La santé mentale et physique des étudiants en sciences infirmières dégradée

La dernière enquête de la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnesi) met en évidence une augmentation significative du mal-être physique et mental des ESI. 

La santé mentale et physique des étudiants en sciences infirmières dégradéeCrise sanitaire, stages éprouvants, travail personnel intense, stress... Les raisons du mal-être étudiant sont nombreuses et s'accroissent avec le temps. 

"Je prends un anxiolitique quand j'en ressens le besoin. À une période, c'était tous les jours, j'avais des idées noires. Je n'en prenais pas avant ma formation et mon déménagement. Les deux liés ont été déclencheurs", témmoigne un ESI cité dans l'enquête de la Fnesi. 

Que ce soit les données sur les crises d'angoisse, les consultations chez les professionnels de santé, les diagnostics de dépression, les idées suicidaires, côté santé mentale, ce n'est pas la joie. La Fnesi relève une "nette aggravation avec une augmentation d'au minimum 10%" par rapport à son enquête antérieure datée de 2017. 

Les chiffres sont d'ailleurs édifiants. Selon la Fnesi, 16,4% des étudiants répondants (soit 1 étudiant sur 6 ) a déjà pensé au suicide pendant ses études. 

Au niveau de la prise en charge de la santé mentale, 23,3% ont déjà consulté un professionnel depuis le début de leur formation (contre 13,8% en 2017).

La consommation de médicaments (anxiolitiques, antidépresseurs, hypnotiques) a elle aussi augmenté : 34% des ESI déclarent avoir déjà consommé ce type de traitement, dont 50% "à cause du retentissement de la formation". 


Santé physique dégradée

Côté santé physique, ce n'est pas mieux. "Les études de santé et les métiers de la santé sont des professions très physiques. Les gestes ergonomiques sont indispensables afin de préserver notre condition physique. Pourtant 80,9% des ESI ont des douleurs musculo-squelettiques et 42,1% les ressentent souvent ou tout le temps", indique la Fnesi. 

La fréquence de ces douleurs ressenties entraîne aussi une consommation de thérapeutiques. Ainsi, 30,8% des ESI répondants consomment des antalgiques de palier 1, 13,1% prennent des  anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et 6,7% prennent des antalgiques de palier 2. 

Des addictions naissent

"Avec des constatations plus qu'alarmantes sur la santé physique et mentale dégradées de jour en jour, des comportements à risque et/ou addictifs se créent", indique la Fnesi. 

C'est ainsi qu'un étudiant sur quatre est fumeur dont un ESI sur six qui a commencé pendant la formation. Sur l'ensemble des fumeurs, 56% ont augmenté leur consommation depuis le début de la formation. 

"Même si le facteur social n'est pas à négliger dans cette composante, le stress est néanmoins la raison qui ressort le plus, notamment lors des périodes de stage", explique la Fnesi. 

D'autres chiffres révélateurs sont mentionnés : 37,5% des ESI, soit plus d'un étudiant sur 3 boit de l'alcool au minimum une fois par semaine; un ESI sur huit a déjà pris des substances telles que le cannabis, la cocaïne, du LSD ou de l'ecstasy depuis le début de sa formation. 

Aller mieux ? 

Pour faire face à la dégradation de la santé des étudiants, la Fnesi formule des demandes. Selon la fédération, il faudrait, sur le champ physique,  procéder à une refonte du référentiel de formation en soins infirmiers avec une réingénierie du temps de travail et des enseignements; investir dans les services de santé universitaire; développer des conventionnements avec le SUAPS, services des sports et les professionnels de santé pour les instituts délocalisés. 



Concernant le champ de la santé mentale, il faudrait, demande la Fnesi, donner la possibilité aux ESI de profiter des consultations avec un psychologue de manière gratuite, investir massivement sur la santé mentale, sensibiliser et informer sur la santé mentale (exemple : dispositif Premier secours en santé mentale, PSSM). 

Enfin, détaille la fédération, il faudrait sensibiliser et accompagner des comportements addictifs dans les SSU et mener une campagne de sensibilisation de santé publique (Dry January, Mois sans tabac...). 

Rédaction ActuSoins

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