Sida : des recherches sur un vaccin suspendues par le CNRS

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Un protocole mené à l'hôpital de la Conception à Marseille  a permis de faire disparaître les cellules infectées du corps de volontaires qui étaient porteurs du VIH. Mais lundi, le CNRS se serait retiré du projet. 

Les essais ont consisté à administrer à 48 patients qui ne recevaient plus leur trithérapie, trois injections du vaccin. Divisés en quatre, trois groupes de 12 patients ont reçu des doses différentes, tandis qu'un dernier groupe était placé sous placebo.  Dès les premiers mois, plusieurs patients traités ont montré une baisse de la charge virale et celle-ci semble avoir perduré dans le temps. 

"Le résultat le plus remarquable est que les cellules infectées par le VIH ne sont plus détectables chez une dizaine de patients. Et ce depuis deux ans, ce qui est tout à fait exceptionnel" a expliqué au quotidien La Provence, le professeur Erwann Loret, chercheur au CNRS. 

Pour autant, il est tout à fait "prématuré de parler de guérison" a-t-il insisté par la suite sur France Info. "Il faut attendre la rétro seroconversion" soit encore "six mois, un an". 

Une annonce trop rapide? 

Déjà en mars 2016, à la première publication de l'étude dans la revue Retrovirology, l'annonce avait été critiquée, jugée "sans fondement réel" par l'ANRS (Agence nationale de recherche sur le Sida). Hier, moins de 10 jours après sa présentation au 15e sommet «Vaccines and Immunizations» de Berlin , c'est le CNRS qui l'a remise en question et qui s'est retiré des recherches.  "Le CNRS a signifié au Dr Erwann Loret, qui menait nos études, qu’il devait arrêter ses recherches et stopper toutes communications à leur sujet", a expliqué au quotidien 20 minutes Corinne Treger, présidente de la start-up Biosantech qui travaille avec le Dr Loret sur le vaccin-candidat. 

La biotech ne comprend pas le bien-fondé de cette décision.

"On n’a jamais été si proche du but, seulement voilà, ces recherches sont aujourd’hui coupées par la décision du CNRS. Et nous ne pouvons pas passer en phase II/b de notre essai clinique qui nous aurait permis d’étudier le cas de ces patients en état de rétro séroconversion avec l’arrêt complet de la trithérapie, pour observer une éventuelle étape de guérison fonctionnelle. A savoir, l’indétectabilité des cellules et particules virales pendant trois mois après l’arrêt des trithérapies » a t-elle poursuivi. 

La présidente de la société pharmaceutique a fait part de sa déception et a écrit une lettre à la ministre des affaires sociales et de  la Santé, Marisol Touraine.

Rédaction ActuSoins

 

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