Télésuivi d’insuffisants cardiaques : des infirmières au cœur de la démarche

Les trois infirmières de Cordiva

Les trois infirmières de Cordiva

Les projets de dédiés aux maladies chroniques se multiplient. En Ile-de-France, la plateforme Pimps va prendre en charge 330 patients insuffisants cardiaques. Un programme où les infirmières ont toute leur place.

Première cause d'hospitalisation après 60 ans, l'insuffisance cardiaque concerne 2,3% des adultes en France.

Une pathologie à forte mortalité, et dont le nombre de malades ne cesse de croître : 120.000 nouveaux cas chaque année selon les estimations.

Or, selon le Pr. Patrick Jourdain, chef du département de cardiologie ambulatoire au centre hospitalier (CH) René Dubos de Pontoise, « un tiers des hospitalisations serait évitable avec une bonne prise en charge ». Les signes d'une décompensation peuvent en effet être observables jusqu'à 5 jours avant un besoin d'hospitalisation.


 Surveiller les symptômes à distance

C'est donc pour diminuer ce recours à l'hôpital, mais aussi améliorer le pronostic du patient et sa qualité de vie, que le programme Pimps a vu le jour.

Le principe ? Surveiller quotidiennement à distance les constantes du patient (poids, souffle...) grâce à une balance et un boîtier reliés à une plateforme informatique. Avec, en parallèle, des séances d'éducation thérapeutique.

Au cœur de ce dispositif : les infirmières coordinatrices de Cordiva, le prestataire choisi par le CH René Dubos.

Leur travail se partage entre la surveillance clinique et l'éducation thérapeutique. Leurs outils ? Un ordinateur et un téléphone.

« Nous recevons plusieurs alertes par jour en fonction des données des patients. Nous les appelons pour explorer avec eux les signes d'une éventuelle décompensation cardiaque. Si c'est le cas, ils sont orientés vers leur médecin traitant ou le Samu. On les rappelle 24 heures plus tard pour savoir où ils en sont », explique Viviane Centaure, l'une des trois IDE du projet Pimps.

 Des infirmières pédagogues, des patients autonomes

L'éducation thérapeutique se fait par téléphone. Les premières étapes ? Établir un diagnostic éducatif et négocier des objectifs avec les patients. Le suivi se fait ensuite au rythme d'un appel toutes les trois semaines en moyenne.

« Cela intéresse les malades car ça touche à leur quotidien », relate Marie Bouteleux. « On parle de leurs médicaments, de ce qu'est l', on leur explique comment reconnaître les signes d'alerte, mais aussi comment redonner du goût à leur alimentation sans utiliser de sel, etc », décrit l'infirmière.

« J'ai été très étonnée du lien qui peut se créer avec le patient au téléphone. On les appelle à leur domicile, il y a une certaine intimité », note sa collègue Viviane Centaure.

 Une étude clinique innovante

150 patients participent actuellement à Pimps. Ils seront 330 à terme. Une cohorte partagée en trois groupes : l'un conserve une prise en charge classique, un autre bénéficie du télésuivi Cordiva, le dernier expérimente quant à lui - en plus du télésuivi – le dosage de BNP à domicile.

Effectué par un simple dosage au bout du doigt, cette méthode innovante teste cette neuro-hormone comme bio-marqueur de l'insuffisance cardiaque. Financée par l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France à hauteur de 500.000 euros, Pimps doit durer jusque fin 2015. Son efficacité sera évaluée pour, éventuellement, pérenniser le dispositif. « Une solution de télémédecine simple et facilement généralisable », selon le Pr Jourdain.

 Amélie Cano / Youpress

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