Quand les soignants s’engagent en politique

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Ils sont peu au gouvernement, un peu plus au Parlement et dans les collectivités, les soignants qui nous gouvernent se sont lancés en politique par conviction et ont réussi à s’imposer.

Aujourd’hui membres du Parlement, ces anciennes infirmières et aides-soignantes ont commencé leur engagement en politique bien avant d’être élues pour ce mandat législatif.

Passé de syndicalistes, d’élues municipales, départementales, ou régionales, toutes ont fait leurs armes au niveau local avant de s’engager tout naturellement sur la scène nationale. « Quand je travaillais comme infirmière à l’hôpital il y a 20 ans, j’étais engagée syndicalement », raconte Anny Poursinoff, députée Vert.

Un engagement auquel elle a dû mettre un terme en prenant en charge un service de soins à domicile pour les personnes âgées dépendantes. Puis, poussée par son entourage, elle s’est inscrite chez les Verts, a été élue au Conseil régional et quelques années plus tard à l’Assemblée nationale.

La politique n’était en rien l’objectif professionnel de Bérangère Poletti. Cette députée UMP a su, dès sa tendre enfance, qu’elle voulait être sage-femme (profession médicale, ndlr). « Mais j’ai également eu très jeune un intérêt pour la politique, souligne-t-elle. C’est une passion familiale, on regardait les débats politiques à la télévision et on en discutait. »

La députée s’est engagée en politique tout d’abord au niveau municipal. « J’étais dans l’incertitude d’avoir une mutation alors j’ai pensé que c’était le moment de me lancer en politique. » Tout d’abord localement, puis à la Région : « Je suis vraiment entrée en politique quand j’ai été conseillère et vice-présidente régionale car dans l’exécutif, j’ai appris à faire des choix, à modifier et impacter les politiques. » Le mandat législatif s’est ensuite peu à peu imposé à elle.

C’est la loi Veil qui a convaincue Marie-Odile Bouillé, députée socialiste et ancienne sage-femme, à s’engager en politique. « J’ai vu mourir une femme d’un avortement illégal provoqué ce qui m’a fait prendre conscience que si on ne modifie pas la loi, on ne peut pas changer la vie des gens », indique-t-elle. Le fait de côtoyer les femmes qui n’ont pas accès à la santé a été l’une de ses sources de motivation. « Ma profession est motrice de mon engagement. »

La santé comme priorité 

Le mandat législatif interdit le cumul des métiers avec la fonction publique hospitalière. « Cela me parait normal car il s’agit d’un mandat très lourd et difficile, soutient Bérangère Poletti. Déjà à la Région, il m’était difficile de tout cumuler. » Cependant, sage-femme reste son métier et elle s’y intéresse différemment notamment en faisant en sorte que ces professionnelles puissent acquérir de nouvelles compétences. « Le fait d’avoir été sage-femme et d’avoir travaillé dans l’intimité des personnes me donne une capacité d’écoute différente », ajoute-t-elle.

A l’Assemblée, les priorités d’Anny Poursinoff sont les questions d’agriculture liées à l’alimentation, à la santé et à l’environnement. « J’interviens sur les questions de santé car mes collègues écologistes n’ont pas les mêmes connaissances que moi dans ce domaine, précise-t-elle. Néanmoins, je n’ai pas nécessairement la bonne distance par rapport à ces questions en raison de mon passé d’infirmière. »

Elle évoque par exemple la question de l’euthanasie : « Dans mon groupe, mes collègues ont tendance à être pour une aide active à la fin de vie alors que je suis contre de par mon métier et mon expérience. » «  Comment suis-je passée d’infirmière à politique ? En tant qu’infirmière, je prenais soin des gens", témoigne Isabelle Vasseur, députée UMP. "Nous faisons la même chose en politique. Il faut une ouverture et une disponibilité de l’esprit. »

Point de vue sur les autres professionnels de santé

Si les paramédicaux ne sont pas très nombreux dans les rangs du Parlement, ce n’est pas le cas des médecins. « Je pense qu’ils sont trop soumis au lobby du médicament", estime Anny Poursinoff. "Ils sont les bonnes cibles des laboratoires. Ce n’est pas le cas des infirmières car elles ne sont pas assez présentes. »

Et Bérangère Poletti de poursuivre : « Parfois, les lobbies des médecins sont trop influents. Leurs compétences leur donnent une certaine légitimité alors qu’on n’a pas besoin d’être expert pour être compétent sur un sujet, il suffit de bien le travailler. »

Laure Martin

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Réactions

24 réponses pour “Quand les soignants s’engagent en politique”

  1. Brice dit :

    Les médecins ne valent pas mieux que les IDE !!!!!!!!!!!

  2. Martine dit :

    ???

  3. Brice dit :

    En politique !!!

  4. audréna dit :

    Je veux bien etre inf en politique jen aurais des choses a dire lol

  5. Solenn dit :

    Cest clair … Et pourtt on en aurait des choses a dire et redire! La france et son systeme de sante …

  6. Chantal dit :

    Il y a surtout 1 question de temps et de moyens: quelle est l’infirmière ou l’aide-soignante qui peut se payer 1 femme de ménage et 1 nounou pour assurer le quotidien pendant qu’elle assiste aux réunions,manifs et discussions de toutes sortes ? Et qui a l’énergie, après 1 nuit ou 1 journée de folie dans 1 service, de faire du porte à porte dans les HLM ou du recrutement dans les marchés? Il faut se faire « bonne soeur » laïque !!!

  7. Martine dit :

    il y a toujours eu des choses à dire, et il y en aura toujours malheureusement, le seul souci on bosse , on est dans la réalité !, ou on se lance en politique et là on est plus du tout dans la réalité !!!!

  8. Brice dit :

    Les médecins n’ont pas le monopole de tout !!!!!

  9. Martine dit :

    non bien sur !! leur force : ils sont reconnus, les soignants beaucoup moins voir pas du tout …. et pourtant sans nous que feraient ils ?

  10. Parisa dit :

    Rien n’est impossible!! Personne ne nous représente!!

  11. jean charles dit :

    Un de nos plus grand défaut à mon goût.. Notre mobilisation pour arrêtez de bouder et ressasser chacun de notre côté, mais TOUS ENSEMBLE .. Un vrai mvmt général.. Jsiis pas un révolutionnaire mais il n y aura que cette solution pour ce faire Peut être entendre.. On râle ca..!!!mais qu est ce qu on fait pour que ça aille mieux.. Alors votre diagnostic infirmier ??? Lol
    De vrai bonne sœur ..;)

  12. maieutrix dit :

    Bel article, même si je regrette l’amalgame entre sage-femme et paramédicaux…

  13. Sébastien dit :

    juste pour info, je suis infirmier anesthésiste, nous avons manifesté en 2010 en nous rendant à Paris devant le ministère de la Santé 6 fois dans l’année. en pensant que les autres infirmiers spécialisés ou non allaient nous rejoindre mais non les gens préfèrent se plaindre dasn leur coin et continuer à se laisser faire. Alors oui on a goûté au gaz lacrymo et à la matraque des CRS mais nous avons défendu notre cause. A bon entendeur, le temps des cornettes est terminé. Battons nous pour préserver notre profession avant la fin des vocations!!

  14. Corinne dit :

    absolument d’accord avec Sébastien, je suis IBODE, j’ai soutenu le mouvement des IADE tout en déplorant que ma corporation reste aussi tiède ….

  15. Bertrande dit :

    j ai 66 ans j’ ai fait toute les magnifestations à Paris mais rien de changer dans notre profession!!! diplome en 66 salaire toujours aussi bas et ne parlons pas des retraites une misére !!!

  16. jbxpo dit :

    Quel regret de constater que et article traite des sage femme comme paramédicaux (alors qu’elles sont profession médicale et qu’elle savent bien vous le rappeler) et qu’en revanche on ai si peut d’exemple de paramédicaux. C’est dommage car l’intention était excellente.

    • jbxpo dit :

      Sans les fautes :
      Quel regret de constater que cet article traite des sage-femmes comme paramédicaux (alors qu’elles sont de profession médicale, ce qu’elle savent bien vous rappeler) alors qu’en revanche, il y ait si peu d’exemples de paramédicaux.
      C’est dommage car l’intention était excellente !

  17. John dit :

    Arrêtons de pleurer sur notre sort… Pour se faire entendre deux solutions s’offrent à nous… Investir la politique comme l’ont si bien fait nombre de nos collaborateurs médecins… Avoir un ordre fort et démocratique reflétant la penser de l’ensemble des infirmiers… Nous n’avons malheureusement ni l’un ni l’autre… Il est temps que ça change… Mais cela ne se fera qu’a une seul condition arrêté de pleurer de protester… Il faut agir!!!!

  18. Christiane dit :

    Je suis une collègue infirmière en longue maladie et j’en aurais à dire ; de la profession ide,de militante,de malade et de parent de malade!!!!!!!!!………..Nous sommes plus ou prou représenté à l’assemblée ou autre mais nous nous devons de faire notre auto-critique…………Et de continuez la lutte pour de meilleurs conditions de travail,meilleurs soins donnés aux patients,nous ne devons pas avoir des œillères et de nous ouvrir des uns des autres………….Les jeunes et les vieux les soignants et les patients et leurs familles nous sommes liés!!!!!!!!!!!

  19. leilou dit :

    dans la promotion de la santé et l’éducation thérapeutique ». on le fait déjà banane !

    En outre, à part alourdir notre charge de travail rien n’est dit sur les salaires, concrètement.

    Enfin, toutes les IDE (et tous ;) ) ne sont pas rattachés à la fonction publique. Moi je suis en CDI par ex/ !!!

    Commed’hab, on est les parents pauvres des préoccupations de nos politiques….puisqu’on ne peut faire grève.

    Nous servons donc de paillasson !

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