Doit-on craindre un retour de la tuberculose en France ?

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Trois cas de tuberculose déclarés dans un collège de Seine-Saint-Denis et un dépistage massif est organisé. Accalmie de courte durée après l’épisode de la grippe A… Un vent de panique pointe son nez, les médias parlent d’une recrudescence de la maladie. Paranoïa ou inquiétude légitime ? Le point avec le Dr Philippe Fraisse*, coordonnateur du groupe "tuberculose" de la Société de Pneumologie de Langue Française et enseignant à l’IFSI de Strasbourg.

Le nombre de cas de tuberculose augmente-t-il en France ?

Depuis les années 60, la courbe d’incidence est globalement descendante. Il y a eu une augmentation des cas sur deux années consécutives (2007 et 2008) et de manière disproportionnée selon les populations. Cependant, nous restons dans un pays de faible incidence et il est utopique de penser que nous pourrons éradiquer la tuberculose de la surface de la terre.

Comment expliquer l’augmentation des cas de tuberculose ces deux dernières années ?

Premièrement, depuis 2007, le vaccin n’est plus obligatoire chez les petits enfants alors que nous avions déjà une diminution de la couverture vaccinale en raison du changement de la technique du vaccin. Deuxièmement, chez les enfants, l’infection tuberculeuse latente est devenue à déclaration obligatoire et il est possible que les pédiatres aient confondu infection tuberculeuse latente et tuberculose. Cela expliquerait une surestimation des cas.
Enfin, la mise en place des différentes actions peut avoir provisoirement déstructuré la lutte anti-tuberculeuse, avec moins de prévention pendant quelques années.

On entend parler d’un retour du BCG obligatoire… Pouvez-vous nous en dire plus ?


Pour le moment, le retour à l’obligation vaccinale n’est pas envisagé. En revanche, il faut renforcer la couverture vaccinale des enfants à risque, notamment en province. En Ile-de-France, région la plus touchée, nous atteignons 80/90 % des enfants à risque vaccinés dans les PMI.
Dans les filières professionnelles socio-sanitaires, le BCG reste obligatoire. Les soignants doivent bénéficier d’une intradermo-réaction et d’une radio pulmonaire de recherche d’infection tuberculeuse latente avant prise de fonction. Dans les services à risques, le personnel soignant doit renouveler ce suivi tous les deux ans.

Comment expliquer l’apparition de nouveaux bacilles tuberculeux multi-résistants ?

L’un des objectifs principaux des Centres de Lutte Anti-Tuberculeuse (CLAT) est de bien faire connaître le traitement standard. Si le traitement est mal prescrit, mal suivi ou que le patient ne peut y avoir accès en continu, il échoue et des résistances apparaissent. Pour éviter d’élargir ce problème, il existe une cellule de conseil thérapeutique qui réalise la détection des mutations des bacilles. Cela permet d’adapter le traitement.

De quelle manière s’organise la lutte anti-tuberculeuse en France ?

Il y a une volonté gouvernementale importante de lutter contre cette maladie et cela fait partie des objectifs prioritaires de la loi de santé publique actuellement en vigueur. Un programme spécifique a été mis en place et s’articule autour de deux axes : réduire le délai diagnostique et continuer les progrès dans le domaine de la prévention (information, dépistage…). De plus, il existe une réelle solidarité internationale avec de nombreux partenariats.

Stéphane Desmichelle


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