Touche pas à mon IFSI Institut de formation en soins infirmiers

Touche pas à mon IFSI Institut de formation en soins infirmiers

Après plusieurs tentatives désespérées suite à des refus d’autres cabinets infirmiers, elle nous a appelées pour un stage. C’est un stage de rattrapage de deuxième année, nous a-t-elle dit. Je ne savais pas vraiment ce qu’était un stage de rattrapage.

Touche pas à mon IFSI Institut de Formation en Soins InfirmiersJe n’étais pas franchement emballée à l’idée de tourner trois semaines avec une stagiaire, ma collègue, elle, était partante, donc bon gré mal gré j’ai accepté. Et puis, cela faisait un sacré bout de temps que l’on n’avait pas eu d’élèves infirmiers, pas assez de temps à leur consacrer, durée de stage souvent trop longue, j’en passe et des meilleurs (des prétextes, on peut en trouver à la pelle).

Elle s’est présentée deux jours après à 6h30 tapantes, prête à nous suivre dans les dédales de la tournée. Elle avait déjà roulé sa bosse dans les couloirs des hôpitaux, était mère de famille et semblait plutôt motivée. Elle m’a parlé de la formation, de la licence, des stages de rattrapage. J’étais complètement perdue, sa formation me semblait à des années-lumière de la mienne (il y a quelques années, il faut bien l’avouer). Plus d’examens de fin d’études, plus de Msp (Mise en situation professionnelle ou cas concret si vous préférez), matières étalées sur les trois ans de formation, rattrapage, anglais. Je n’arrêtais pas de pousser des “mais c’est débile” désespérés. Alors, c’est cela, le prix à payer pour être considéré comme bac+3 ? La fac au lieu de l’école ? Moi, qui ai toujours ronchonné sur le bac+2 que l’on donnait aux infirmières, je suis finalement bien contente de l’avoir mon bac+2 parce que la formation me paraît aujourd’hui bien plus compliquée.

Je ne veux pas jouer les “c’était mieux avant”, mais en vieux machin que je suis maintenant, j’ai du mal à comprendre l’utilité de tous ces changements. N’aurions-nous pas pu, tout simplement, mettre un niveau licence sans changer tout le contenu de la formation ? Elle n’était pas si terrible que cela la nôtre de formation. Il y avait certes des choses à améliorer mais de là à tout transformer. Et transformer en quoi ? En une mini-fac où les outils semblent complexes et où du même coup les échecs sont peut-être plus nombreux. Pour nous, c’était en alternance un mois d’école, un mois de stage. Actuellement, il y a moins de stages ou plutôt des stages allongés, ce qui est confortable lorsque le stage se passe bien mais comme chacun sait, ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Qui n’a pas connu de services dont l’ambiance est aussi pesante qu’un match OM-PSG, où des infirmières aigries vous traitent comme de la crotte (bonne qu’à nettoyer la crotte d’ailleurs, aucun autre soin proposé, on ne sait jamais ce que pourrait faire une stagiaire !), où la note de fin de stage rase la moquette. Ah, la joie d’être stagiaire, quand dans un service il y en a toujours au moins une vilaine infirmière dont le seul son qui sort de sa bouche est : reproches, quoique vous faisiez d’ailleurs.

[dropshadowbox align=”center” effect=”lifted-both” width=”auto” height=”” background_color=”#ffffff” border_width=”1″ border_color=”#dddddd” ]C’est sûr, que ce n’est pas toujours drôle d’avoir une stagiaire à ses côtés, l’encadrement et tout le reste mais c’est notre rôle de passer le flambeau, d’essayer de lui apprendre ce que l’on sait.[/dropshadowbox]

Et notre stagiaire dans tout cela ? Elle s’accroche à sa formation comme à une bouée de sauvetage, enchaînant son boulot d’aide-soignante, sa formation, ses stages (pas toujours bien appropriés : pour son premier stage, elle a été envoyée en long séjour. C’est vrai qu’en tant qu’aide-soignante, elle n’avait jamais fait de nursing !), ses cours à réviser. Alors, quand ma collègue et moi, nous lui avons laissé faire quelques prises de sang, des pansements et autres soins un peu techniques, son regard s’est illuminé et elle nous a avoué qu’en une semaine de libéral, elle avait fait plus de soins infirmiers que dans tous ses autres stages réunis. Si personne ne lui donne sa chance, comment peut-elle progresser ? C’est sûr, que ce n’est pas toujours drôle d’avoir une stagiaire à ses côtés, l’encadrement et tout le reste mais c’est notre rôle de passer le flambeau, d’essayer de lui apprendre ce que l’on sait. Parce qu’après, à la fin de sa formation, lorsqu’elle aura son précieux sésame, elle sera seule “lâchée” dans un service, comme je l’ai été et comme beaucoup d’entre nous l’ont été. Et là, cela devient beaucoup plus compliqué.

Dans le meilleur des cas, vous tombez sur des collègues sympas qui vous refilent quelques tuyaux et qui vous aident, mais parfois vous êtes seule ou avec une peau de vache, ce qui revient à être seule. Il faut se former en un temps record pour la sécurité des patients, comprendre l’organisation du service aussi vite que la vitesse de la lumière, être autonome, communiquer avec les médecins, gérer l’administratif, être disponible pour le patient et sa famille, avoir des responsabilités, bref, être performant et cela en un minimum de temps. Passer ainsi du nid douillet de l’école à la jungle des services en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire. Mais cela, on ne le dit pas à l’école d’infirmières ni avant ni maintenant. Voilà, au moins un point commun entre nos deux formations !

La petite infirmière dans la prairie
http://lapetiteinfirmieredanslaprairie.over-blog.com

Ce billet a été publié le 22 décembre 2015. ActuSoins remercie la petite infirmière dans la prairie pour ce partage. D’autres articles – des tranches de vie, des réflexions,…- à lire (presque tous les jours) sur son blog la petite infirmière dans la prairie.

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84 réactions

  1. Un énième article, un énième post sur un blog avec le fameux « c’était mieux avant »… et après la réforme de 1992, ne disait-on pas déjà « c’était mieux avant » ?
    Ce post démontre surtout d’une chose, de la nécessité pour les IDE de se former au tutorat afin d’encadrer au mieux les étudiants qu’ils reçoivent.

    Soyons capable d’avancer, d’évoluer, de se moderniser. Soyons capables de remettre en question nos pratiques, de développer nos connaissances, de s’émanciper. Soyons capables de prendre des décisions pour les patients, de poser des diagnostics infirmiers, de faire de la recherche. Soyons capable de faire avancer la profession, de faire avancer la santé au profit du patient et de notre système de santé.

    Je suis étudiant en soins infirmiers. Je ne suis pas élève. Je suis dans un institut de formation, pas dans une école. La sémantique est importante, elle place l’apprenant à une place totalement différente en fonction du mot que nous utilisons.
    L’intégration universitaire de la formation a permis de nombreuses avancées, pour les droits sociaux des étudiants, mais aussi et surtout, pour l’avenir de la profession.
    Imaginez une filière en sciences infirmières, où les étudiants pourraient enchaîner de la licence au doctorat, changer de cursus de santé et finalement changer de profession avec des unités d’enseignement en équivalence… Imaginez une profession qui fait de la recherche, qui produit son propre savoir, une profession qui publie ses recherches. Une profession qui analyse ses pratiques, en recherche de nouvelles et les adapte au monde qui change.
    Il sont là les enjeux de l’intégration universitaire. Cette capacité à faire évoluer nos mentalités sera la condition sine qua non à la reconnaissance de notre profession.

    Alors arrêtons ces débats stériles du « c’était mieux avant » et avançons ensemble dans l’intérêt des soignants et des patients.

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  2. C’est sur quand on vous envois dans des stages minable,faute de place et qu’au bout de fin 2ème année, vous apprenez à faire une prise de sang ,quel sentiment peux-tu ressentir .et vous ide qui sait tout, qui écrase, piétine dites vous bien que ces personnes que vous avez humiliés ,cracher votre venin parviendrons sans vous et que la roue tourne .vous êtes tout le contraire de cette profession qui je trouve à une belle âme .regardez la laideur de la vôtre.

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  3. Cathy Michel

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  4. Elles sont franchement mignonnes !

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  5. Témoignage percutant sur les défis des études en Formation Infirmière : écarts théoriques, encadrement parfois difficile, et la nécessité d’un vrai suivi en stage. Merci pour ce partage authentique !

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  6. Quelle honte de lire des choses pareilles!
    Réfléchissez plutôt à l’image que VOUS transmettez à travers des commentaires de la sorte.

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  7. Nathalie Friess A travers votre ” comme dab vous ne comprenez rien ” on voit bien quel pietre opinion vous avez des eleves .. Mais otez moi d’un doute , vous avez été dispensée d’études ? de stage ? Vous etes arrivé IDE sans passer par la case ecole ? haaa bon !! Alors je pense qu’il faudrait consulter car vous avez de gros troubles de la mémoire !

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  8. Relisez vous, On ne dirait pas, je n’y suis pour rien

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  9. Pk du calme je ne m énerve pas je réponds

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  10. Et oui , malheureusement je viens de connaitre ce genre de personnes qui sont la pour casser, saquer et j’en passe.. Pourquoi ? on ne sait pas , je cherche encore…Résultat des courses, elles m’ont brisé , démotivée, et je jette l’éponge j’arrete ma formation d’ AS ! Certains auraient rebondi , se serait senti plus fort pour continuer , mais chacun de nous est différent, moi ca m’a stopper net dans ma motivation et m’a fait perdre toute ma confiance en moi

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