Les infirmières en portrait dans ActuSoins : Que sont-ils devenus ? (1)

Cela fait près de cinq ans qu’ActuSoins part à la rencontre de soignants un peu partout en France. Certains ont des initiatives à mettre en lumière. D’autres exercent dans des services méconnus. Tous ont un parcours qui sort de l’ordinaire. Nous avons voulu prendre des nouvelles (voir les autres portraits).

Marie-Laure Allouis infirmière conseillère en image en portrait dans ActuSoins magazine

Marie-Laure Allouis infirmière conseillère en image © Malika Surbled /2010                    

Retrouvons Marie-Laure Allouis, infirmière conseillère en image :

 Suite à la parution de l’article sur ActuSoins en 2010, la direction des soins de l’hôpital Européen George Pompidou a proposé à Marie-Laure un poste à plein temps en qualité d’infirmière conseillère en image.

Depuis, Marie-Laure peut se consacrer uniquement à cette activité. « Je me suis aussi formée en réflexologie et en soins du visage et je participe à l’animation d’ateliers perruques et prothèses mammaires », explique Marie-Laure, ravie de la tournure qu’a pris son travail mais aussi du développement de son association APIMA. Toujours pour le bien-être des patientes.

A lire (ou relire) :

Marie-Laure Allouis : La mode et l'esthétisme contre le cancer

Infirmière et conseillère en image, Marie-Laure Allouis a été l’une des instigatrices des soins de supports en France. Chaque mardi depuis 8 ans, elle relooke les patients des services d’oncologie et de radiothérapie de l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris. Son but : satisfaire le besoin d’estime de soi des malades pour leur procurer un mieux-être, grâce à la mise en valeur de l’image corporelle.

L’esthétisme comme allié

Quand elle ouvre la porte de son appartement, on devine rapidement à qui l’on a affaire. Un sourire accueillant, un intérieur soigné, un look et un maquillage recherchés, Marie-Laure a tout d’une femme aimant la mode et le design. Pourtant, de la mode, elle n’en a pas fait son métier. Du moins, pas dans un milieu habituel. Car Marie-Laure est infirmière, en cancérologie. Elle est aussi conseillère en image, dans ce même service. On l’a vue dans la presse, à de nombreuses reprises. Même le ministère de la santé s’est intéressé à son cas. Et pour cause.

Il y a quelques années, elle révolutionnait le monde du soin en imposant la mode comme l’un des traitements des effets secondaires des cytotoxiques. « Les traitements détériorent l’image corporelle. Parfois les patients pleurent davantage par rapport aux conséquences esthétiques liées à la chimio, que par rapport à la maladie elle-même », explique t-elle. Alors, chaque mardi, Marie-Laure assure une consultation pour les patients de son service. Elle y propose gratuitement des perruques, des tissus, du maquillage et surtout de nombreux conseils pour améliorer l’aspect physique souvent endommagé par la maladie. « Cela permet aux patients de se sentir mieux, de ressortir avec le moral, du moins pour la journée », précise-elle.

Pour elle, l’accompagnement physique potentialise l’accompagnement médical, et être infirmière lui semble essentiel pour pratiquer ce travail. « Il a fallu que je prouve l’intérêt de mon activité. Au début, presque personne ne prenait au sérieux ce programme. J’entendais autour de moi beaucoup de propos négatifs. On se moquait de mes idées en quelque sorte ». À présent, elle inspire un profond respect aussi bien auprès de ses pairs qu’auprès des personnes soignées dont elle a la charge. Sur le site internet de l’association - APIMA - qu’elle a fondé, on peut d’ailleurs lire de nombreux témoignages en ce sens.

La détermination comme mot d’ordre

« Si j’avais prêté attention à tout ce que l’on m’avait dit, je n’en serais pas là », enchaîne Marie-Laure, prouvant sa ténacité. Son parcours semble en effet fait d’épreuves et de remises en question. Tout commence au lycée, quand déjà, ses camarades lui mettent des bâtons dans les roues. « J’ai fait un bac D dans une école privée. Tous les autres voulaient faire une fac de médecine ou une classe préparatoire. Je voulais être infirmière et cela passait très mal. Du coup je ne savais plus trop quoi faire », raconte-elle pour l’anecdote. Plus tard, lorsqu’elle est à l’IFSI elle se sent démunie face à certaines situations. « En tant qu’infirmière, je me sentais inefficace pour rassurer les malades. Tout ce que je pouvais dire me paraissait ridicule face aux souffrances. Pour moi, écouter n’était pas suffisant. Il fallait que je trouve autre chose ».

L’idée d’allier sa passion – la mode – à son métier lui vient alors progressivement. « C’était ma façon à moi d’aider les malades positivement. » Elle travaille dans différents services et part apprendre l’anglais quelques mois en Grande-Bretagne. Puis, laborieusement, de retour en France, elle réussit à se faire financer une formation d’une semaine de conseillère en image. Forte de cette nouvelle expérience, elle postule en cancérologie pour pouvoir mettre en place son projet. En 2001, elle remporte le prix Any D’Avray, qui récompense, encourage et soutient des projets utiles et innovants, destinés à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer. Avec la somme remportée, elle finance ses premiers accessoires et se donne une crédibilité vis-à-vis du monde extérieur.

Elle crée aussi son association - qu’elle gère seule -, afin « d’exister concrètement », et d’être reconnue. Depuis, sa vie professionnelle tourne autour d’APIMA. « C’est comme mon premier bébé », déclare t-elle en riant. Pour l’instant, elle souhaite maîtriser le développement de cette activité. Selon elle, une trop grosse structure avec d’autres membres risquerait de nuire à la dimension humaine d’APIMA. Ses objectifs à court terme sont de continuer à se nourrir des richesses que lui procure son double métier, mais aussi de faire confiance à la vie pour lui ouvrir d'autres opportunités, d'autres propositions et d'autres façons de faire évoluer son action.

Malika Surbled

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