Activité des SMUR : le taux d’intervention primaire augmente avec les moyens dédiés

Les SMUR ayant plus de moyens en personnel sont plus actifs, constate une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) , qui pointe également des disparités territoriales d'activité. 

Les SMUR sont plus actifs dans certains départements. Ainsi, en 2017, ils sont sortis 27 fois pour 1000 habitants en Haute-Corse, contre 3 fois pour 1000 habitants en Loire-Atlantique. Les taux d'intervention sont inférieurs à 6 pour 1000 habitants dans dix départements et supérieurs à 13 pour 1000 habitants dans dix autres.

"Ces disparités territoriales sont en partie le reflet de moyens dédiés aux SMUR, des caractéristiques de leurs établissements de santé de rattachement, des territoires qu'ils couvrent et des populations qui résident dans ces territoires", explique la DREES. 

Ainsi, les SMUR ayant proportionnellement plus de moyens en personnel (comptés en nombre d'heures postées hebdomadaires en moyenne sur l'année, rapporté au nombre d'habitants de leur aire d'intervention) sont plus actifs. 

Les SMUR situés dans le même établissement qu'un SAMU sont aussi plus actifs. Ces SMUR seraient des acteurs particulièrement importants du transport d'urgence. Ils pourraient avoir tendance à sortir au-delà des aires d'intervention définies par le modèle de découpage "au plus proche", ce qui impliquerait une surestimation du taux d'intervention calculé. 

Les SMUR qui font davantage de sorties secondaires - en particulier ceux qui en font plus de 40% - sont en général moins actifs pour les interventions primaires, car leurs personnels et véhicules sont plus fortement mobilisés pour des transports inter-hospitaliers. 

Ceux qui sont équipés d'au moins un moyen de transport aérien ont en général des taux d'intervention estimés plus élevés que les autres. 

Un taux d'intervention plus faible lorsque le territoire est plus grand

Certaines caractéristiques des territoires sur lesquels interviennent les SMUR sont aussi associées à une activité plus ou moins forte, toutes choses égales par ailleurs. 

Ils font ainsi plus d'interventions dans les zones où se produisent plus d'accidents graves de la circulation. "Cela fait écho au rôle historique des SMUR, qui était la prise en charge des accidents de la route", note le rapport.

Les SMUR qui couvrent des communes situées en altitude sont aussi en général plus actifs. Ces communes de montagne sont souvent touristiques, si bien que la population effectivement prise en charge par les SMUR "d'altitude" est plus importante que la population résidente qui a été utilisée pour estimer les taux d'intervention. 

En outre, il est possible que les accidents de montagne demandent des interventions fréquentes. 

Les SMUR sont moins actifs lorsqu'ils couvrent de vastes aires d'intervention et lorsque davantage d'habitants vivent loin de leur implantation géographique. Comme les trajets dans ces aires d'intervention sont en moyenne plus longs, les unités mobiles hospitalières (UMH) ne peuvent pas y faire autant de sorties que lorsque les aires sont petites et que les habitants habitent à proximité de l'implantation du SMUR. 

Enfin, lorsque les services d'accueil des urgences (SAU) sont plus denses au sein de l'aire d'intervention d'un SMUR, ce dernier intervient moins souvent. 

Rédaction ActuSoins

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Étude de la DREES 

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