Gypsothérapeute : une activité en demande de reconnaissance

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Les gypsothérapeutes, infirmiers spécialisés dans la mise en place d’immobilisation, se battent pour une meilleure reconnaissance de leur activité.

Confection d'une attelle plâtrée latérale aux - © AHGTF

Selon l’article R. 4311-9 du décret de compétence du 29 juillet 2004, tous les infirmiers peuvent mettre en place des dispositifs d’immobilisation, sur prescription et à condition qu’un médecin soit présent dans l’établissement.

Rares sont pourtant les infirmiers qui mettent au quotidien les mains dans le plâtre ! Pas étonnant, vu que la plupart n’ont pas été formé à ces techniques durant leurs études.

Il en existe tout de même un petit millier qui pratique des immobilisations au quotidien, ce sont des gypsothérapeutes (1).

Présents dans les services d’urgence et de traumatologie, au opératoire, en pédiatrie et dans les consultations orthopédiques, ils réalisent sur prescription la mise en place ou le retrait des plâtres, attelles, corsets et autres orthèses.

Aujourd’hui la plupart sont infirmiers mais quelques aides-soignants exercent encore, sans véritable légal.

Leurs compétences, ils les ont acquises sur le terrain au contact d’autres gypsothérapeutes, d’orthopédistes et de chirurgiens mais aussi en formation puisque certains IFSI organisent des stages sous forme de modules.

Gypsothérapeute : une activité en demande de reconnaissance

Stand de l'AHGTF au Salon Infirmier 2011 - © AHGTF

La gypsothérapie n’est toutefois pas reconnue comme spécialité « mais nous nous battons pour que le ministère de la Santé nous reconnaisse une spécificité à part entière » explique Daniel Lugibihl, président de l'Association hospitalière des Gypsothérapeutes de France (AHGTF).

Un danger : la "perte de savoir"

L’association, créée en 1985, demande notamment une formation obligatoire et certifiante avec évaluation par un jury compétent pour tous les gypsothérapeutes. Car aujourd’hui, « c’est au bon vouloir des professionnels qui sont libres de se former ou pas puisque le décret de 2004 attribue cette compétence à tous les infirmiers » se désole Daniel Lugibihl.

Autre sujet d’inquiétude pour lui : la perte de savoir, de nombreux gypso (souvent non diplômés) partent en effet à la retraite et sont remplacés par des infirmiers « classiques » à qui ils ne peuvent transmettre leurs connaissances, ces derniers prenant la plupart du temps leur poste après leur départ.

Malgré tout l’activité se développe au sein des établissements hospitaliers, certains comme l’Hôpital de Mulhouse ont même crée des pools de gypsothérapeutes qui assurent une permanence 7/7 et interviennent dans tous les services (urgences, réa, ortho, bloc) où leurs compétences sont nécessaires.

« Mieux vaut former quelques personnes motivées qui ne font que des immobilisations plutôt que d’envoyer en formation tout le personnel des urgences, par exemple. On sait que la plupart d’entre eux ne fera jamais de plâtre. Le mythe de l’infirmier polyvalent c’est fini » estime Daniel Lugibihl.

Mais une vraie reconnaissance du gypsothérapeute impliquerait aussi une revalorisation salariale alors que ceux qui pratiquent aujourd’hui sont rémunérés comme les autres infirmiers. A l’heure où l’Hôpital public croule sur le nombre effarant de jours de RTT à compenser, les tutelles ne mettront pas facilement les mains à la poche.

Joël Ignasse

(1) Les premiers plâtre étaient fabriqués à partir de roche de gypse, extraite des carrières parisiennes, d’où le préfixe gypso.

L'Agence nationale du DPC vient d'annoncer début mai 2021 que plus des 2/3 du budget annuel dédié à la formation des infirmiers libéraux étaient déjà consommés. D'ici quelques semaines, il ne sera plus possible de se former.
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Réactions

6 réponses pour “Gypsothérapeute : une activité en demande de reconnaissance”

  1. Aurore dit :

    Bonjour,

    Je suis infirmière en service d’urgence et au cours de ma pratique j’ai découvert la gypsothérapie. Cet univers m’intéresse beaucoup et je souhaite suivre une formation qualifiante et certifiante dans ce domaine.
    Quelles sont les formations disponibles?

    Merci.

    Cordialement,
    Aurore

    Répondre moderated
  2. N dit :

    Enfin, cela bouge un peu. Il serait temps que l’on s’en inquiète avant que plus personne ne sache faire les immobilisations..

  3. Tototfb dit :

    Je ne suis pas gypsothérapeute mais pour autant leur présence est indispensable dans un SAU ou service d’orthopédie… Cela à l air simple mais … il ne s agit pas que des platres circulaires mais aussi des orthèses … On ne fait bien que ce que l on fait tous les jours à mon sens !!

  4. mitch dit :

    j’avoue, je ne connaissais pas cette specialisation et ce terme

  5. Marie Christine dit :

    ah!ben j’vous dis pas,j’ai fait cela pendant 15 ans ,formation de terrain,que de risques l’hôpital de Dunkerque m’a fait prendre!

  6. Sébastien dit :

    Formation qui doit être trés trés intéressante.

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