Les infirmières ne comptent que 5 % de syndiquées dans leur rang. Un désintérêt aux multiples explications et aux conséquences non-négligeables.

Pour les infirmières, combat ne rime pas avec syndicat. Depuis quelques années, leur taux de syndicalisation stagne autour de 5 %. Un pourcentage égal à celui des salariés du privé, mais trois fois moins élevé que celui des salariés de la fonction publique.
Une absence de culture militante
Face à ce manque d’engagement, les syndicats se révèlent perplexes. «Venant d’une profession impliquante, c’est incompréhensible. Ce n’est pas lié à la féminité du métier. Dans d’autres secteurs féminins, les taux de syndicalisation sont beaucoup plus élevés. C’est notamment le cas pour les aides-soignantes syndiquées à 30 % ! Les infirmières, elles, sont dans une attitude consumériste vis-à-vis des syndicats. Nous avons des adhérentes mais très peu de militantes», raconte Thierry Amouroux, président du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI).
«Ce n’est pas dans la culture infirmière de revendiquer. Les infirmières sont peut-être davantage habituées à prendre soin des autres que d’elles-mêmes. La connotation politique peut également les gêner», avance Nathalie Depoire, présidente de la Coordination Nationale Infirmière (CNI). Sentiment que les syndicats sont obsolètes, incapables de comprendre les vrais besoins des salariés, individualisation de la société… peuvent aussi expliquer cette désaffection.
Des syndicats en ordre dispersé
La mésentente des syndicats entre eux n’arrangent pas les choses. Deux grandes familles s’opposent. D’un côté se trouvent les syndicats – CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD, UNSA – qui organisent la défense des travailleurs par branche d’activité. De l’autre campent les syndicats corporatistes – CNI et SNPI pour l’essentiel – qui limitent leur champ d’action au seul secteur des infirmières.
«Nous défendons l’intérêt général. Les problématiques comme les conditions de travail ou la non-reconnaissance concernent tous les métiers de l’hôpital. Notre regard est transversal. Il n’y a pas le problème des infirmières, il y a le problème des hôpitaux», explique Nathalie Cagneux, secrétaire générale de la Fédération Santé-Sociaux de la CFDT.
Mais si les infirmières ne l’entendent pas de cette oreille, comment alors les motiver à s’engager ? «C’est une vraie question, reconnaît la responsable de la CFDT. Aujourd’hui, nous ne répondons pas à leur demande. Et même si nous n’avons aucune valeur qui nous amène vers l’intérêt catégoriel, nous nous interrogeons sur comment répondre davantage à leur identité professionnelle».
Une question que les syndicats corporatistes ne se posent pas. Le SNPI le clame : «il n’est pas normal de laisser des agents exerçants d’autres métiers parler au nom des infirmières.»
Alors, quand les deux familles se rencontrent, l’ambiance n’est pas vraiment à l’union. «Dans les salles de négociation, on nous reproche notre corporatisme. Mais les centrales, elles, s’intéressent davantage à leurs adhérents», regrette Thierry Amouroux.
Même son de cloche à la CNI. «Bien sûr, nous sommes critiqués. Mais je suis fière d’être corporatiste. A vouloir défendre tout le monde, on ne défend personne. On parle bien de ce qu’on connaît bien. Par exemple, les centrales n’avaient pas travaillé en amont sur le droit d’option. Pendant cette période, même les DRH nous envoyaient des infirmières en recherche d’informations. Mais comme nous donnons des renseignements sans imposer d’adhésion, contrairement à d’autres, cela ne nous a pas ramené d’adhérents», déclare Nathalie Depoire.
Le prix à payer pour les non-syndiquées
Reste que les syndicats s’accordent sur les conséquences de ce faible taux de syndicalisation. Revalorisation salariale a minima, reconnaissance en berne, conditions de travail dégradées… en seraient le prix à payer. «Les infirmières sont passées à côté de quelque chose. Il n’y a eu aucune réelle augmentation de salaire depuis 1988. Elles n’ont obtenu qu’une poignée d’euros avec le passage en catégorie A. Les aides-soignantes, mieux syndiquées, sont mieux défendues. Leur métier a beaucoup progressé», estime Thierry Amouroux.
Pour la présidente de la CNI : «Les autorités en profitent car elles savent que les blouses blanches ne se mobilisent pas. Avec le passage en catégorie A et le recul de l’âge de la retraite, elles ont fait payer aux infirmières leur propre augmentation !»
La CFDT enfonce le clou. «Les infirmières sont un peu transparentes. Et les autorités, considérant que les organisations syndicales sont insuffisamment représentatives, ont créé une autre forme de représentation : l’Ordre infirmier. Mais, contrairement aux syndicats, l’Ordre n’a pas pour but de défendre l’intérêt des infirmières», expose Nathalie Cagneux.
Pour une fois, le mot d’ordre des syndicats est à l’unisson : le salut de la profession passera par la mobilisation.
Sondage
[poll id=”3″]
Judith Korber
Formez-vous à distance grâce au 100% e-learning | |
|---|---|
| Vous travaillez en établissement de santé ou en structure sociale ou médico-sociale ? Découvrez notre sélection de formations disponibles en e-learning et spécialement conçues pour les infirmier(s). En savoir plus | |
Plaies aiguës et chroniques : vers une cicatrisation dirigée | |
|---|---|
| Notre formation "Plaies aiguës et chroniques : vers une cicatrisation dirigée" en e-learning a été spécialement développée pour vous permettre de prendre en charge tous les types de plaies, aiguës ou chroniques, effectuer un choix logique de pansements et mettre en place une cicatrisation dirigée. En savoir plus | |











Tiens ! Ca tombe bien. Je viens d’avoir un syndicaliste très gentil au téléphone qui veut défendre la profession infimiére.
En effet, j’ai organisé une réunion dans le service et j’ai eu la méchanceté de ne pas faire comme il fallait.
En effet, il est interdit (d’après le syndicat) d’organiser des réunions en dehors des heures de travail et les personnels de repos n’ont pas à revenir.
Pour ce qui est des heures de travail, les IDE ne viendront à la réunion que si l’administration à prévu des IDE pour les remplacer dans le service le temps de la réunion (1 h).
Les IDE, elles, n’ont rien demandé, ni revendiqué aux syndicats ; ça leur allait très bien.
Je dis donc au syndicaliste que le remplaçement est tout bonnement impossible. Soit, me dit-il, elles ne viendront pas.
Résultat de l’action syndicale :
– Les IDE qui voulaient venir à la réunion ne sont pas venues, car le syndicaliste leur a clairement fait comprendre qu’elles auraient des ennuis
– Moi, ma réunion…. Bah j’étais un. Tout seul. Pour me dire des trucs que je savais déjà.
Comment faire avancer le service dans ces conditions là ?
En quoi le syndicat a-t-il défendu le salarié ? Car, à la fin, ce sont bien les IDE qui – privées de réunions – ne sont pas plus avancé.
Question, pour revenir au sujet initial : PENSEZ VOUS QUE LES IDE DE MON SERVICE AIENT ENVIE DE SE SYNDIQUER, MAINTENANT ?
Donc personne n’est venu à votre réunion ?
Et c’est forcément la faute des syndicats contre la volonté des infirmières ? Donc les syndicats ne representent personnes mais sont capable de mobiliser l’ensemble d’un service ?
C’est bien, j’ai bien rigolé en vous lisant.
Bah voilà… les IDE ne se reconnaissent pas dans des syndicats qui font les assistantes sociales.
Quant aux CHSCT ; quand tout le monde est favorable à un changement d’horaires au travail ; ça passe au CHSCT et les syndicats s’y opposent, contre l’avis des personnels qu’ils sont sensés défendre et représenter.
Donc, voilà… Effectivement, vous faîtes rien. Ou alors de l’assistanat et de l’opposition.
Je redis : On récole ce que l’on séme. Si les IDE ne se syndicalisent, ça n’est pas forçement la faute des IDE irresponsables ; mais parce que les syndicats ne font rien pour qu’elles les rejoignent.
Je vous invite à venir dans un syndicat voir ce qui se fait , je suis certaine que vos opinions et vos idées feront changer les choses. Vous n’avez pas compris qu’un syndicaliste n’est pas un syndicat à lui tout seul, c’est comme une équipe de travail, les unes sans les autres , ne peuvent faire “tourner” un service
Je comprends la réaction des cadres, car ils n’ont pas toujours le bon rôle, ils se situent entre la hiérarchie et leur équipe. Mais c’est aussi leur fonction de faire “tourner” un service tout en respectant. les conventions collectives. Je pense que parfois les personnels en ont assez de voir leurs horaires chamboulés, de revenir parfois sur leur temps de repos, voire même de congé payé, les réunions peuvent se faire pendant le temps de travail, peut-être au moment du ” chevauchement ” des équipes, ou bien sur 2 jours, il y a plusieurs solutions si on veut bien s’en donner la peine.
Quelle solidarité organisons-nous entre-nous ?
Je ne me suis pas adressé qu’à un seul syndicat, mais ils ont tous eu la même réponse. Adhérez et on verra ce qu’on peut faire. Et après avoir étudié pas mal de tracs, de papiers…. Désolé, mais aucun ne représente réellement mes aspirations et mes demandes. Et c’est la même chose pour la plupart de mes collègues. Je suis dans un syndicats chez les pompiers volontaires, parce qu’il vient sur le terrain, écoute, et fait des demandes en corrélation avec les nôtres. Au niveau hospitalier, les dernières personnes auquelles j’ai eu à faire me semblait plus intéressé par le café proposé que par nos demandes. Et je pense que notre représentation viendra d’un organisme indépendant qui fait des études et des propositions pour améliorer notre profession. Comme cela, le gouvernement, qu’il soit de gauche ou de droite ne pourra que plier sous la demande du plus grand nombre. Il y a pletore de syndicats, au Nigeria, où je bosse de temps à autre, il y a un type de syndicat par profession, il fait des demandes, et si ce n’est pas accepté, grève illimité avec blocage…… Et tout le monde y adhère et ça bouge…. Et les représentants, je les vois tout les jours sur le terrain, comme quoi, pourquoi cela ne pourrait pas marcher chez nous…
Suffit juste de demander aux IADE s’ils sont contents des accords signés. Je pense que la réponse va être unanime.
Je crois que c’est la deuxième partie qui m’intéresse le plus. La grève des IADE a été spontanée et les syndicats ont essayé de la récupérer par la suite. Tout ça pour quoi? Pour qu’on se fasse enfiler par les centrales qui ont signé des trucs qui avaient aucun rapport avec nos demandes. Comment vous voulez qu’on adhère suite à cette entourloupe… Premièrement on écoute. Les centrales sont arrivées et ont foutu le bordel, diviser pour mieux régner. Ensuite, des accords pourris ont été signés et validés par ces mêmes centrales… ” on s’est battu pour vous”.
NON. On a récupéré votre combat, on ne vous a pas écouté, on a fait ce qu’on a voulu, et on a signé un truc pour justifier de tout ça. Personne n’est content, pas de soucis”
Le resultat est super simple, beaucoup de mes collègues sont dégoutés par tout ça et ne croient plus en l’avenir de nos combats…..
Maintenant, le gouvernement veut faire accepter des propositions hyper dangereuses, comme de faire de l’anesthesie après une formation bidon de deux semaines…. Désolé, ça ne s’invente pas et les deux années d’école sont le minimum… Et là, sur ça, on les entend pas les syndicats….
Les syndicats sont bien silencieux. Un peu de retour serait le bienvenu.
Si on ne es écoute pas, c’est sûr qu’on ne les entends pas.
Et donc ce sont les syndicats qui ont proposé HPST, la T2A, l’article 51 …
Toutes ces lois et décret que défendent bec et ongles les syndicats ?
Que vous n’aimiez pas les syndicats est une chose, que vous leurs colliez sur le dos toute la misère du monde en est une autre.
Pour l’instant, si je ne me trompe pas, ces mêmes syndicats travaillent à notre masterisation et à notre revalorisation.
Mais justement, au vu de ce que nous propose le gouvernement, rien n’a encore été signé.
Le mouvement IADe s’est effondré face aux guerres d’ego, à la lassitude, à la violence policiere, au pourrissement, et aussi parce que pendant que 3000 IADE manifestaient, 2000 autres allaient tranquillement au travail pour faire tourner les blocs.
“si les médecins se décidaient à nous défendre un peu ” !!!
A oui, c’est sûr que pour nous défendre on a rien trouvé de mieux que les médecins !
Vous refusez donc de vous engagez, mais vous aimeriez bien que les syndicats vous défendent ou que les médecins le fasse.
Et à quel moment vous vous prenez en main ?