Au CHU de Marseille, front uni contre un plan social

La CME (commission médicale d'établissement) et les syndicats sont contre le contrat de retour à l'équilibre financier concocté par l'AP-HM. Celui-ci prévoit la suppression de 1040 postes non médicaux (10 % de l’effectif) en 3 ans et la suppression de 200 à 250 lits.

©AP-HM. La Timone 2

©AP-HM. La Timone 2

Actualisation (31 mars):

Réunis en Intersyndicale, FO, la CGT et la CNI lancent un appel à la grève reconductible à l'ensemble des agents hospitaliers à partir du mercredi 1er avril, indique La Provence.

"Ce Cref est dramatique pour nos hôpitaux. Aucun service ne partira et nous nous opposerons aux déménagements", assure Danielle Ceccaldi (CGT) dans Hospimedia. "C'est la mise à mort de notre hôpital et du service public", ajoute Audrey Jolibois (FO).

Les syndicats ont envoyé des courriers aux élus locaux, à l'ARS, au président de la CME ainsi qu'au ministère de la Santé où ils espèrent être reçus. "C'est un appel au secours", lance Audrey Jolibois, dans La Provence.

Le directeur général de l'AP-HM, Jean-Jacques Romatet lui-même, a qualifié de "dur et douloureux" le programme qu'il est censé mettre en œuvre.

Globalement il s’agit d’un plan d’économie de 86 millions d’euros dont "40 millions sur les emplois", a expliqué le Pr Guy Moulin, président de la CME, lors d'une conférence de presse le 25 mars.

"Nous estimons que la mise en place de ce contrat de retour à l’équilibre financier (Cref) met en danger la bonne continuité des soins, la qualité des soins, donc nous ne sommes pas d’accord avec cette organisation", a-t-il ajouté.

"Accepter ces nouvelles restrictions rendrait impossible la poursuite de ce projet médical qui a pourtant été validé par les tutelles, et détruirait la dimension hospitalo-universitaire du CHU", estime le Pr Michel Tsimaratos, secrétaire général de la CME, repris par La Marseillaise.

Dégradation des conditions de travail, danger pour la qualité des soins

"Ces suppressions de postes et de moyens dégraderont les conditions de travail, le service rendu aux usagers, la capacité pour l’établissement de remplir ses obligations universitaires", affirme de son côté le syndicat FO.

Ce dernier craint qu'il ne s'agisse que d'un première étape car l'AP-HM compte réaliser 30 millions d’euros de recettes supplémentaires, "alors que les tarifs de la T2A (tarification à l’activité) baissent de 1 % en 2015. Ce « manque à gagner » obligerait l’établissement à réaliser des économies supplémentaires par une réduction plus importante des effectifs".

A l’hôpital Nord, les plateaux techniques seraient "indifférenciés", la fermeture de la cardio et de la pédiatrie serait programmée. "Ce ne serait plus un CHU", résume la CGT.

Selon le Pr Guy Moulin, des investissements indispensables seraient compromis. "Si le projet de maternité de la Timone ne se fait pas, les Marseillaises devront-elles continuer à accoucher à la Conception, dans des locaux vétustes et sous dimensionnés ?"
 
"La productivité à l’AP-HM est l’une des 10 meilleures en France, souligne le Pr Moulin. Pour maintenir notre rentabilité nous sommes obligés d’avoir une activité supérieure aux autres car on est en nombre inférieur. Réduire les emplois et les lits c’est s’attaquer frontalement à cette productivité".

Des structures de coûts en hausse

Depuis l'ouverture de la Timone 2, qui regroupe les blocs opératoires, et centralise toutes les urgences centre et sud, l'AP-HM est au milieu du gué de la grande restructuration entreprise il y a plus de 10 ans, précise La Provence.

La dette de l'AP-HM  a ainsi explosé (1,1milliard d'euros pour 1,2 Md € de budget).

"L’AP-HM est engagée depuis plus de quinze ans dans une démarche de modernisation de structures coûteuses et mal adaptées à l'évolution de l’activité médicale", estime la CME dans un communiqué.

L’Etat "a soutenu les projets immobiliers en encourageant l’APHM à emprunter massivement dans le cadre des plans nationaux Hôpital 2007 et 2012", avant de faire marche arrière,"obligeant ainsi l’APHM à reporter sine die une partie de son projet de restructuration immobilière", poursuit la CME.

"Les dysfonctionnements logistiques persistent et brident l’activité quotidienne des services de soins et médico-techniques tout en générant des coûts de structure très élevés". En outre, les restructurations "se sont traduites par une réduction très forte" des capacités d’hospitalisation.

Rédaction ActuSoins, avec La Provence et La Marseillaise

 
 

 

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