Journée internationale de l’infirmière : J-10

« Les infirmières, une force pour le changement : une ressource vitale pour la santé. », tel est le thème choisi par le Conseil international des infirmières (CII). A cette occasion le CII brosse un état de santé du monde infirmier critique.

Journée internationale de l'infirmière : J-10

Les évolutions démographiques, "font apparaître de nouveaux risques d’infection liés à l’environnement et au mode de vie" et "compromettent la réalisation de l’objectif de la sécurité sanitaire pour tous", indique ce rapport.

"L’accès équitable à des services de santé de qualité est impossible faute d'infirmières bien préparées et en effectifs suffisants" alors que "l’investissement dans la profession infirmière peut changer la donne. Des chercheurs ont prouvé que certaines interventions infirmières d’un coût modeste contribuent efficacement" a réduire ces inégalités et améliorer la santé des populations, précise le CII.

Autre critique : "Les systèmes de santé utilisent, de plus en plus souvent, un vocabulaire inspiré du secteur industriel (« retour sur investissement », « efficience », « rapport coût-efficacité ») et "des méthodes de rationalisation (...). Il apparaît de plus en plus clairement que cette tendance managériale associée à de fortes contraintes financières place les infirmières dans une situation difficile, alors même que les gouvernements et les employeurs s’efforcent de maîtriser les coûts de la santé".

Dans certains pays, une formation inadéquate

La formation des professionnels de santé souffre de plusieurs problèmes systémiques, ajoute le CII, qui cite un "décalage entre les compétences acquises et les besoins des patients" et la "persistance de l’écart de statut professionnel entre hommes et femmes".

"La capacité des programmes de formation de préparer des infirmières capables de dispenser des soins cliniques sûrs et compétents est souvent compromise par le faible nombre d’heures consacrées à l’apprentissage clinique ; par le flou entourant les objectifs pédagogiques ; par l’inefficacité des méthodologies d’enseignement ; par la surcharge des institutions d’enseignement, souvent bondées ; et par l’absence de modèles de comportement en matière clinique", observe le CII.

Pénurie mondiale d'infirmières en 2020

Autre épée de Damoclès : une pénurie de professionnels. "Le nombre total de postes d’infirmières à équivalent plein temps par habitant, après avoir atteint un pic en 2007, diminuera progressivement à partir de cette date, en même temps que le départ à la retraite de la plus grande cohorte d’infirmières. En 2020, la main-d’œuvre infirmière devrait se situer au même niveau qu’aujourd’hui et être inférieure de 20 % aux besoins".

Il faut donc réfléchir à la relève : "L’entrée dans la profession infirmière implique de planifier le nombre des nouvelles recrues qui seront nécessaires pour prodiguer des soins à la population. (...) Nous avons besoin d’une planification active, de bonnes institutions de formation employant un corps enseignant compétent, d’une réglementation professionnelle robuste et de la possibilité de recruter".

Ce qui nécessite un effort de formation car "la perte d’expertise, d’expérience et de connaissances que suppose le prochain départ à la retraite de l’importante cohorte des infirmières cinquantenaires aura des répercussions importantes sur la capacité de la main-d’œuvre infirmière de relever les défis auxquels elle est confrontée".

Des tendances lourdes : substitution des rôles, autogestion des patients

"Certains plaident en faveur du transfert rapide de certaines tâches de soins de santé à des catégories inférieures de personnels soignants, pour autant qu’elles en aient la compétence. À court terme, cette mesure est susceptible de remédier aux pénuries de main-d’œuvre. Mais plusieurs évaluations incitent nettement à la prudence : cette approche peut avoir un impact imprévu et coûteux sur les résultats à long terme", estime ce rapport

Quant à l’auto-prise en charge des patients, ajoute le CII, "elle donne de bons résultats de santé. Mais elle présente aussi des avantages en termes de continuité de soins, dans un contexte de pressions financières toujours plus importantes". Cependant, "les infirmières doivent explorer activement ce domaine", encourager et aider "les patients à gérer leurs propres soins et, dans la mesure du possible".

Cyrienne Clerc

Pour aller plus loin : le rapport intégral

Le 12 mai 2014, le collectif NB3NP  propose des rassemblement de la profession dans sept villes de France.

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Réactions

1 réponse pour “Journée internationale de l’infirmière : J-10”

  1. quichou13 dit :

    Quelle belle affiche! Déjà vue quelque part…On recycle? C’est bien d’être écolo. Ceci dit , quel rapport entre les nb3p et le CII, dont parle l’article?

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