Les Infirmiers Sapeurs-Pompiers accusés de tous les maux …

Le syndicat Samu-Urgences de France publie régulièrement des charges virulentes contre les infirmiers sapeurs-pompiers. L'association nationale des infirmiers sapeurs pompiers (ANISP) répond dans nos colonnes.

 

Les Infirmiers Sapeurs-Pompiers accusés de tous les mauxMarc Giroud, praticien hospitalier retraité et président de l’association Samu-Urgences de France (SUdF) vient de jeter une nouvelle fois un pavé dans la mare à l’encontre des ISP.

En effet, ce médecin dénonce une nouvelle fois dans plusieurs articles les pseudos-dysfonctionnements que provoque l’existence des ISP dans le système des secours français.

Plus que les ISP, c’est l’ensemble des infirmiers Français qu’il critique à travers des propos tels que : « les infirmiers n’ont pas les outils, les compétences ni la mission de faire des analyses de besoin en matière de santé »1.

Aujourd’hui, l’Association Nationale des Infirmiers de Sapeurs- Pompiers (ANISP) avec l’appui de l’Ordre National Infirmier (ONI), dénonce l’ensemble de ces propos. Plutôt que de rentrer en conflit avec cette organisation, nous allons clairement expliquer à l’ensemble des professionnels de santé et politiques, quel est le vrai visage de ces ISP et quelles sont leurs missions.

Nous expliquerons pourquoi ils deviendront demain, la réponse adaptée à la prise en charge des blessés et malades en dehors de l’hôpital, dans un gain de rapidité, de coût et de qualité.

Qui sont les Infirmiers de Sapeurs-Pompiers (ISP) et quelles sont leurs missions ?

Les ISP infirmiers sapeurs-pompiers peuvent êtres sapeurs-pompiers professionnels mais également volontaires. Pour la plupart, ils exercent leur art d’infirmier dans des structures hospitalières privées ou en libéral. Ces infirmiers ont choisi de chausser les rangers dans le but altruiste : mettre leur compétences de soignant au service des autres dans un cadre spécifique, celui de l’extrahospitalier. C’est un acte civique important qui mérite d’être souligné en ces temps de crise et d’individualisme.

Ils exercent plusieurs missions au sein des Service Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS) à savoir les activités de santé au travail, la formation, le soutien sanitaire opérationnel et interviennent dans les missions de secours d’urgence conformément au référentiel national SAP-AMU du 25 juin 2008. C’est sur cette dernière activité que les ISP sont attaqués aujourd'hui.

Lors de leurs interventions, ces professionnels de santé appliquent des protocoles de soins d’urgence conformément aux données de la science et à l’article R4311-14 du Code de la Santé Publique. Les pratiques professionnelles des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers sont parfaitement encadrées et évaluées par des cadres de santé et les médecins-chefs des SDIS. Les infirmiers sont formés et recyclés annuellement et leurs interventions font l’objet d’un compte rendu étudié, gage d’un contrôle qualité efficace.

Que reproche t-on aux Infirmiers de Sapeurs-Pompiers (ISP) ?

Pour notre détracteurs, les SDIS sont accusés de "créer du désordre" dans l'organisation de la réponse des secours médicaux et les ISP […] De plus, « l'infirmière crée un retard à l'intervention médicale car les pompiers appliquent des protocoles de soins définis en interne et qui ne sont pas ceux de la société française de médecine d'urgence qui, à nos yeux, est la référence." 1

Le médecin régulateur est le seul à pouvoir déclencher ou non un moyen médicalisé du SAMU qu’il y est présence ou non d’un ISP sur intervention. La non présence ou le retard à la prise en charge médicale ne peut donc, dans ces conditions, incomber qu’au seul médecin régulateur, responsable de l’envoi du « bon moyen au bon moment » . Le déclenchement des moyens sanitaires sapeurs-pompiers (dont les ISP) est géré par les centres d'appels 18 (CTA CODIS) avec information systématique et sans délai des centre 15, siège des SAMU.

Le rôle de  l’infirmier sera bien de compléter les premières actions entreprises par des secouristes en attendant ou non une médicalisation décidée uniquement par le médecin régulateur du SAMU. Les ISP n’ont pas vocation à remplacer une médicalisation, mais les soins infirmiers sur rôle propre ou sur rôle prescrit apportent un bénéfice incontestable notamment dans la prise en charge de la douleur, dans la recherche des signes aidant à l’orientation diagnostique ultérieure du médecin ou encore dans la réanimation précoce de l’arrêt cardiaque.

"Personne ne peut décemment croire que les services d’urgence hospitaliers dysfonctionnent parce qu’1% des personnels y exerçant sont également pompiers volontaires pendant leur temps libre."

Cela ne peut qu’être un gage de sécurité supplémentaire et une amélioration de la qualité et la précocité de la prise en charge des victimes. Certaines critiques portent sur la qualité des protocoles de soins d’urgence établis depuis de nombreuses années par des spécialistes de l’aide médicale urgente et réactualisés en fonction des recommandations scientifiques. On peut penser que SUdF ne cautionne pas ces protocoles établis par les Médecins-chefs des SDIS mais quant à eux, ils n’ont pas pu, avec l’appui de la SFMU, obtenir de labellisation HAS, des protocoles infirmiers hors présence médicale.

L’exercice infirmier, qu’il soit réalisé dans les structures de soins, dans les SMUR, dans les structures d’urgences ou chez les sapeurs-pompiers est le même. Critiqué l’art infirmier chez les sapeurs-pompiers c’est critiquer l’exercice et les compétences de ses propres infirmiers !.

Aujourd’hui, on peut voir fleurir des projets de la part des SAMU, appuyés par les ARS, sur la création de médecins et infirmiers correspondants de SAMU. Pour faire simple, la copie conforme des médecins et infirmiers de sapeurs-pompiers mais au sein du système hospitalier ! Les personnels de santé sous l’égide « SAMU » deviendraient donc d’un coup plus compétents et ne provoqueraient plus de retard à la prise en charge des victimes ? Tout cela est très ubuesque et risible…. Le service de santé des sapeurs-pompiers est donc un système dangereux et composé de personnels réalisant des missions et des gestes qui ne sont pas de leur ressort mais… le SAMU va créer la même entité de son côté !

Les infirmières bonnes sœurs dévouées au dieu docteur font partie d’un passé aujourd’hui révolu

L’infirmier sapeur-pompier volontaire constitue une force d’action rapide d’un professionnel responsable et compétent, intégré dans un maillage territorial serré. Personne ne peut décemment croire que les services d’urgence hospitaliers dysfonctionnent parce qu’1% des personnels y exerçant sont également pompiers volontaires pendant leur temps libre.

Le corporatisme médical de cette association syndicale nie volontairement les compétences des infirmiers et des sapeurs-pompiers. Il entretient un leurre sur la suprématie du dogme médical que notre société n’a plus les moyens d’entretenir. Le temps du médecin au pied de l’arbre qui a fait la part belle de tous les SMUR est fini. Que ce soit en SMUR, aux urgences ou au sein des sapeurs-pompiers, les infirmiers appliquent les mêmes règles professionnelles en parfait respect du périmètre de l’art médical.

Il serait grand temps que ces médecins soient conscients de leurs limites, reconnaissent les valeurs de leurs collaborateurs infirmiers et les respectent à leur tour. Avec de tels propos, ce temps n’a pas l’air d’être pour demain et c’est effrayant. Les infirmières bonnes sœurs dévouées au dieu docteur font partie d’un passé aujourd’hui révolu et la modernisation des pratiques infirmières vers des pratiques avancées est une réalité pour mieux répondre aux besoins d’aujourd’hui et aux enjeux de demain.

Parmi ces enjeux, les dépenses de santé doivent être maîtrisées et la profession infirmière constitue l’une des clés de voute d’une nouvelle répartition interprofessionnelle plus rationnelle et plus économique. Le tout médical est un luxe que notre société ne peut plus s’offrir y compris en médecine d’urgence. La réponse paramédicale est 5 à 10 fois plus économique qu’un SMUR. Pour indication, le coût d’1 heure de SMUR peut aller jusqu’à 2400 euros contre 300 euros pour une VLI (source France Info). Tous les autres pays développés l’ont compris avant nous.

 Quel est l’avenir des secours paramédicaux et médicaux en France ?

« Les soins sont médicaux et doivent le rester ! »2. Avec une telle affirmation, nous pouvons avoir peur de l’avenir des soins infirmiers pour le futur. Il nous paraissait logique de réaliser les prise en charge telles qu’elles se font aujourd’hui avec un maillage secouriste (et ambulanciers privés), une réponse adaptée avec la présence d’un ISP en fonction des besoins et éventuellement la médicalisation par un SMUR ou un médecin de sapeurs-pompiers.

Il est peut être le moment de passer à un autre système. De notre côté, nous réfléchissons à un système qui permettra d’assurer une meilleur prise en charge des victimes, dans les meilleurs délais et à un coût raisonnable. La solution n’est clairement pas un médecin auprès de chaque victime. Nous n’avons pas les moyens d’une telle proposition et est-ce utile ? Nous le pensons pas.

"On mélange deux choses différentes, le secourisme et la médecine d'urgence"3. En effet, les SDIS ont su proposer cette réponse adaptée composée de l’équipe secouriste, l’ISP et les vecteurs médicalisés le cas échéant. C’est un système peu coûteux, composé de personnels compétents, formés, recyclés, et riche d’un maillage géographique proche de la population.

Chers lecteurs, ne vous laissez pas duper par cette association qui donne une vision néfaste de l'activité des ISP pour en tirer bénéfice afin de développer une organisation similaire, où le dogme médical règnera en maitre et où les infirmiers seront cantonnés à n'être que des simples exécutants écervelés.

1 Le petit Journal du Tarn et Garonne – Propos du Dr Giroud - Novembre 2013 (http://www.lepetitjournal.net/Tarn-et-Garonne/011016-82381-Une-journee-de-debat-avec-Samu-Urgences-de-France.html_1)

2 Le petit Journal du Tarn et Garonne - Novembre 2013 (http://www.lepetitjournal.net/Tarn-et-Garonne/011016-82381-Une-journee-de-debat-avec-Samu-Urgences-de-France.html_1)

3 Le petit Journal du Tarn et Garonne – Propos du Pr Pierre-Yves Gueugniaud Novembre 2013 (http://www.lepetitjournal.net/Tarn-et-Garonne/011016-82381-Une-journee-de-debat-avec-Samu-Urgences-de-France.html_1)

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Réactions

12 réponses pour “Les Infirmiers Sapeurs-Pompiers accusés de tous les maux …”

  1. jbxpo dit :

    Marc Giroud, n’est plus dans la lumière. Il essaye un petit come-back dans un journal local. Des schéma révolus, en retraite, ne devrait plus retenir l’intention. C’est trop d’honneur de tenir compte de ses propos déshonorant sa profession, et ces ancien(ne)s collègues, notamment infirmièr(e)s avec qui il a du faire beaucoup de sortie. Il devait surement être bien content d’être aux côtés d’infirmiers compétents, quand jeune spécialiste et qu’il ne devait pas être serein tous les jours… Les temps changent et heureusement les systèmes vont s’ouvrir, j’en suis sûr. On en reparle dans 10 ans.

  2. Donc que les medecins exercent. Ce sera déjà pas mal. Plutôt que medire.

  3. Et pas à faire de corporatisme, de médisance, de course à la prime. Ça les degrade et les empêche de Soigner. Beaucoup de décès, de soins inadaptés ne sont pas dénoncés car les patients ne comprennent rien. La medecine se plante en France.

  4. Oui, je m adresse aux medecins, je souhaite qu ils utilisent leur energie à exercer.

  5. veroscala dit :

    encore un qui se prend pour Dieu tout puissant ! je voudrai bien le voir tout seul dans son ambulance blanche sans ses collègues infirmiers(es) !!!
    On est pas là pour se tirer dans les pattes mais plutôt pour travailler ensemble. Chacun a sa place dans une inter. On a tous besoin des uns et des autres car n’oublions pas qu’il y a un patient au milieu!!!

  6. Kalin Ox dit :

    Tu veux Des soignants qui soignent…soignants tu veux dire medecins?sarah..

  7. leilou dit :

    aaah ces médecins qui la plupart du temps se reposent bien sur nous, s’agissant de la prise en charge en amont d’une urgence vitale immédiate ou à venir…bref, heureusement qu’on peut travailler en vértable collaboration avec certains…

    Dernièrement une EIDE me révèle que lorsque son médecin a appris qu’elle allait rentrer à l’IFSI il lui a dit “vous allez faire partie du Petit Personnel ” eh bien quelle conception vous avez là de notre métier, cela me met bien en colère… ce sont les premiers à ouvrir les parapluie quand il faut assumer une erreur de prise en charge….Monsieur, si votre pratique reflète votre état d’esprit alors cela fait bien longtemps que vous ne devez plus pratiquer…

  8. fabemi dit :

    Ces médecins devraient regarder ce que ce passe dans les pays voisin, en belgique, nous avons des Paramédic Intermiate Team composé d’in infirmier urgentiste et d’un ou deux ambulancier qui remplace le smur sur certaines interventions et le retour est plus que possitif.

  9. Sand Rinette dit :

    main dans la main bordel !!!! arrêtez de vous tirer dans les pattes …

  10. sylv1mosser dit :

    Merci de faire dignement le point sur notre situation, et d’expliquer que nous sommes malheureusement la cible récurrente de ces quelques (car ils ne sont pas tous comme ca) médecins… incapables de travailler sans les petites mains qui les servent (de l’ambulancier, à l’infirmier, en passant par l’aide soignante et tours leurs collaborateurs)… FIER d’être ISPV et de SERVIR la population, sur protocole, par un geste de secourisme, ou sur prescription médicale…mais toujours avec force plaisir !

  11. Honte à ce fameux docteur président du Samu!!!

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