IADE : une manifestation sous le signe de la politique

Pour les , le mois de novembre 2016 s'est déroulé sous le signe de la revendication. Après la manifestation unitaire du 8 novembre, les se rassemblaient aujourd'hui pour faire valoir leurs droits. 

IADE infirmiers anesthésistes : une manifestation sous le signe de la politique 

"Les IADE allongés...Mais pas à terre" © SNIA / Facebook.

Ce coup-ci, les  ont opté pour la négociation politique. Depuis 2014, ils ont organisé des réunions régulières avec des membres des commissions sanitaire et sociale de l'Assemblée Nationale comme du Sénat. Objectif : mieux faire connaître leur métier afin de mieux convaincre les politiques du bien-fondé de leurs revendications. Ce matin, ils étaient même reçus à Solferino, au siège du PS, afin de rencontrer des responsables socialistes. 

Après les manifestations virulentes de 2010, "où nous n'avions pas été reçus par la Ministre de la Santé, se rappelle Laurent, alors étudiant, nous avons dédidé de nous adapter. Après tout, c'est notre métier", lâche-t-il, devant le 80 rue de Lille, siège du Ministère des Affaires Sociales, point de départ de la manifestation de ce 24 novembre. A son cou, sifflets et klaxons pour ne pas rester silencieux. 

Les autres manifestants sont aussi conscients de la pertinence de jouer la carte politique du point de vue du calendrier, à quelques mois des présidentielles et en plein coeur des primaires de la droite. "On en fait un maximum, car il y a les élections", reconnaît Catherine, infirmière anesthésiste depuis 34 ans venue du CHU de Clermont-Ferrand. Mais dommage, à ses yeux, le vrai souci reste que les hommes politiques "ne savent pas de quoi ils parlent. Aucun des candidats ne sait ce qui se passe vraiment dans un hôpital". Thierry Amouroux, du SNI CGE-CGC, présent ce matin-là, le dit dans le microphone: "Aujourd'hui, c'est une décision politique que nous sommes venus chercher!

Des avancées saluées 

"Nous ne sommes pas de simples exécutants de protocoles. Ce qui nous a été accordé se rapproche de qui ne disent pas leur nom", estime Thierry Amouroux.  

En effet, même les sifflets retentissent, que les crécelles viennent rompre le calme de ce quartier chic, les IADE reconnaissent des avancées. Notamment sur le décret de compétences, qui attend d'être validé par le Conseil d'Etat début 2017, et qui renforce le rôle de l'IADE dans l'anesthésie et la réanimation, qui confirme l'exclusivité des actes en Smur (pour les patients ventilés, sédatés et stables), bref qui rassure la profession. 

Côté conditions de travail, "nous sommes un peu épargnés car on a du personnel", reconnaît Catherine, même si son collègue Nicolas nuance. "Désormais, on opère à toute heure, et il y a de plus en plus d'arrêts maladie", sans oublier la direction prise "vers une logique comptable, avec des temps de préparation de salle ou d'induction très réglementés ou encore du matériel de moindre qualité mais moins cher", détaille-t-il.  

Le souci de la grille indiciaire et de la  

En milieu de matinée, devant l'absence d'Annick Girardin, ministre de la Fonction Publique, des manifestantes bordelaises ont déposé un bouquet de fleurs, une coupe et un diplôme intitulé «Grand Prix de la Discrimination», pour les salaires sous-évalués des IADE. Car la question de la rémunération, "nerf de la guerre" continue de soulever les passions.  

Jean-Marc Serrat, président du SNIA, parle de 650 euros nets de différence par rapport aux autres professions de la fonction publique de niveau bac +5. Un fossé incompréhensible à ses yeux. "Nous demandons une rémunération conforme au master bac +5 et aux responsabilités et contraintes de notre métier", affirme-t-il dans le cortège.  

Ce que soutient aussi Amélie, 30 ans, IADE à Bordeaux. "Si on se compare aux autres professions à bac +5, notre niveau de vie n'a rien à voir. Si l'on veut être mieux payé, il faut faire des astreinte, des nuits, des gardes, parfois de 24h", explique-t-elle. A ses yeux, les deux ans d'études qui leur confère leur expertise et leur spécialité, ne se traduisent pas dans le actuel.  

Par ailleurs, Nicolas, IADE au CHU de Clermont-Ferrand, évoque le paradoxe de sa profession. "On a tous les critères de la pénibilité: horaires décalés, astreintes, port de charges lourdes, utilisation de produits dangereux, exposition aux rayons..." Sans en avoir les "avantages", puisque la pénibilité n'est plus reconnue depuis 2010 et la réforme Bachelot.  

 Après l'accrochage du diplôme et des fleurs à la grille du Ministère, les quelques centaines de manifestants ont pris la direction du Ministère de la Santé et des Affaires sociales. Nicolas le déplore, mais "les assignations dans certains établissements sont abusives". Lui en est sûr: "le taux de grévistes à l'échelle de la France atteindrait presque 100%", confirmant une profession unie pour une  meilleure reconnaissance indiciaire. Sans elle, Catherine explique que ce "qui nous fait tenir, c'est l'amour de notre métier. Le patient nous donne sa vie, et nous devons la lui rendre.

Delphine Bauer  

Une mobilisation IADE soutenue par les infirmiers des autres filières
 
Dans un communiqué diffusé à la presse, les organisations professionnelles syndicales et associatives de la filière infirmière AEEIBO, ANEIA, ANFIIDE, ANPDE, CEEIADE, CNI, FNI, SNIA, SNICS-FSU, SNIES-UNSA, SNPI, CFE-CGC, SNIPUERLIB,UNAIBODE, UNIDEL, signataires de l'appel du 8 novembre 2016, se sont déclarées solidaires de l'appel à mobilisation du  Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes ce jeudi 24 novembre 2016.
 
Elles soutiennent les revendications suivantes : 
- une reconnaissance statutaire et indiciaire de la filière infirmière au regard du niveau d'étude, des compétences et des responsabilités
-  la prise en compte de la pénibilité professionnelle de la filière infirmière
-  abandon du projet d'ordonnance autorisant un exercice partiel de notre profession.

 

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Réactions

2 réponses pour “IADE : une manifestation sous le signe de la politique”

  1. Encore une fois c’est absolument pas médiatisé… Ils en ont vraiment rien à faire… À part leurs élections de qui va nous plumer le plus…

  2. Sylvia Lima dit :

    Normal c est les élections
    Le 8/11 pareil
    Céphalées ..
    La greve ne fonctionne pas
    Mais faisons des choses
    Pour boycotter ..certaines
    Reunion etc ..
    Apres il y a toujours des bouffonnes ..

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