Secourisme: les français toujours mauvais élèves

En France, 27% de la population est formée aux , selon une enquête réalisée par la Croix Rouge Française l'an dernier. L'académie de médecine s'est emparée du dossier.

Il est de plus en plus difficile de supporter, notamment en préhospitalier, le décès de patients victimes de morts subites devant de multiples témoins, les secours arrivant plusieurs minutes après des lésions cérébrales irrécupérables, faute d'une cardio pulmonaire précoce. Les décès par inhalation ou obstruction des voies aériennes au décours d'un coma devant témoin sont eux aussi terriblement frustrants, alors qu'une simple position latérale de sécurité, même mal réalisée, aurait pu sauver une vie.

Alors que les pouvoirs publics ont eux réalisé un réel effort dans la modernisation de la formation grand public, alors que les démarches d'initiation de se sensibilisation se multiplient, le retard de la France en matière de formation de ses citoyens est flagrant.

L'académie de médecine préconise donc ce que les associations de formation réclament depuis de nombreuses années: inscrire dans la loi l'obligation d'une formation aux premiers secours. Le principe serait, à l'instar de ce qui se pratique dans de nombreux pays de l'union européenne: rendre cette formation indispensable pour le passage du permis de conduire, ou l'entrée à l'université, le tout assorti d'un parcours d'initiation pendant tout le cursus scolaire.

Une judiciarisation de la société qui touche aussi les sauveteurs potentiels

On voit bien, lors de sessions de formation grand public l'importance qu'a pris au fil des années la dimension juridique et la peur de poursuites. L'auteur de ces lignes peut d'ailleurs en témoigner, lui qui était plus habitué il y a quelques années à dissuader les stagiaires de mettre du beurre sur des brûlures qu'à rassurer sur d'hypothétiques conséquences civiles ou pénales. Face à ce risque, l'académie de médecine propose l'adoption d'une loi dite du "bon samaritain", empêchant toute poursuite à l'encontre d'un sauveteur occasionnel.

Les soignants au dessus du lot?

Et les soignants ? Sont-ils forcément plus brillants ? L' est venu combler un manque absolument inexcusable, qui faisait que le premier maillon chaine de survie intra hospitalière n'était souvent guère plus efficace que le passant moyen. Reste à sortir du mythe qui voudrait qu'un professionnel de santé, de l'aide-soignant au médecin, se considère par essence formé et compétent, alors que ces réflexes nécessitent une constante remise à niveau.

Thomas Duvernoy

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Réactions

3 réponses pour “Secourisme: les français toujours mauvais élèves”

  1. gayoute dit :

    Il faudrait regarder quel pourcentage des professionnels de santé serait capable d’effectuer une VRAIE RCP pendant 4-5 minutes… A mon avis on atteint pas 35% .

  2. ne pas oublier qu’un cerveau sans oxygène pendant 3 minutes ça donne un légume, faut il réanimer tout le monde?

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