licence. Par ailleurs, le même processus d’ingénierie a été adopté pour les formations post-diplômes. « Si nous gardons la même logique, cela voudrait dire que ce processus est également mauvais », souligne Christophe Debout.

A l’heure actuelle, la réingénierie du diplôme des infirmières puéricultrices, des infirmiers de blocs opératoires et des cadres est au point mort. « Quant aux infirmiers anesthésistes, le texte leur attribuant le grade master n’a toujours pas été signé », rappelle-t-il.

Et de mettre en garde : « Les restructurations universitaires, les fusions, et les modifications des intitulés des programmes nous mettent en péril. A l’heure actuelle, l’EHESP souhaite se désengager du master, et nous sommes dans l’incapacité de savoir si l’université Aix-Marseille sera en mesure de mettre en place un M1 dès à la rentrée 2014. »

« Quant aux infirmiers anesthésistes, le texte leur attribuant le grade master n’a toujours pas été signé"

Un avenir qui ne semble pas plus brillant du côté du master de Saint Quentin en Yvelines. « Il y a actuellement une réorganisation du master dans le cadre d’une restructuration universitaire locale, associée, au niveau national, à la modification éventuelle de l’intitulé des masters, énumère Philippe Svandra, co-responsable du diplôme. Ces réorganisations font peser un risque sur la pérennité de ce master. Or, nous souhaitons pouvoir continuer cette formation universitaire et répondre à une demande bien réelle. »

Et de conclure : « Nous espérons que le soutien de la profession pourra faire évoluer positivement ce dossier. »

 Laure Martin 

Pour aller plus loin : formation continue DPC en Sciences Infirmières pour les infirmières et infirmiers libéraux

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Réactions

2 réponses pour “Les masters de science clinique en soins infirmiers sur la sellette ?”

  1. nainfirmier dit :

    Quand j’avance , tu recules, comment veux tu comment veux tu……que je vois la fin du début de l’universitarisation des études d’infirmiers.RIP …

    Ceci n’est je pense que la juste traduction de notre pseudo inclusion universitaire via les IFSI dans un cursus de grade Licence. Il n’y aura “reconnaissance” de notre profession que lorsque nous serons intégrés à la PACES qui est au vu de l’effectif d’étudiant infirmiers à accueillir actuellement impossible à mettre en place.( et malheureusement pas autrement dans notre pays: d’où le dicton : “t’as fais médecine?”)
    Pourquoi ne pas proposer d’inclure notre cursus au même titre que les autres professions paramédicales avec des options en cours de 1 ère année PACES permettant de se tourner vers la profession infirmière avec une 1ère année commune.
    Ceci permettrait:
    1- De favoriser les relations professionnelles et permettre une meilleure compréhension des rôles de chacun entre les différentes professions médicales et paramédicales en créeant au sein des facs de médecine des départements infirmiers.
    2-D’augmenter le niveau pratique et théorique de l’examen clinique infirmier
    2-D’eviter parfois la condescendance et le repli identitaire dont nous faisons face dans les dialogues avec les institutions sanitaires et les institutions en général d’ailleurs dès que le sujet de la profession est abordé.
    4-D’accéder plus facilement à certains DU et de mettre en place des pratiques avancées professionnelles.
    5-De réguler par numérus clausus (ce qui est quasiment le cas déjà) l’accès à notre profession ( qui actuellement se tourne vers une production en masse d’infirmier(e)s dans le seul but de créer une saturation du marché et donc la stagnation des salaires et la précarisation de notre emploi, pour résumé une profession qui connait le chomage se tait !!

    Nous sommes sur un système médico-centré que nous le voulions ou non de par notre culture et histoire et tant que nous ne passerrons pas par le même chemin que “les autres” il restera une certaine méfiance vis à vis de professionnels formés dans des instituts via des cours de facs de médecine en e learning.

    Bref, je reve et laisser moi ce court instant d’euphorie et puis de toute manière l’ordre infirmier va bientôt disparaitre, nous sommes 560 000 ?, mais perseverons dans notre bétise, à l’heure où la représentation médiatique et politique devient incontournable pour avoir droit de citer dans la cité nous choissisons le silence sous couvert d’une pseudo liberté validée par des commentaires du style : ” tous pourris y’en a marre” ” a mort l’ordre” ” a quoi bon ” “borniche on n’en peut plus”

    Bravo chers collègues la chute n’est pas très loin continuons à nous tirer des balles dans le pied!

    Au passage faite un petit tour ici: http://www.oiiq.org/
    et voyez l’intérêt d’une représentation ordinale pour la profession et ce quelque soit le président ou la présidente de celui-ci.

    PS: J ‘anticipe les commentaires : je ne suis pas pro ordre et ma cotisation n’est pas prise en charge par mon employeur , je souhaiterai biensur pouvoir disposer de la somme de la cotisation ordinale pour aller faire un resto, mais je crois encore sans illusion que nous pouvons faire quelque chose pour notre profession.

    Après tout nous sommes tous responsables de notre situation actuelle et des maux dont souffre la profession infirmière: Merci à l’ordre d’exister afin que toutes celles et tout ceux qui n’ont pas le courage d’assumer leur part de responsabilité puisse déverser leur mal être et leur attitude attentiste sur l’ordre infirmier.

    Pour finir, au pays des raleurs une profession sous représentée et sous médiatisée enfermée dans le carcan des bonne soeurs à cornette ne pourra jamais s’émanciper si elle ne chosit pas une voix pour la représenter.

    @+ les nones

    • zupa dit :

      LMD : Réforme des accords de Bologne
      Si le ministère de la Santé faisait réellement son travail avec les véritables acteurs de notre profession, cette réforme nous aurait apporté beaucoup.

      Au contraire, sous des prétextes législatifs, nous nous sommes pliés au jeu des appelations universitaires. Nouveau programme de formation IDE, nouveau programme IADE, otant de bonnes parties de notre acquisition d’expérience sur le terrain pour ajouter de la théorie, alors que l’expérience médicale en internat également acquise sur le terrain quand à elle est reconnue comme réel apprentissage, celui des infirmiers ne le serait pas ??? chercher l’erreur…

      Alors la valse des directions des IFSI et autres écoles au profit de l’université changerait ou améliorerait notre profession?

      LMD c’est l’arnaque totale tant que le doctorat ne sera pas défini, tant que les passerelles vers médecine ou d’autres professions paramédicales ne seront pas établies.

      L’Ordre infirmier est il acteur ou simplement percepteur de notre profession???
      Ses représentants n’ont pas vertu à nous défendre ou élaborer des propositions en ce sens.
      L’Ordre n’a pas cette fonction et n’est utile réellement qu’aux infirmiers libéraux.

      Chaque IDE ou spécialisé doit savoir que ce sont les syndicats et la mobilisation de masse qui a toujours fait évolué notre profession de manière positive au niveau salaire et reconnaisance statutaire. Ce ne sera pas à cet ordre que toutes tes revendications trouveront écho…

      Un syndicat national infirmier ou une union syndicale forte représentative reste la seule option pour faire évoluer la situation. Mais encore faut-il les solliciter, les utiliser ou en prendre part pour avoir une quelconque chance de changer les choses…

      Les nonnes, comme tu sembles les appeler (insulter), sont toujours bayonnées par des assignations lors des grèves. Les IADE en 2010 ne les ont pas respectés prêts à prendre les sanctions et du “trou” pour défendre leur profession. Sachons faire la même chose à l’échelon national et là les infirmiers, infirmières pourront changer forcément leur destin.

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