Universitarisation des études d’infirmière : à petit pas…

L'intégration des études d'infirmière dans le système LMD prend décidément beaucoup de temps. Il s'agit de rapprocher deux univers très différents : les Journées du CEFIEC qui viennent de se tenir en mai à Lille l'ont encore montré.

Universitarisation des études d'infirmière : à petit pasLe chantier de l'universitarisation de la formation infirmière a encore de beaux jours devant lui. Les discussions qui se sont tenues dans le cadre des Journées du CEFIEC, en mai à Lille, ont témoigné du difficile rapprochement des IFSI et de l'université.

« Nous voulons garder la maîtrise de notre appareil de formation », a déclaré Joëlle Kozlowski, présidente du CEFIEC, dès l'ouverture des Journées. Du fait du grand nombre de disciplines abordées au cours des études d'infirmière, estime-t-elle, « nous ne pouvons pas avoir la même approche disciplinaire que l'université ».

Certes la question a été réglée ailleurs dans le monde, a-t-elle reconnu. Mais en France, la réingénierie de la formation est récente et suscite encore bien des questions, voire des réticences du côté des IFSI.

« Un travail très intéressant pourrait être mené en commun, a ajouté Joëlle Kozlowski, si l'approche se faisait dans les respect des spécificités de chacun et dans la reconnaissance mutuelle ». Mais l'aspiration du CEFIEC porte sur « un appareil de formation autonome », en « partenariat étroit avec l'université ».

Utiliser les conventions IFSI-universités

François Couraud, conseiller scientifique et de formation auprès de la Direction générale de l'Enseignement supérieur et l'Insertion professionnelle (DGESIP), a préféré souligner les avancées réalisées depuis deux ans (rapprochement des acteurs, création d'un département de soins infirmiers à l'Université Paris-Descartes, etc).

« Deux ans, a-t-il insisté, c'est très peu pour rapprocher et faire travailler ensemble des entités très différentes, avec des cultures très différentes, des façons de poser les problèmes différentes et des étudiants et des élèves assez différents. » Il faut donc donner du temps au temps. Et utiliser d'abord les conventions IFSI-universités « au maximum de leurs possibilités », selon lui, car il existe encore « une capacité de progression très grande ».

Du côté du ministère de la Santé, Dominique Monguillon, conseillère pédagogique nationale auprès de la DGOS, ne s'est pas davantage prononcée. « Il faut peut-être commencer par regarder ce que pensent l'ensemble des acteurs et qu'il y ait une réflexion commune à toutes les formations, pas seulement celle des infirmières », a-t-elle déclaré.

Selon elle, le bilan de cette première étape de la réingénierie des études est « globalement très positif ». Les réunions interministérielles sur le sujet vont se poursuivre pour décider des suites à donner au rapport sur le processus d'intégration des formations paramédicales dans le dispositif LMD (http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article359) rendu en juillet... 2013.

D'ores et déjà, la future loi de santé devrait déjà faire avancer le dossier des pratiques avancées en en définissant l'exercice par mission plutôt que par décret d'actes, a ajouté Dominique Monguillon. Un chantier qui évoluera grâce au nouveau plan cancer qui crée le métier d'infirmière clinicienne, dont la formation devrait ouvrir à la rentrée 2016, a souligné François Couraud.

Plaidoyer pour une interdisciplinarité

A part cela, pas grand chose de nouveau sous le soleil, donc. Irving Montorier, vice président de la FNESI, est pourtant venu avec des pistes. La fédération des étudiants infirmiers souhaite en effet voir les études infirmières sortir de leur organisation « en tuyaux d'orgue » qui empêche encore toute passerelle avec les autres filières sanitaires.

Elle réfléchit également aux options qui pourraient succéder à une éventuelle suppression du concours d'entre en IFSI, décrié par beaucoup. « On ne veut pas d'un Haut institut régional, a aussi souligné Irving Montorier. Notre ambition, c'est que l'université soit l'interlocuteur unique sur la pédagogie. Il faut créer, comme à l'université Paris-Descartes, des UFR pour les différentes formations en santé et, à l'intérieur, des départements de sciences infirmières » qui seraient en charge de la pédagogie, des masters en création, de la formation des professionnels de santé sur le tutorat, de l'interprofessionnalité et de la poursuite d'études. Une sorte de révolution !

Olivia Dujardin

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