Portrait : Sébastien Colson, président de l’ANPDE

| | mots clefs : , 4 réactions

Sébastien Colson est infirmier puériculteur de formation. Président de l’ANPDE (Association Nationale des Diplômées et des Etudiantes), il poursuit aussi une thèse entre Paris et Montréal pour devenir docteur en sciences infirmières.

Portrait : Sébastien Colson, président de l’ANPDE association nationale des infirmières puéricultrices

Sébastien Colson, président de l'ANPDE - © M.Surbled

C’est le genre de garçon à propos duquel on hésite une bonne demi-heure avant de savoir quel angle aborder pour parler de lui. Premier représentant masculin à la présidence de l’ANPDE qui se bat au quotidien pour la cause et la reconnaissance des infirmières puéricultrices ?

Premier doctorant en sciences infirmières et en santé publique qui gravite entre Paris, Marseille et Montréal ? Premier futur docteur de formation infirmière stricte, dont le cursus aura été validé en France ?

On finit devant son papier et sa préparation d’interview, à se dire qu’une page ne suffira certainement pas. Sans avoir tranché vraiment. Même si certes, le côté novateur du personnage dénote.  Alors, on rencontre le garçon, sollicité depuis plusieurs mois, mais qui emploi du temps oblige, n’a pas pu se libérer avant.

« Je n’ai pas le droit à l’erreur » explique Sébastien. « Je poursuis un cursus qui n’a pas été facile à mettre en place et je porte un peu la responsabilité du devenir des sciences infirmières en France » dit-il en souriant. À 32 ans, le jeune homme passe son temps entre les universités d’Aix-Marseille et de Montréal. « Certaines infirmières sont déjà parties se former au Canada. Mais lorsqu’elles sont revenues en France, elles ont eu un problème de reconnaissance de leur diplôme car les sciences infirmières n’existent pas ici. Mon doctorat devrait être le premier à  être validé, car nous avons mis en place une co-tutelle avec le soutien des 2 universités et nous avons obtenu des dérogations spécifiques. Cela implique de multiples déplacements. Quand je suis en France, je dépends d’une école doctorale des sciences de la vie et de la santé et je travaille sur des projets d’éducation thérapeutique.  Je dois aussi suivre des enseignements en visioconférence avec Montréal pour les sciences infirmières. Les moyens mis en œuvre sont assez impressionnants ».

Le sujet de thèse de Sébastien tourne autour de l’éducation thérapeutique en pédiatrie. Normal au vu du cursus de l’infirmier. Bien que par monts et par vaux, Sébastien s’investit à fond dans son rôle de président de l’ANPDE. « Il faut savoir que je n’ai pas le droit de travailler en dehors de mon contrat doctoral. Or, la pratique me manque énormément. L’association me permet non seulement de défendre les puéricultrices et la santé de l’enfant, mais aussi de garder un lien avec l’exercice et le terrain ». Et d’ajouter qu’une fois docteur, il espérerait pouvoir faire changer les mentalités. « Les médecins sont bien hospitalo-universitaires. Pourquoi les infirmiers ne pourraient-ils pas aussi avoir une part d’activité sur le terrain et une part d’activité en recherche ? ».

 Défendre les infirmières puéricultrices et les enfants

En qualité de président de l’ANPDE, Sébastien souhaiterait qu’enfin, la formation des infirmières puéricultrices soit élevée à un grade Master. « C’est notre objectif prioritaire depuis plusieurs années. On travaille aussi à la refonte du référentiel de la formation avec le CEEPAME* et la DGOS**. Malheureusement, tant que nous n’obtenons pas de réponse quant à la masterisation, nous ne pouvons pas le finaliser. La formation en école de puériculture telle qu’elle existe dans les textes est actuellement obsolète et trop dense. Elle date de 1983. Il faut absolument aérer ce programme sur 4 semestres au lieu de 2 ».  De réunions au ministère en actions d’information aux professionnels, Sébastien et son équipe se battent pour faire évoluer cette formation et ce statut.

Ils défendent aussi l’intérêt de l’enfant et de sa famille. Toujours de façon bénévole. « Tout est lié. S’occuper des infirmières puéricultrices, c’est défendre l’enfant. L’important est de répondre aux besoins de l’enfant et des parents et donc d’optimiser l’offre de soins. En revendiquant par exemple une nomenclature spécifique pour les actes professionnels de l’infirmière puéricultrice en exercice libéral ou encore en clarifiant les compétences des professionnels de santé en fonction des âges de l'enfant, de son développement, de son contexte environnemental ».

À la tête de l’association jusqu’en 2013, Sébastien Colson brigue d’ores et déjà un deuxième mandat pour poursuivre le suivi des multiples dossiers en cours. Dans l’avenir, il continuera aussi ses différentes activités professionnelles, associatives et personnelles. « Malgré quelques sacrifices, il faut comprendre que l’on peut mener les trois à la fois  » conclut-il. Tout est question d’équilibre.

Malika Surbled  

Comité d’Entente des Ecoles Préparant Aux Métiers de l’Enfance

** Direction Générale de l’Offre de Soins  

Sébastien Colson en 7 dates

2003 : obtient son D.E puis travaille 3 ans dans un service d’oncologie pédiatrique à Nancy,

2006 : s’installe à Paris et travaille en hématologie pédiatrique,

2008 : Diplôme de puéricultrice. Intègre l’ANPDE,

2009 : travaille en H.A.D pédiatrique et commence un master à l’EHESP (Rennes),

2010 : devient président de l’ANPDE,

2011 : master 2 Sciences Cliniques infirmières (Marseille) + chargé de formation dans un IFSI-IFAS-IFAP,

2011 : doctorant en santé publique et en sciences infirmières.

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

4 réponses pour “Portrait : Sébastien Colson, président de l’ANPDE”

  1. Aleks dit :

    Bravo pour son parcours de doctorant en sciences infirmières !

  2. Aleks dit :

    Colson ? Comme les stéthos ? 🙂

  3. C.O dit :

    Tout vient à point à qui s’en donne les moyens….
    Soutien et amitiés

  4. Anonyme dit :

    Un beau portrait d’un de nos auteurs !

Il faut être connecté pour écrire un commentaire Se connecter

retour haut de page
200 rq / 1,558 sec