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Prise du médicament par le patient… en présence de l’IDE / E.IDE ?

9 réponses

Bonjour à tous.

Je suis confronté à un souci avec un patient lors de l'administration de ses traitements per os.
Lui, voudrait que je lui dépose simplement les médicaments sur l'adaptable et que je continue mon tour.
Mais, d'après ce qu'on m'a enseigné en cours et en stage, l'IDE (comme l'E.IDE) est censé s'assurer de la prise effective du traitement... Je lui ai donc expliqué le pourquoi du comment. Pour cette fois, ça a été.

Mais le surlendemain, une IDE, jeune diplômée de moins d'un an s'est retrouvée confrontée au même problème.
Le patient s'est alors énervé contre elle, en disant avec véhémence qu'il était juriste, qu'il connaissait ses droits et qu'il n'y a aucune raison à ce qu'on reste à l'observer avaler les médicaments. Il a aussi dit qu'il n'y avait qu'avec les étudiants et les jeunes diplômé(e)s que ça pose problème... les IDE plus "anciens" dans le métier posant juste les médocs sur la table. (Et pour l'anecdote, il a indiqué qu'il allait nous "foutre la merde" dans le service, qu'il allait prévenir la hiérarchie et jusqu'aux médias...).

Alors, comment s'assurer de la prise du traitement si l'on ne voit pas de ses yeux le patient en train de l'avaler ?
L'IDE jeune diplômée et moi avons nous rêvé cette règle ?

J'ai fait quelques recherches de textes réglementaires, et j'ai retrouvé l'article R4311-5 du CSP qui indique :
"Dans le cadre de son rôle propre, l'infirmier ou l'infirmière accomplit les actes ou dispense les soins suivants visant à identifier les risques et à assurer le confort et la sécurité de la personne et de son environnement et comprenant son information et celle de son entourage :
[...]
4° Aide à la prise des médicaments présentés sous forme non injectable.
5° VÉRIFICATION DE LEUR PRISE.
6° Surveillance de leurs effets et éducation du patient.
[...]"

S'il faut "vérifier leur prise", c'est bien qu'il faut voir le patient les avaler ; parce que voir a posteriori des emballages vides sur le bord de l'adaptable ou du plateau repas, je ne vois pas ça comme une preuve de prise du traitement (comprimé perdu dans les draps ? gélules stockées dans la table de nuit ? ...)

Suis-je dans mon bon droit en tenant à ce que le patient prenne les médicaments en ma présence et en ne les laissant pas sur la table s'il ne veut pas les prendre à ce moment-là ? (en sachant d'autant plus qu'il s'agissait ici de Lyrica et de Rivotril, et qu'il nous avait remis entretemps tout un stock de Norset non avalés mais planqués dans son tiroir...).

Cher(e)s futur(e)s collègues, merci de m'éclairer de vos lumières !

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Réponse n°1

Réponse postée par : laureen@gmx.fr

Plus 11 Moins 0

Bonjour,
je pense qu'il faut garder en tête que l'on ne peut pas imposer la prise d'un traitement à un patient, à moins qu'il ne soit sous un régime particulier (hospitalisation sous contrainte, obligation de soins, ...). Dans ce cas, l'observance du traitement fait partie du contrat thérapeutique.
Se pose malgré tout la question du danger que représente le patient pour les autres ou plutôt dans ton cas le danger qu'il représente pour lui-même. Est-ce un patient suicidaire? Est-ce quelqu'un succeptible d'échanger des médicaments contre de l'argent ou des cigarettes avec d'autres patients? Quels sont ces antécédents psychiatriques? De quelles pathologies souffre-t-il?
A ta place, je pense que je soulèverais la question en équipe de la necéssité d'un suivi psychologique de ton patient, surtout dans le cas d'un traitement par antidépresseurs. Est-il déjà suivi par un psychiatre?( vu le traitement que tu décris il faut espérer que oui!).
Dans tout les cas, il faut absolument te couvrir. C'est malheureux à dire, mais s'il y a danger pour le patient, il y a également danger pour toi en tant que soignant en terme de responsabilité. Il faut toujours que tu suives les directives de l'infirmier qui te forme en attendant d'avoir le diplôme qui te rend responsable de tes initiaves...
La discussion en équipe est essentielle afin d'assurer une cohérence dans les soins. Si ton patient sent que l'équipe est divisée il sera d'autant plus facile pour lui d'en jouer. Si aucun accord n'est trouvé, c'est au médecin de trancher.
Bon courage!

Réponse n°2

Réponse postée par : laureen@gmx.fr

Plus 8 Moins 0

Hé oui, malheureusement toute une équipe infirmiers/infirmières ne peut rien contre un seul médecin...
Face aux genres de patients que vous décrivez, il semble que le sang-froid soit la seule arme valide.
Bonne continuation.

Réponse n°3

Réponse postée par : laureen@gmx.fr

Plus 5 Moins 0

Bonjour,
je pense qu'il faut garder en tête que l'on ne peut pas imposer la prise d'un traitement à un patient, à moins qu'il ne soit sous un régime particulier (hospitalisation sous contrainte, obligation de soins, ...). Dans ce cas, l'observance du traitement fait partie du contrat thérapeutique.
Se pose malgré tout la question du danger que représente le patient pour les autres ou plutôt dans ton cas le danger qu'il représente pour lui-même. Est-ce un patient suicidaire? Est-ce quelqu'un succeptible d'échanger des médicaments contre de l'argent ou des cigarettes avec d'autres patients? Quels sont ces antécédents psychiatriques? De quelles pathologies souffre-t-il?
A ta place, je pense que je soulèverais la question en équipe de la nécessité d'un suivi psychologique de ton patient, surtout dans le cas d'un traitement par antidépresseurs. Est-il déjà suivi par un psychiatre?(vu le traitement que tu décris il faut espérer que oui!).
Dans tout les cas, il faut absolument te couvrir. C'est malheureux à dire, mais s'il y a danger pour le patient, il y a également danger pour toi en tant que soignant en terme de responsabilité. Il faut toujours que tu suives les directives de l'infirmier qui te forme en attendant d'avoir le diplôme qui te rend responsable de tes initiatives...
La discussion en équipe est essentielle afin d'assurer une cohérence dans les soins. Si ton patient sent que l'équipe est divisée il sera d'autant plus facile pour lui d'en jouer. Si aucun accord n'est trouvé, c'est au médecin de trancher.
Bon courage!

Réponse n°4

Réponse postée par : Geoffroy

Plus 0 Moins 0

Je vous remercie pour votre réponse.

Si je surveillais vraiment la prise effective des médocs c'est, comme je l'ai indiqué, parce qu'il a déjà fait le coup de planquer tout un stock d'antidépresseurs dans son tiroir de table de nuit. C'est une personne qui, du jour au lendemain, va soit vouloir qu'on le laisse les prendre seul, soit sonner pour qu'on vienne le voir les prendre, en allant jusqu'à ouvrir la bouche pour nous montrer que c'est bien avalé (alors que bien sûr personne ne lui demande de faire ça).
Sachant ça, ça me laissait perplexe sur l'attitude à adopter. L'avis de l'équipe qui m'encadre, c'est qu'il ne faut pas lui laisser les médicaments seul, parce que c'est une personnalité instable, déjà renvoyé d'une précédente hospi sur mesure disciplinaire, et qu'il serait tout aussi capable de porter l'affaire auprès de la direction des soins parce qu'on attend qu'il avale les médicaments, ou à l'inverse, parce que l'on a pas été assez vigilent et qu'il a réussi à se faire un stock de médicaments sans que personne ne s'en rende compte, ce stock servant alors de "preuve" de notre "non-vigilence".

Réponse n°5

Réponse postée par : Geoffroy

Plus 0 Moins 0

Suite et fin de ce cas...

Toute l'équipe soignante était d'accord sur le fait de ne pas lui laisser les médicaments sur le plateau ou l'adaptable, mais bien qu'il les prenne en présence de l'IDE/EIDE. Une note a été rédigée par la cadre à l'attention de tous les patients (mais bien sûr plus spécifiquement de celui-ci) indiquant les horaires des tours de médicaments et que ces derniers doivent impérativement être pris en présence du soignant.

Nous avions donc trouvé un consensus avec l'ensemble de l'équipe soignante.

Le patient était agressif ce matin avec une autre IDE, toujours à propos de l'administration du traitement. La cadre a pu assister à la scène. Elle s'est très très très longuement entretenue avec lui. Ensuite, le médecin du service s'est également entretenu longuement avec lui.
Et pour clôturer le tout, et bien le médecin a tranché en faveur du patient (!) faisant ainsi passer l'ensemble de l'équipe ainsi que la cadre pour une bande d'idiots... Le patient a eu le dessus une fois, il l'aura maintenant toujours, et ça s'en fait déjà ressentir puisque les menaces à l'encontre du personnel se multiplient. À chaque garde, matin, après-midi ou nuit, il choisit une nouvelle tête de turc.

Un patient qui malheureusement pour lui se rapproche chaque jour un peu plus d'une nouvelle sortie disciplinaire, car tous les membres de l'équipe se font agresser verbalement, accompagné de menaces au bon fonctionnement du service... C'est triste d'en arriver là.

----------

Et sinon, quelques petites précisions : service de rééducation neuro ; patient paraplégique, douleurs neuropathiques, chirurgie d'escarres, dépressif avec suivi psychologue (avec laquelle il déverse abondamment de son fiel sur l'équipe soignante, soit dit en passant) plus le traitement qui va avec.
C'est le genre de patient qui peut, par exemple, utiliser la sonnette juste pour voir le temps que l'on va mettre à lui répondre et à venir le voir ; le genre de patient qui va faire le reproche de venir à 2 soignants dans la chambre, alors que pour nous c'est une sécurité et le moyen d'avoir un témoin pour ce qui est dit ou fait (décision collégiale) ; le genre de patient qui va faire exprès d'utiliser sa cigarette électronique quand quelqu'un qui ne le connait pas passe furtivement dans sa chambre (des agents hospitaliers notamment) pour les provoquer et faisant croire qu'il s'agit d'une vraie cigarette...
Tout ça est assez risible au final, mais ça vous permet maintenant de mieux vous représenter le personnage, avec des attitudes qu'on a tous, diplômés et étudiants, forcément déjà rencontré à l'hôpital.

Réponse n°6

Réponse postée par : yann frat

Plus 1 Moins 3

Et bien la réponse est : tout dépend de ton patient... Pour une simple grippe je ne vois pas pourquoi il faudrait fliquer ton patient, ce serait parfaitement ridicule...
Ensuite si des problèmes de prises sont avérés :
- C'est une question d'équipe et pas une réponse personnelle, encore moins si vous n’êtes pas d'accord entre vous...
-A voir alors pour changer la forme galenique (mettre des injectables)
-Et puis aussi réfléchir a d’où il vient et ou il va. Si il doit rentrer seul chez lui, je ne vois pas trop l’intérêt de le fliquer pendant l'hospit... pour le laisser seul après. Si ce n'est la volonté délibérée de le braquer et / ou de faire voir effectivement votre pouvoir de nuisance sur lui...

Bref pas de réponse toute faite mais une solution a trouver en équipe et en COORDINATION avec , au passage, l'implication du patient.

Sinon ta position actuelle est la pire et se réduit à une opposition frontale entre patient et ide, elle n'a donc aucun intérêt. Si pour être sur que le patient a bien pris les medoc pendant ta garde tu dois le braquer définitivement contre l'équipe, je suis pas sur que ce soit des soins ide de haute volée...

D'autre part, "surveiller la prise" c'est aussi dire que "tu ne peux pas être sure de la prise puisque la patient refuse de les prendre devant toi", que tu as un doute et le transmettre à l'équipe. donc "surveiller la prise" ce n'est pas faire une prise de force, rien à voir.

Espérant t'avoir aidé

YF

Réponse n°7

Réponse postée par : yann frat

Plus 0 Moins 3

Et bien je crois que vous avez deux pistes de réflexions dans ce cas:

1- La forme galenique du traitement. Pourquoi s’entêter a donner des médicaments à quelqu'un qui se met en danger avec? Et puis penser aussi à l’après... Comment fera-t-il dehors?

2- Se faire couvrir par une prescription médicale qui dit bien que le patient doit prendre les médicaments devant vous, sorte de contrat avec le patient avec sanctions à la clef (exclusion evidemment)

3- Travailler en équipe avec votre cadre pour que tout le monde fasse exactement la même chose et suive la dite prescription. toute faille sera exploitée... Elle doivent donc être évitées.

Et euh, bon courage, aussi. une seule chose chaque initiative perso est vouée par avance à l’échec dans ce cas. Si personne ne veut se mouiller pour vous couvrir, ne prenez pas de risque et referez vous au cadre.

Réponse n°8

Réponse postée par : tirveillot

Plus 0 Moins 3

bonjour,

je suis EIDE en première année, donc je vous dit tout de suite que je ne prétend pas tout savoir, loin de là !! mais j' ai déjà pu remarqué que les patients acceptent bien leur traitement, et les actes de soins en general, lorsqu' on les y ammène "gentilment", voire en détournant leur attention .
Effectivement rester à coté du patient en le lorgnant dénote déjà le manque de confiance que vous avez en lui (je sais que c' est justifié, mais il ne devrait pas se rendre compte de votre méfiance), et donc on part sur une situation conflictuelle d' emblée, le patient sort ses défenses, et on n'obtient rien... le patient focalise sur la situation de prise de medicament, tout comme vous d' ailleurs :-) C' est un patient en détresse psychologique, qui a besoin qu'on lui porte de l' intéret peut-etre, mais pas de la méfiance et encore moins du "flicage". il evacue sa douleur et son mal-etre sur les autres, et s' il refuse le traitement , c' est peut-etre parcequ'il n' en ressent pas l' efficacité ? apparemment il n' est pas psychotique ?bref je suis tout a fait d' accord avec yann dont je viens de lire la reponse :-)

Réponse n°9

Réponse postée par : tirveillot

Plus 0 Moins 3

bonjour,

je suis EIDE en première année, donc je vous dit tout de suite que je ne prétend pas tout savoir, loin de là !! mais j\' ai déjà pu remarqué que les patients acceptent bien leur traitement, et les actes de soins en general, lorsqu\' on les y ammène \"gentilment\", voire en détournant leur attention .
Effectivement rester à coté du patient en le lorgnant dénote déjà le manque de confiance que vous avez en lui (je sais que c\' est justifié, mais il ne devrait pas se rendre compte de votre méfiance), et donc on part sur une situation conflictuelle d\' emblée, le patient sort ses défenses, et on n\'obtient rien... le patient focalise sur la situation de prise de medicament, tout comme vous d\' ailleurs :-) C\' est un patient en détresse psychologique, qui a besoin qu\'on lui porte de l\' intéret peut-etre, mais pas de la méfiance et encore moins du \"flicage\". il evacue sa douleur et son mal-etre sur les autres, et s\' il refuse le traitement , c\' est peut-etre parcequ\'il n\' en ressent pas l\' efficacité ? apparemment il n\' est pas psychotique ?bref je suis tout a fait d\' accord avec yann dont je viens de lire la reponse :-)

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