Faire du sport pour lutter contre la fatigue des chimiothérapies ?

Depuis une quinzaine d’année l’association CAMI (Cancer, Art Martiaux et Information) organise partout en France des cours de sport adaptés aux personnes atteintes d’un cancer. Un des rares moyens non médicamenteux de lutter contre la fatigue des traitements et même de diminuer la mortalité de la pathologie.

L'activité physique et sportive pour lutter contre le cancerLe fait qu’une activité sportive régulière protège de certains cancers (comme ceux du sein, du colon et de la prostate) commence à entrer dans les mentalités mais quel soignant oserait proposer à un patient qui commence un traitement anticancéreux… de se mettre au sport ?

L’association CAMI prouve au contraire que c’est une habitude à prendre car le sport, pendant le traitement du cancer, réduirait significativement la fatigue, améliorerait la qualité de vie, diminuerait les effets secondaires, atténuerait la toxicité des traitements et augmenterait le taux de survie.

Même après le traitement, la pratique sportive diminuerait le risque de récidive de 50%, continuerait d’aider à lutter contre la fatigue et faciliterait le retour à la vie sociale, familiale et professionnelle. Pour la fatigue en particulier, qui est une plainte récurrente des patients et qui impacte leur vie quotidienne et relationnelle, le sport serait même le seul moyen efficace.

Mais pour arriver à ce résultat il ne suffit pas de pratiquer n’importe quel sport, n’importe comment. Les cours proposés par la CAMI partout en France (il y a 50 centres dans 20 départements), sont adaptés aux besoins et aux limites du patient. Tous les animateurs ont reçu une formation intitulée « sport et cancer » dispensée dans une seule université parisienne.


Les formateurs apprennent ainsi à adapter leur pratique initiale (Karaté-do, Médiété, Danse contemporaine, Taï-Chi, Yoga Dynamique....) aux besoins des pratiquants. Les cours se font en plus uniquement dans des groupes dédiés ce qui permet de passer les barrières de l’altération de l’ego que provoquent certaines pathologies delabrantes et la sensation d’échec que pourrait produire des cours dans des groupes de sportifs sains.

Un principe : Intensité, Durée, Fréquence…et Sécurité

Les cours se pratiquent dans des salles dédiés (même à l’intérieur de l’hôpital) pour rompre avec l’environnement habituel des soins et rencontrer de nouvelles personnes, enfin ils sont adaptés au patient suivant le principe « IDF’S » c'est-à-dire en Intensité, Durée, Fréquence…et Sécurité. Avant de commencer des cours de sport chaque patient doit d’ailleurs présenter un certificat médical et il bénéficie d’un entretien avec le formateur pour cerner ses besoins et ses limites.

L’association CAMI a été crée en 2000 par Jean-Marc Descotes (Professeur de Karaté-DO) et Thierry Bouillet (oncologue) et ils assurent encore tous les deux une partie de la formation « sport et cancer » que reçoivent tous les formateurs CAMI.

Les deux fondateurs se sont rencontrés autour de la pratique du Karaté et c’est ce qui explique le nom de l’association mais les sports proposés se sont maintenant diversifiés, tout en gardant une exigence minimale d’effort physique, de maitrise du souffle et de l’esprit afin que les résultats soient probants. Tous les cours sont proposés à des tarifs adaptés aux ressources de la personne, hormis une cotisation annuelle d’une vingtaine d’euros à l’association.

Olivier Blanchard

Rens : http : www.sportetcancer.com ou le livre « Sport et cancer » écrit par Jean-Marc Descotes et Thierry Bouillet aux éditions CHIRON dans la collection « sport et santé »

A relire : Sport sur ordonnance

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Réactions

5 réponses pour “Faire du sport pour lutter contre la fatigue des chimiothérapies ?”

  1. Master Thief dit :

    Oui, cela a commencé par le tai chi et le karaté shotokan, je crois, puis cela s’étend (dans mon département, il y a par exemple du kayak de mer).

    Les résultats initiaux ont été très surprenants, les patients affichant des résultats extras, tant du point de vue physique que comportemental.

    Mon professeur de karaté (goju ryu, pas shotokan) me parlait de cette démarche, et c’est vrai que je me posais des questions, ne serait-ce que sur la présence des PICC LIne ou PAC lors des entrainements au dojo, mais les retours sont tellement enthousiastes !!

    Déjà, à l’origine les arts martiaux donnent confiance, alors pour un patient qui en plus doute tant cela ne peut être que bénéfique.

  2. oui c est sur le sport c est prouvé c est que benefique

  3. Za Sun Moon dit :

    Totalement vrai…vérifié et adopté …

  4. Master Thief dit :

    Un petit lien:

    http://www.sportetcancer.com/Les-fondateurs-fr,1,5255.html

    On peut y trouver en particulier les départements ayant des CAMI.

    Et cela marche !!

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