IBODE Infirmières de bloc opératoire : vers une exclusivité d’actes

Fin mai se tenait le Congrès annuel des Ibode, à Deuaville, placé sous le signe … de l’impatience. Les demandes effectuées auprès du Ministère des affaires sociales et de la santé devraient être bientôt aboutir, et Brigitte Ludwig, la présidente de l'Unaibode depuis l'année dernière en est sûre, “2013 sera l'année des Ibode”.

Ibode Infirmières de bloc opératoire : vers une exclusivité d'actesIl pleut sur Deauville pour les 30e Journées Nationales d'Etude et de Perfectionnement de l'Unaibode. Pourtant, la bonne humeur est là : le moment est fermement attendu chaque année, confirme Thierry Laurent, vice-président de l’Union.

« Les autres salons infirmiers sont généralistes, ici c'est le seul congrès purement Ibode, qui permette de se mettre au parfum des évolutions du métier ». C'est donc là que la profession trouve des réponses. Ou en tout cas, essaie d’en trouver. Brigitte Louvel, ancienne vice-présidente reconnaît en coulisse que les choses avancent, mais doucement. « Nous avons contacté le Ministère, et nous devrions bientôt en savoir plus sur nos revendications. »

Entre deux conférences, dans la salle des fêtes du congrès, organisée pour accueillir 1200 participants, la présidente Brigitte Ludwig explique les priorités de cette année. ”J'espère que les actes exclusifs seront reconnus avant la fin de mon mandat (en 2015, ndlr)”, même si elle reconnaît qu'elle aurait aimé avoir un décret pour le Congrès annuel... “Enfin les calendriers ne sont pas toujours faciles”, consent-elle.

Néanmoins, “la question la plus avancée est celle des actes exclusifs. Nous avons beaucoup travaillé à définir ce que pourraient être ces actes. Nous aimerions inclure dans nos missions la mise en place des drains, la réalisation des sutures et en pré-op, l'installation du patient, sur prescription chirurgicale”, insiste-t-elle bien.

Des compétences spécifiques qui nécessitent d'être reconnues comme telles, tant sur le plan formel de la formation de 18 mois nécessaires à devenir Ibode, que sur une revalorisation salariale, évoquée en filigrane. “Avoir 30 ou 40 euros de plus sur les grilles, ce n'est pas très motivant”, reconnaît-elle. Bien sûr, il ne s'agit pas d'entrer en compétition avec les infirmières DE officiant en qualité d'Ibode, mais de marquer une distinction pour améliorer la qualité des soins. Dans ce sens, une VAE Ibode pour les infirmières travaillant en bloc depuis trois ans permettrait une reconnaissance officielles de leurs compétences spécifiques.

Les récentes plaintes de l'Ordre National des Infirmiers contre des aide-soignants qui travaillaient comme infirmiers dans les blocs ou la médiatisation des risques encourus dans les blocs concourent dans le sens d'une clarté législative à définir rapidement.

Pour justifier de la nécessité des actes exclusifs pour les ibode, Brigitte Ludwig se base aussi sur le quotidien des cliniques privées. “En clinique privée, l'Ibode est immédiatement face au chirurgien, elle aide à faire un noeud, à refermer, car pour les sutures automatiques, il faut trois mains au chirurgien.” Ces derniers soutiennent d'ailleurs le projet, sous couvert de la conservation de la prescription, comptant sur ces “expertes de la logistique des blocs”, dans une vraie complémentarité des compétences.

“Bien sûr, nous aimerions augmenter la proportion d'Ibode dans les bloc opératoires. Aujourd'hui, nous sommes environ 40% (soit un peu plus de 6000 officiellement, ndlr) et l'exclusivité des actes augmenterait cette proportion”, explique Brigitte Ludwig.

Une profession en perte de vitesse

Autre priorité de l'Unaibode : rendre de nouveau la profession attractive! Aline Dequidt, directrice de l'Ecole d'Ibode de Lille se désole : “Je peux accueillir 50 étudiants, et actuellement je n'en ai que 18!” Une désaffection qui touche l'ensemble du territoire, avec actuellement 250 étudiants en France métropolitaine, contre presque 800 au début des années 2000. Le manque de valorisation salariale et la complexité de la formation sont deux raisons à cette perte de vitesse.

L'abandon des deux ans de travail obligatoire des infirmières DE avant de pouvoir postuler au concours d'entrée d'une école Ibode pourrait enrayer la crise de vocations, un vrai souci à terme pour la qualité des soins.
Enfin, en terme de formation, la mastérisation devient inéluctable, à l'instar de l'expérience des Iade. “La nécessité de la reconnaissance du niveau master est essentielle afin de constituer une vraie filière Ibode”, affirme Brigitte Ludwig. Intégration dans le système LMD, ouverture à la recherche, valorisation des acquis théoriques, autant de points sur lesquels devra vite trancher le Ministère, pour insuffler une énergie nouvelle à une profession en manque de reconnaissance. Le prochain congrès aura lieu du 14 au 16 mai 2014 à Dijon. Gageons que d'ici là des réponses auront été apportées.

Delphine Bauer

Les Ibode en chiffres

6600 : c'est leur nombre sur l'ensemble du territoire.
18 : c'est la durée en mois de leur formation (pour l'instant)
785 : c'est le nombre d'effectifs en école Ibode en 2001-2002.
254 : la même chose en 2012-14.
900 : c'est le nombre de participants cette année au Congrès, en hausse.

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Réactions

1 réponse pour “IBODE Infirmières de bloc opératoire : vers une exclusivité d’actes”

  1. onialapoubelle dit :

    Qu’en est – il de l’information très alarmante, reprise en boucle pendant tout un week end, à l’initiative de l’ordre infirmier et des ibode sur les “travailleurs clnadestins et sous qualifiés” dans les blocs ? C’est redescendu aussi rapidement que c’était monté ? Avec entre temps la plus grande honte pour ces abruties qui ont affolé la population pour des clopinettes, juste pour se faire plaisir.

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